Actualités :: Burkina/ MPP : Roch Kaboré et Simon Compaoré instruisent de « sortir de la (...)

L’ex-parti au pouvoir, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP-2015-2022) observe, depuis sa perte de pouvoir en janvier 2022, la même fièvre de défections que celle qui a prévalu à la création du parti en 2014 avec les adhésions.Tout est allé vite avec la vague de départs de Abdoulaye Mossé et compagnie à celle des 116 démissionnaires avec à leur tête, les anciens ministres Alpha Barry, Bachir Ismaël Ouédraogo.

Entre ces deux grands épisodes, d’autres démissions, à l’image de celles de l’ancien ministre, Smaïla Ouédraogo et du conseiller spécial auprès de l’ancien président Kaboré, Urbain Yaméogo. Face à cette impulsion d’amenuisement, le Bureau exécutif national (BEN) et le secrétariat permanent ont décidé de la dissolution du premier cité, le BEN, organe de direction du parti. Cette décision fait suite à une rencontre le 24 septembre 2022 entre les deux organes suscités avec d’une part, Roch Kaboré et d’autre part, le président d’honneur du parti, Simon Compaoré. Cette concertation a conclu à une nécessité de « refondation » du MPP, confie une source membre des organes décisionnels.

Dire que le MPP, même au pouvoir, n’était pas au mieux de la forme d’un parti politique est une lapalissade. Le constat de l’ampleur de la saignée, quelques mois après le coup d’Etat qui l’a détrôné du pouvoir traduit au mieux cette réalité. Malgré tout …, la direction politique, dans sa dimension actuelle, a décidé de ne pas croiser les bras, même si pour certains observateurs, ce réveil arrive tard. « Est-ce que le MPP a encore un avenir ? Il a été trop fissuré. Dès qu’ils ont perdu le pouvoir, immédiatement, ça a commencé à se fissurer. Le problème, c’est qu’ils n’ont pas vite pris la mesure de la situation. Ils ont négligé et sous-estimé ce qui se passait. Dès que Mossé (Abdoulaye) a commencé, ils auraient pu s’apercevoir de la gravité de la situation », examine un analyste politique.

Un point de vue qui n’est certainement pas partagé par des membres de l’organe dirigeant du MPP. En effet, informent-ils, Roch Kaboré, premier président du MPP et Simon Compaoré (avant-dernier président et président d’honneur du parti), détiennent le devenir du MPP. Deux du trio fondateur du parti, chacun de Roch Kaboré et Simon Compaoré draine derrière lui des inconditionnels, militants et sympathisants. Le mouvement de ces derniers en faveur ou au détriment du MPP est donc subordonné à l’attitude de ces deux leaders, murés jusque-là dans un silence.

Mais les lignes semblent avoir bougé à ce niveau, selon les informations. « Il y a eu une rencontre avec le comité permanent (il est composé des vice-présidents, du président et du secrétaire exécutif). Ils ont ensuite tenu une rencontre avec le président Kaboré et le président d’honneur (Simon Compaoré : ndlr) le samedi, 24 septembre », explique une source de la direction du parti, précisant que ces échanges ont abouti à la nécessité de la tenue d’un congrès extraordinaire pour « refonder » le parti.

D’où la décision de la mise en place d’un comité ad’hoc pour préparer ladite instance suprême et gérer les affaires courantes.
« Le comité permanent et le bureau exécutif national se sont donc réunis hier (mercredi, 28 septembre : ndlr) pour passer l’information », poursuit l’interlocuteur, qui informe qu’une session du Bureau politique national (BPN) se tiendra ce samedi (1er octobre) autour du sujet.

Le comité ad’hoc (dont on ne connaît pour le moment pas la composition) devra être mis en place à cette session et présenté à l’instance (le BPN étant l’instance de décision entre deux congrès).
« C’est ce comité qui va se réunir pour décider de la date du congrès et des actions à mener. C’est ce qui a été décidé à l’issue des échanges avec le président Roch Kaboré et le président d’honneur Simon Compaoré : il faut sortir de la crise ».

Un « grand mouvement » politique en gestation

Des démissions…, et après ? Si la vague de Abdoulaye Mossé et compagnie n’a pas tardé à lancer son parti politique dès avril, des citoyens s’interrogent aussi sur les perspectives de ces dernières démissions. « Un grand mouvement politique se dessine avec l’aile du MPP et des caciques d’autres partis politiques. (…). Il y a tout un mouvement actuellement, si ça va jusqu’au bout, le MPP va perdre sa plus grande partie au profit de cette nouvelle organisation qui concerne plusieurs partis et responsables politiques. Et avec ce nouveau mouvement, beaucoup de partis vont perdre leur nom », coupe court un responsable politique, partie à cette nouvelle organisation en gestation.

« Je pense qu’à un moment donné, il faut qu’on puisse quitter nos petites querelles pour se mettre ensemble et sauver ce qui est essentiel. Nous avons des comptes à rendre demain à nos enfants et petits-enfants sur ce que nous avons fait du pays et de leur avenir. Chacun a suffisamment compris que l’heure est grave. Chacun a dû se rendre compte à son niveau qu’il faut proposer une vraie alternative. C’est ainsi que les concertations ont commencé à s’élargir autour de la question », décline cet autre membre du groupe.

« La classe politique, à commencer par le MPP, a failli, collectivement. Mais dans cet échec, il faut faire la part des choses, il y a des gens qui ont subi un système, vieux de plusieurs décennies. Ils ne doivent pas être mis dans le même sac que leurs aînés. Des cadres politiques comme Alpha Barry, Bachir Ismaël Ouédraogo, Pierre Yanogo… et bien d’autres sur la liste des 116 démissionnaires du 21 septembre ainsi que certains départs d’autres partis politiques de l’ex-majorité et de l’ex-opposition ne peuvent pas endosser les mêmes actes reprochables que leurs devanciers politiques.

C’est pourquoi, ces départs qu’on observe peuvent être un souffle nouveau pour la vie politique burkinabè, s’ils prennent conscience réellement qu’ils ont désormais pour mission de travailler à donner un autre visage reluisant à la politique. Je connais nombre d’entre eux, je sais comment ils sont sensibles aux questions qui touchent à la vie de la nation, ils sont capables de révolutionner les choses. De toute façon, ils n’ont même pas le choix que de faire autrement, éviter ce qui a conduit aux erreurs que nous payons tous aujourd’hui », ébauche un proche des dirigeants du MPP.

Oumar L. Ouédraogo
Lefaso.net

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