Actualités :: Au palais de justice : Cinq prévenus pour escroquerie de 6,5 millions de F (...)

Le Tribunal de grande instance de Ouagadougou avait à son audience du mercredi 29 juin 2005 des affaires d’escroquerie, de vol, d’abus de confiance, de défaut de maîtrise... Le film d’une audience à rebondissements !

Cinq prévenus étaient mercredi 29 juin dernier à la barre pour répondre des faits d’escroquerie de 7 millions de F CFA appartenant aux sieurs Ouédraogo Omar et Sawadogo Amado. Les faits remontent courant avril 2005 lorsque le groupe d’individus s’est fait passer auprès de ses victimes comme étant des étrangers soucieux d’investir au Burkina. Appelés à la barre, tour à tour, chacun des présumés coupables a expliqué son rôle dans cette “manœuvre savamment orchestrée”.

Ainsi, Michel Amorodé, Donatus Agnogou, Belem Issa, Traoré Drissa et le Prince (ce dernier étant absent lors du jugement) au terme de l’instruction du dossier ont reconnu avoir présenté des faux billets de dollars (15 millions) en faisant croire à leurs victimes la possibilité de les transformer en “vrais”. Selon leurs témoignages, ils ont d’abord dit aux plaignants de les aider à l’installer au Burkina où la cagnotte devrait être investie dans une affaire. “Comment ça s’est passé” ? interroge le président du Tribunal.

Michel Amorodé les bras croisés, explique avoir approché Omar Ouédraogo, l’un des plaignants à l’aider à placer l’argent dans une banque. Celui-ci a remis 6 millions pour le lavage des billets qui “contenaient des cachets”, a-t-il expliqué. “Comment s’est-on retrouvé dans une histoire de lavage de billets” ? renchérit le président du Tribunal. On avait conclu de remettre une fois les billets “débarrassés de leur saleté” 45% de la somme totale aux plaignants et 5% à la banque, a indiqué Michel.

Connaissez-vous le plaignant ? “Non, c’est Prince qui me l’a présenté comme étant son ami, vendeur de pièces détachées”. Quant à Donatus Agnogou, il était chargé de garder les caisses de faux billets. Belem Issa, avait pour mission de se faire passer pour le propriétaire de la machine. D’après ses témoignages, il devait introduire l’argent dans la machine pour le laver. Pour cela, il appelle les victimes et se fait passer pour Touré.

Il reconnaît avoir perçu 950 000 F en faux billets. Traoré Drissa, 34 ans, marabout était chargé de loger Belem Issa et Donatus. Au terme de l’instruction, le procureur note que les prévenus ont utilisé des manœuvres pour escroquer Omar et Amado. Car dit-elle, “aucun produit ne pouvait laver les cachets sauf ceux des billets qu’ils ont présentés pour démontrer la conformité de leur argent. Ils ont fait croire aux victimes qu’il fallait un produit spécial et une machine pour laver ces cachets”.

Pour Mme le procureur, Michel a reconnu les faits à lui reprochés. Il était l’instigateur du coup. C’est lui qui a présenté les autres aux victimes comme étant des étrangers. “Belem Issa était supposé être le représentant de Touré”. Voilà pourquoi a dit le procureur, il s’est rendu au rond point de la Patte d’Oie avec les bagages. Il ne peut affirmer n’avoir pas été au courant de l’affaire.

Car relève le procureur “on ne reçoit pas 750 000 F CFA, sans avoir joué un rôle”. Il a fait la démonstration avec la machine et une fois en possession de l’argent, ils ont pris la clé des champs, a expliqué le procureur, à la cour. Dans le même registre, soutient le procureur, Traoré Drissa et Donatus Agnogou étaient les “complices”. Dans son réquisitoire, le procureur demande au tribunal de condamner les prévenus à 12 mois de prison ferme et au payement de 6,5 millions à Omar Ouédraogo et Amado Sawadogo.

En réponse, le conseil de Traoré Drissa et Belem Issa, retient qu’il s’agit d’un deal traité entre ses clients et les plaignants qui n’a pas marché. Il note que la partie civile n’a pas répondu à la question de savoir si laver des billets de banque est normal ou pas. “Laver des billets est illicite. De plus, les plaignants ont loué une maison à 60 000 F CFA/mois pour mettre mes clients en cachette et leur ont fourni les moyens”, a dit la défense. Et le conseil de se demander si les plaignants ont subi des préjudices dès lors qu’ils ont fourni les moyens pour laver les faux billets de banque. Il conclut alors qu’ils ont été victimes de leur propre turpitude.

“En présence de la turpitude, la jurisprudence du 24-08-91, il n’y a pas d’escroquerie”, s’est-il défendu. Tout en relevant que même si le tribunal devait aboutir à la condamnation de ses clients, les victimes ont été complices de la commission des faits, le Conseil a plaidé que Belem Issa et Traoré Drissa “n’étaient au courant de rien”. Voilà pourquoi, il a demandé à la Cour de leur accorder le bénéfice du sursis et à renvoyer la requête de payement (objet illicite) pour turpitude. Après le réquisitoire du procureur et les plaidoiries, le président a renvoyé le délibéré au 5 juillet 2005.

1 an de prison ferme pour abus de confiance

Yaméogo Philippe, poursuivi pour avoir dissipé une moto au titre de prêt, a été reconnu coupable des faits à lui reprochés. Tablier ambulant, lorsqu’il prit la moto le 1er mai 2005, il a avoué avoir vendu les pièces de celle-ci pour aller jouer à la machine à sous. Le procureur relève que les faits sont constitués. Le prévenu a emprunté une moto pour une course, disparaît et commence à vendre les pièces. En répression, le tribunal a condamné Philippe Yaméogo à 12 mois de prison ferme pour abus de confiance.

12 mois avec sursis pour défaut de maîtrise

Noufou, apprenti mécanicien, 19 ans alors qu’il travaillait dans un garage de la place, s’est rendu coupable des faits de défaut de maîtrise et de défaut de permis de conduire. Il écope d’une peine d’emprisonnement de 12 mois avec sursis et 3600F CFA d’amende.

S. Nadoun Coulibaly (coulibalynadoun2002@yahoo.fr)
Sidwaya

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