Actualités :: Insécurité au Burkina :La police de proximité comme arme fatale (...)

Si le chef de l’Etat a évoqué le sujet dans son discours du 31
décembre, c’est qu’il préoccupe au plus haut point les autorités
burkinabè. Il s’agit de cette fameuse police de proximité, qui
semble devenue une urgence en raison de la montée de
l’insécurité.

Blaise Compaoré a indiqué que le "gouvernement
devra veiller particulièrement à vulgariser la police de proximité
tout en renforçant les capacités opérationnelles des forces de
sécurité".

L’année 2003 fut marquée, on le sait, par
d’innombrables incidents plus dramatiques les uns que les
autres, allant des braquages aux assassinats. Le Burkina s’est
retrouvé comme assiégé, pris en otage par le banditisme et le
crime organisé. En face, des forces de sécurité (police et
gendarmerie), visiblement dépassées par les événements,
handicapées par les multiples maux qui les assaillent. Comme
un refrain, les questions d’insuffisance de personnel et de
manque de moyens reviennent sur le tapis.

Cela est
incontestable ! La police et la gendarmerie sont démunies, au
regard de la tâche à accomplir. Et les anecdotes fleurissent sur
cette police sans grandes ressources, obligée souvent,
d’assister, impuissante, à des drames. Tout simplement parce
que les moyens d’intervention font défaut. Mais il ne faut pas se
voiler la face. La montée de l’insécurité n’est pas seulement le
fait de l’indigence des forces de l’ordre. La gestion, parfois
politique, de ce corps, en fait un instrument aux mains de
certains caciques du pouvoir. Dès lors, la neutralité et
l’impartialité qui devraient caractériser leur action s’en trouve
affectées. Il en est ainsi des affrontements à caractère ethnique,
religieux et surtout coutumier qui auraient pu être évités, grâce à
un minimum de prévoyance.

La présence des forces de l’ordre,
à elle seule, est dissuasive. Il est incompréhensible qu’une
crise larvée débouche sur des rixes sanglantes sans que la
police soit à même de l’enrayer. Il est même arrivé que les
forces de l’ordre fassent la sourde oreille face à des appels de
détresse et ferment les yeux sur des signes annonciateurs de
détresse. Incapacité à prévenir les dérapages divers,
négligence ou complicité ? Peut-être le tout, à la fois.
Ces derniers temps, des bandes armées écument les villages
du Burkina.

Le traditionnel coupeur de route s’est transformé en
redoutable braqueur utilisant des armes perfectionnées et des
moyens de communication sophistiqués. Il est même arrivé
qu’en maîtres incontestés des lieux, les gangsters fassent du
porte à porte et dépouillent tout un village. Les maigres
ressources des populations sont ainsi emportées. La lutte
contre la pauvreté passe aussi, à ce titre, par la lutte contre
l’insécurité. Là aussi, le manque de moyens est la litanie
souvent récitée, pour expliquer l’incapacité de la police et de la
gendarmerie à riposter. Soit. Mais il y a une nécessité à déployer
des hommes dans les confins du Burkina, en particulier dans
les zones frontalières devenues les cibles des bandes armées.

Les populations de ces régions, qui ont l’impression d’être
abandonnées par l’autorité publique, sont contraintes
d’organiser parfois leur auto-défense. L’inconvénient de cette
approche, c’est naturellement la prolifération d’armes à feu qui
pourrait provoquer l’effet inverse : leur usage abusif et incontrôlé.
D’où la nécessité de déployer les forces de sécurité selon des
critères objectifs et non sur la base d’appréciations subjectives.
On a beau recruter, les policiers et gendarmes ne seront jamais
en nombre suffisant pour assurer à chaque citoyen la quiétude à
laquelle il a droit, sans une gestion judicieuse et équitable des
ressources.

Et c’est en cela que la police de proximité trouve son intérêt. Si
les choix des postes de police se font sur les mêmes bases,
autant dire que le contact avec les populations n’est pas pour
demain. Il s’en trouvera, en effet, des régions, localités ou
quartiers défavorisés, parce que n’étant pas dans les bonnes
grâces d’un bonze quelconque. La nécessité d’une vision
novatrice et plus impartiale s’impose afin de favoriser une
véritable réconciliation du peuple avec ses forces de l’ordre.

La
méfiance ne pourra pas s’estomper entièrement - les exemples
de police de proximité non réussis sont visibles ailleurs - mais
un début de rétablissement de la confiance pourrait s’instaurer.
Car, à l’instar de nombreux citoyens à travers le monde, les
Burkinabè, vis-à-vis de la police, continueront à avoir cette
attitude ambivalente dont parle un auteur français : "s’en
plaindre toujours, ne jamais s’en passer".

Le Pays

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