Actualités :: Massacre de 43 civils au nord : L’opposition exige une enquête (...)

Le Chef de file de l’opposition politique au Burkina (CFOP-BF) était, ce mardi, 10 mars 2020 à Ouagadougou, face à la presse pour évoquer des sujets liés à l’actualité nationale dominée ces dernières heures par le massacre de 43 civiles dans le Yatenga, la marche-meeting des syndicats contre l’extension de l’IUTS, les mouvements sociaux au sein des médias publics et l’apparition de cas de coronavirus au Burkina.

C’est par un rappel du drame de Yirgou que les conférenciers, Carlos Toé du Mouvement pour le changement et la renaissance (MCR) et Amadou Diemdioda Dicko de l’Union pour le progrès et le changement (UPC) sont entrés dans le vif de leurs sujets. Une transition pour aborder le massacre de civils survenu dans la nuit de dimanche 8 à lundi 9 mars 2020 à Barga, dans la province du Yatenga, région du nord.

« Pour le gouvernement burkinabè, ce crime de masse a été perpétré par des individus armés non identifiés. Mais pour certains médias, il s’agit d’une attaque perpétrée contre les Peulhs par un groupe Kogl-wéogo. Au regard de la gravité de ce drame et de la confusion qui l’entoure, l’Opposition politique exige une enquête indépendante, de même que la poursuite diligente des différents coupables, conformément aux lois en vigueur au Burkina Faso », pose Carlos Toé à travers la déclaration liminaire.

De l’avis de l’opposition politique, c’est le mauvais traitement de l’affaire Yirgou par le pouvoir de Roch Kaboré qui a fait le lit d’autres massacres, dont le dernier sus-relevé. « Le gouvernement est coupable d’avoir laissé faire, d’avoir assuré l’impunité des différents auteurs, et d’avoir abandonné les populations burkinabè aux mains des terroristes », indexe l’opposition qui rappelle ici qu’il est du devoir du président du Faso et de son gouvernement de veiller à la défense de l’intégrité du territoire nationale, et à la protection des personnes et de leurs Biens. « Mais sur ce plan, le président du Faso ne respecte pas son serment. La mort est devenue un fait banal, et on ne compte plus le nombre de jours de deuils nationaux décrétés », constatent les conférenciers.

« Le gouvernement devrait travailler à rassembler toutes les forces… »

Sur le point relatif à la marche-meeting des syndicats pour dénoncer l’extension de l’Impôt unique sur les traitements et salaires (IUTS) aux primes et indemnités des travailleurs du public, du para-public et du privé, le CFOP-BF a, tout en relevant le franc succès dans la mobilisation des travailleurs, salué l’esprit citoyen et de discipline dont ils ont fait preuve.

L’Opposition politique réaffirme également que la revendication-phare de la marche-meeting est juste et légitime. « Il est inopportun d’étendre l’IUTS aux maigres primes et indemnités des agents publics, pendant que nos gouvernants s’adonnent à cœur joie au pillage des deniers publics, et qu’il y a des niches fiscales où l’Etat pouvait puiser suffisamment de ressources pour son fonctionnement », arguent les mandataires du CFOP-BF, soulignant que l’opposition politique n’est pas contre le civisme fiscal.

Mais, poursuivent-ils, elle note que l’extension de l’IUTS est vraiment inopportune et dangereuse. Aussi, demandons-nous solennellement au gouvernement de suspendre l’extension de l’IUTS aux primes et indemnités des travailleurs du public et du privé ; et de retourner à la table de négociations avec les syndicats, appelle l’institution. « En ces heures où l’ennemi est dans la maison Burkina, le gouvernement devrait travailler à rassembler toutes les forces au lieu de diviser de manière cynique les citoyens en sous-zones comme il sait bien le faire », brandissent les porte-paroles du CFOP-BF.

‘’Non à l’érection des médias d’Etat en agence de communication du MPP’’ !

Toujours dans le chapitre de fronde sociale, l’opposition a porté son analyse sur la crise qui secoue les médias d’Etat. « En effet, suite à la décision du Gouvernement d’affecter plus de 350 agents des médias publics, le 4 mars 2020, le Syndicat autonome des travailleurs de l’information et de la culture (SYNATIC) a décidé d’un arrêt définitif de travail jusqu’à nouvel ordre. Le SYNATIC affirme que cette décision est arbitraire, et constitue une sanction collective contre les travailleurs. Le syndicat a même révélé que dans la liste des personnes à affecter figurent des travailleurs morts et d’autres à la retraite. Ce qui donne une idée du manque de sérieux qui entoure cette décision », ont campé les conférenciers, pour qui, le MPP (Mouvement du peuple pour le progrès, parti au pouvoir) veut chasser les journalistes professionnels et neutres, pour les remplacer par des griots acquis à sa cause.

« Le comble, c’est lorsque le directeur général de la RTB affiche fièrement son appartenance au MPP, en s’installant aux premières loges du Congrès de ce parti. Tout ceci n’augure pas d’un traitement équitable, professionnel et impartial de l’information par les médias d’Etat en cette année électorale », dénonce l’opposition, affichant sa « pleine solidarité » au SYNATIC et à l’ensemble des travailleurs de la RTB et de Sidwaya.

Le CFOP-BF prévient qu’elle suit la situation de très près, et qu’elle ne permettra pas que les médias d’Etat, créés et entretenus par l’argent de tous les Burkinabè, soient transformés en agence de communication du MPP.

Sur le sujet relatif à l’apparition de cas de coronavirus au Burkina, l’opposition demande au gouvernement de démarrer, dès maintenant, une vaste campagne de sensibilisation des citoyens, pour prévenir et prendre en charge rapidement les éventuels autres cas. Elle appelle également les populations au respect strict des mesures et consignes à cet effet.

Les animateurs de la conférence de presse sont en outre revenus sur la commémoration du 8 mars 2020 (journée internationale de la Femme) et à ce sujet, ils retiennent qu’au cours du Forum des femmes organisé dans ce cadre, le président Roch Kaboré a renouvelé sa promesse de 30 pour cent de femmes au gouvernement. « C’est une vieille promesse que le Chef de l’Etat réchauffe à cause des élections. Sinon, pourquoi depuis quatre ans, il ne l’a pas fait ? Et puis, nous vous l’assurons, le prochain gouvernement ne sera pas celui du MPP puisque ce régime porte-malheur va perdre le pouvoir en novembre », a signé le CFOP-BF.

O.L
Lefaso.net

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