Actualités :: Burkina : Un collectif de jeunes du centre déplore que le pays soit pris en (...)

Face à la presse, ce dimanche 10 juillet 2022 à Ouagadougou, un groupe de jeunes, structurés autour du Collectif des jeunes de la région du Centre s’est prononcé sur l’actualité nationale. La décision de la CEDEAO sur la transition, le processus de réconciliation nationale et la situation sécuritaire ont été les principaux points abordés.

Sur le premier point, à savoir la décision de la CEDEAO sur la transition au Burkina, le collectif dit prendre acte des 24 mois impartis pour organiser des élections et revenir à une vie constitutionnelle normale. Les conférenciers ont manifesté la reconnaissance du collectif à l’organisation sous-régionale, la CEDEAO, pour sa volonté de soutenir et accompagner le Burkina pour une transition réussie.

Sur le processus de réconciliation nationale, le Collectif des jeunes du Centre salue la volonté du président Paul-Henri Damiba d’unir les Burkinabè autour des défis du pays. Il loue particulièrement la rencontre au sommet entre lui et les anciens chefs d’Etat. C’est en cela que les conférenciers ont déploré l’absence de Roch Kaboré, qu’il qualifie de « refus catégorique et monté de toutes pièces avec les militants du MPP pour faire barrage » à ce processus de réconciliation nationale.

« Il (Roch Kaboré) n’a pas voulu y aller, nous avons pris acte », retient Mahamadi Ilboudo, principal orateur à la conférence. De son avis, ce refus de participer à la rencontre vise à saper le processus de réconciliation avec pour but de réinstaurer le pouvoir déchu. Il dit cependant avoir foi à la réconciliation nationale, d’où son appel aux autorités à n’écarter personne du processus.

Le collectif félicite, dans cet esprit, Blaise Compaoré d’être venu pour témoigner de sa volonté à la paix et à la réconciliation nationale, malgré sa méforme et les risques de justice. « C’est cela la grandeur. Roch (Kaboré) a eu peut-être honte d’aller regarder celui-là qu’il a conseillé pendant 26 ans de modifier la Constitution », rappellent les responsables de l’organisation.

« Pour sauver le Burkina Faso, il suffit d’une volonté. On ne peut pas réveiller celui qui ne dort pas. Le Burkina Faso a sombré, il y a plus de 7 ans. Nous ne laisserons pas les responsables du chaos que connaît le Burkina Faso freiner le processus de cette réconciliation tant attendue. Nous ne laisserons pas des politiciens véreux, aux idées obscures, sans ordre de mission, nous conduire vers des destinations inconnues. Nous pensons même qu’il fallait dissoudre les partis politiques pour un temps. C’est parce qu’il y a le jeu politique que les gens ne voient plus l’intérêt supérieur de la nation. (…). Ça ne dépasse pas 30 politiciens qui mettent ce pays-là dans cet état », a dénoncé le principal orateur à la conférence.

‘’Le président Damiba n’a pas fait de la chasse aux sorcières comme en 2014. Les gens ont leur argent, au lieu de mettre ça au service de la nation, ils utilisent ça pour infester les réseaux sociaux’’, dénonce Mahamadi Ilboudo.

Pour lui, le système politique actuel, qui court depuis une trentaine d’années, continue toujours de mettre le pays dans cet état. Il estime également que le virage du changement prôné a été raté depuis 2014. « On avait marre de voir un seul homme au pouvoir pendant une trentaine d’années. On s’est levé pour mettre fin à cela. Malheureusement, tout a été raté depuis la transition de 2014 », revisite Mahamadi Ilboudo.

De g.vers la d. : Maxime Zongo, Mahamadi Ilboudo, Abdoul Aziz Traoré et Mahamadi Ilboudo.

« Il y a des moments dans la vie des peuples où il faut faire un choix. Et le choix pour nous, c’est la réconciliation des fils et filles du Burkina. Ensemble, on va bouter les terroristes hors du territoire burkinabè et ensuite la justice. C’est parce que nous avons un pays que nous crions justice. Si demain le drapeau noir flotte à Kosyam est-ce qu’on va parler de justice ? Ce sont les mêmes qui vont dire que l’Armée est incompétente. Pourquoi à Solhan, à Yirgou et à l’Est, ils ne sont pas allés rendre la justice là-bas ? Le Burkina ne se limite pas à Ouagadougou. Les populations souffrent dans plusieurs localités du pays. C’est parce que nous avons un pays qu’on parle de justice », présente M. Ilboudo pour qui, un raté de la réconciliation nationale peut engendrer de lourdes conséquences pour le pays.

Le Collectif des jeunes du Centre fustige le fait que des jeunes continuent de courir derrière des politiciens au détriment de leur pays. « Regardez comment la jeunesse est aujourd’hui en déperdition », brandit Mahamadi Ilboudo.

« Si des gens se sentent vexés à travers cette conférence de presse, nous demandons pardon. Notre objectif n’est pas de vexer quelqu’un, c’est plutôt de préserver la nation », a lâché en guise de conclusion, le porte-parole du Collectif des jeunes du Centre à la conférence, Mahamadi Ilboudo.

O.L
Lefaso.net

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