Actualités :: REN-LAC : du phénomène de corruption

Lors de la session parlementaire du vote de la loi de finances
2004, l’un des sujets qui a fait l’unanimité est le développement
de la fraude et de la corruption. Tous les partis, d’oppositions
comme du pouvoir l’ont fustigé.

Mais, fait remarquable, aucun
parti n’a proposé une approche concrète pour l’endiguer.
Lorsque le 20 décembre 1997 le REN-LAC a été porté sur ses
fonts baptismaux, la question de la corruption n’était pas encore
rentrée dans le discours politique, même si la situation était
déjà assez dramatique. Une vingtaine d’associations (dont la
liste complète peut être consultée sur le site du REN-LAC
www.renlac.org) ont décidé d’unir leur force pour " apporter leur
contribution à la réduction de la corruption au Burkina Faso ".

Les raisons qui ont guidé les pères fondateurs du réseau
étaient simples et pertinentes.
* La corruption prenait des proportions inquiétantes et menaçait
dangereusement la paix, la sécurité et le développement du
" pays des hommes intègres ".
* Dans la mesure où l’Etat ne s’en préoccupait pas, il était du
" devoir moral " des acteurs de la société civile d’initier des
actions pour s’attaquer au fléau pendant qu’il est encore à ses
débuts, car le silence et la passivité devant le développement
du phénomène sont synonymes de complicité et chaque acteur
sera coupable devant l’histoire et la postérité.
* Il y a des possibilités de faire quelque chose dans le domaine
de la lutte contre la corruption, notamment par la dénonciation,
le lobbying, la sensibilisation et pourquoi pas l’action judiciaire.

Durant ces six années, le REN-LAC a mené courageusement le
combat contre la corruption malgré l’adversité, mais avec des
résultats satisfaisants avec les limites objectives liées à la
nature du réseau.

Aujourd’hui le paysage institutionnel a évolué en matière de
lutte anti-corruption . Ainsi :
- deux nouvelles structures ont vu le jour : le Comité National
d’Ethique, et la Haute Autorité de coordination de la lutte contre
la corruption ; une autre structure a connu une mutation
intéressante, la Cour des comptes
- La question de la corruption n’est plus un tabou. Tout le
monde en parle ; tout le monde la fustige même si par ailleurs
tout le monde s’y accommode en même temps.

- Les bailleurs de fonds s’inquiètent, demandent plus de
transparence et exigent des audits et de nombreuses réformes
- Le discours politique est inondé de mots " bonne
gouvernance, transparence, lutte contre la
corruption…imputabilité ", même si dans la plupart des cas, ces
mots sont prononcés pour faire plaisir aux partenaires.
- Le REN-LAC quant à lui, mène ses activités de sensibilisation
et de dénonciation des faits de corruption aussi bien dans la
presse à travers sa rubrique " corruption dans la cité " qu’avec
ses rapports annuels sur l’état de la corruption au Burkina.

Il
mène également d’autres actions telles, les émissions radios
en français et en langues nationales aussi bien à Ouagadougou
que dans certaines villes du Burkina Faso. Les actions de
sensibilisation sont relayées dans les provinces, notamment à
travers des conférences et du théâtre-forum.
Le REN-LAC est conscient que toutes ces actions sont
insuffisantes face à l’absence de volonté politique se traduisant
par l’indifférence et l’absence de suite réservée aux affaires de
corruption révélées.

1. De l’indifférence de l’Autorité publique

Un de nos militants actifs, le Père Balemans, animateur de la
rubrique " droits dans les yeux " dans le quotidien le pays nous a
fait parvenir ce court message pour illustrer la limite de l’action
des combattants anti-corruption face à l’indifférence des
gouvernants.

" En Géorgie, tous les dimanches, il y a, durant une heure, une
émission sur la corruption surtout sur la grande corruption, mais
rien ne change. Les gens qui aident à réaliser cette émission
risquent parfois leur vie (deux personnes ont été assassinées)
mais rien ne change. Le présentateur du programme dit : " Au
début je pensais que, si la population était bien informée en
Georgie, il y aura un changement. Mais je me suis trompé, rien
ne change. Maintenant, je pense que c’est seulement quand les
décideurs changeront que la corruption prendra fin."
D’ailleurs l’opinion publique l’a bien compris. C’est bien ce
programme ; il y a toujours de nouveaux faits, mais le
programme ne suscite aucun changement . Rien ne change.
Parfois on a l’impression que le programme n’est qu’un
paratonnère ; après s’être indigné de la corruption, on est
soulagé, mais rien ne change. " Les animateurs du RENLAC
reçoivent régulièrement des points de vues assez constructifs
de gens qui croient à la lutte contre la corruption. Mais cela ne
nous fait pas perdre de vue un autre camp de gens qui n’y
croient pas du tout.

2. L’absence de suite réservée aux affaires de corruption

Quelqu’un nous a posé un jour la question suivante :
" Lorsque vous révélez des cas de corruption dans la presse ou
dans votre rapport, quelle suite le gouvernement donne-t-il à
cela ; est-ce que le gouvernement vous saisit pour en savoir
d’avantage ? Si d’aventure il y a des suites est-ce que le
gouvernement vous informe ?

Réponses :
- Le gouvernement n’a jamais répondu officiellement au contenu
de nos rapports. Mais il nous est revenu que chaque fois que le
rapport est rendu public, certains ministres réunissent leur
cabinet pour discuter de ce qui est dit sur leur département.
Pour certains articles, des sanctions sont mêmes souvent
prises contre les fautifs.
- Le gouvernement a un devoir de transparence mais n’a pas de
compte à rendre à un réseau comme le nôtre. Le rôle de la
société civile est de monter la " sentinelle " et d’attirer l’attention
du gouvernement sur ce qui ne va pas ; il est à la charge pour
celui-ci de prendre ses responsabilités.
Une autre question qui nous revient de façon récurrente est
celle qui a trait aux suites judiciaires des affaires de corruption
que nous dénonçons.

" Pourquoi le REN-LAC ne saisit-il pas la justice lorsqu’il a des
preuves de cas de corruption " ?

Réponse : Même si le REN-LAC, n’a pas la possibilité de se
porter partie civile pour des affaires de corruption, la loi fait
obligation au procureur du Faso " d’ouvrir une information
judiciaire " toutes les fois qu’une information ou une allégation
de corruption est rendue publique (soit dans la presse, soit
dans un document public). Malheureusement cela ne se fait pas
toujours à notre connaissance.
Malgré toutes ces insuffisances le REN-LAC poursuivra la lutte
et compte sur l’engagement de tout un chacun. Faisons en sorte
que l’année nouvelle qui s’annonce, soit une année de victoires
pour les combattants de la lutte anti-corruption. Bonne et
heureuse année 2004

Le REN-LAC se propose de publier vos réactions, vos
suggestions, vos dénonciations (si cela est conforme à la
déontologie et à l’éthique professionnelle). Vos critiques et
suggestions sont les bienvenues.
Pour toutes informations et suggestions contactez-nous à
l’adresse suivante :

Réseau National de Lutte Anti-Corruption (REN-LAC) 01 BP :
2056 Ouagadougou 01,

Tél. : 33 04 73, Email : renlac@renlac.org ,

site :
http://www.renlac.org Tél. vert 11,22(gratuit).

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