Actualités :: Trafic d’enfants : Une petite nigériane cherche le chemin du retour "at (...)

Le trafic transfrontalier des enfants, une dure réalité qui s’incruste. Malgré la lutte conjointe des Etats, ils sont encore nombreux les enfants, filles comme garçons, à faire le bonheur des trafiquants. Cette petite nigériane n’a pas échappé à la nasse.

Elle s’appelle Mosess Blessing, elle est de nationalité nigériane, venant précisément de l’Etat de Bénin City. Elle a 15 ans et ne parle autre langue que l’anglais. Si elle a atterri au Burkina un certain 10 avril 2005, c’est dans le secret espoir que le pays des Hommes intègres constituerait pour elle, juste une porte de transit vers l’Europe. Enfin, selon la promesse à elle faite par un bienfaiteur.

Mosess Blessing est l’aînée d’une famille de quatre enfants (2 filles, 2 garçons) dont les deux parents sont séparés. L ’adolescente vit chez son oncle. Elle a juste fréquenté le cycle primaire. Elle fait son apprentissage dans la coiffure. Un jour, la jeune coiffeuse reçoit une proposition d’emploi en Europe. Elle croit en sa bonne étoile. Ses seuls conseils sont sa cousine et l’oncle chez qui elle réside. Ce dernier lui dit : "fait comme bon te semble".

"C’est ainsi que nous sommes allés à Ibadan d’où nous avons continué à Ishaki. A cette étape, je lui ai demandé où se trouvait le passeport avec lequel j’allais voyager. Il m’en a montré un, mais ce devait être un faux. Chaque fois que nous atteignions un poste de contrôle, je restais dans le véhicule et c’est lui qui remplissait les formalités policières, Il me présentait toujours comme étant son épouse".

Au terme du voyage, point d’Europe. La demoiselle et son faux "sauveur" échouent chez une compatriote à qui elle est confiée. Il s’agit d’une dame qui habite un quartier perdu de Ouagadougou. Mosess soutient ne plus être à mesure de repérer le domicile de sa première logeuse. Elle sait seulement que la concession abrite plusieurs femmes d’âge mûr qui se livrent à la prostitution.

C’est justement à cela qu’elle aussi est destinée, lui explique la maîtresse des lieux, lorsque Mosess s’enquit de la suite réservée à son voyage. C’est du moins une des conditions à remplir pour gagner la porte de l’eldorado. Elle y oppose un refus catégorique.

"I can’t do it" "Je ne peux pas le faire !", clame-t-elle encore avec des gestes de dégoût.

On menace alors de l’amener à Bobo-Dioulasso pour l’obliger à se soumettre. De violences exercées sur sa personne, il n’y en aura pas, reconnaît Mosess, même si elle a reçu une gifle en passant.

Se rendant compte qu’il faut partir avant que le piège ne se referme sur elle, la jeune fille s’enfuit à travers Ouagadougou. Elle tombe d’abord sur des messieurs qui parlent la seule langue dans laquelle elle s’exprime. En fait, ce sont ses compatriotes. Ceux -ci veulent bien l’aider mais n ’y peuvent rien. Cependant ils l ’hébergent en attendant de trouver la solution.

La chance va commencer à lui sourire lorsqu’elle rencontre Mlle Françoise Nikiéma, qui se trouve être membre du Tocsin. Celle-ci fréquente un cercle de prière et c’est là que la providence la met sur le chemin de la petite nigériane. Assez sensible à la question, elle alertera sa structure dont le président, le professeur Albert Ouédraogo prend le problème à cœur et entreprend diverses démarches.

Tout de suite le commissariat de l’arrondissement de Bogodogo est saisi puis la direction provinciale de l’Action sociaIe et ensuite la direction de la Protection de l’enfant et de l’adolescent du ministère de l’Action sociale et de la Solidarité nationale dont une des missions est de lutter contre le trafic des enfants aussi bien au plan national que sous régional.

Voilà comment nous est parvenue la mésaventure de la petite Mosess Blessing dont le rêve aujourd’hui est de regagner son "home".

Informé également, le consul honoraire du Nigéria au Burkina Faso s’est saisi de l’affaire. Il a rendu visite à Mosess qu’héberge depuis près de deux semaines Mlle Nikiéma chez elle. Le diplomate nigérian a même tenté de joindre la famille de la jeune fille par téléphone mais sans succès.

Ce qui est arrivé à l’adolescente, aurait indiqué le consul, est loin d’être une situation isolée. Ces cas sont légion a-t-il confié, surtout dans l’Etat d’où vient Mosess.

Du côté de la direction de la Protection de l’enfant et de l’adolescent l’on indique que des contacts sont en cours avec I’Organisation internationale de la migration (OIM), la chancellerie de la République fédérale du Nigéria, en vue du rapatriement de Mosess Blessing à Benin City .

Hortense Zida
DCPM/MASSN

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