Actualités :: Route de Boromo- Bobo : RAZEL va payer plus de 2 milliards de (...)

Les dégradations précoces

de la route Boromo-Bobo. Ce sujet
qui a défrayé la chronique et continue d’alimenter bien des
conversations informelles

ou des débats officiels, n’a pas fini de
troubler le sommeil de certains et de faire courir d’autres. "Ça
a même

failli devenir un problème national, a mentionné
quelqu’un.

C’est bien un problème national" car l’argent du

contribuable burkinabè et des partenaires au développement du
Burkina Faso ne doit pas continuer à être délapidé avec

autant
de facilité. " Il faut réparer la route", a décrété Hippolyte Lingani,
le ministre des Infrastructures des

transports et de l’habitat. " Et
Razel, l’entreprise qui a mal exécuté les travaux supportera les
coûts de réparation

de la portion dont elle est responsable" . La
sentence du ministre est tombée. Ce n’est pas une décision
hâtive, mais

le bout du tunnel d’investigations creusé dans le
goudron déjà bien troué de la route Boromo-Bobo.

En effet, c’est

depuis le 1er septembre 2003 que le ministre
Hippolyte Lingani avait annoncé "la création d’une équipe
technique

nécessaire pour déterminer les causes réelles des
dégradations précoces, les responsabilités des différentes
parties

engagées et les méthodes de réparation de ces
dégradations". Des mesures de déflexion, des sondages, des
essais in situ,

des prélèvements de matériaux et des essais en
laboratoire, des consultations de documents de chantier et des
entretiens

à divers niveaux ont constitué les articulations des "
détectives" commis à la tâche.

Le rapport est

tombé

De septembre à mi-décembre 2003, le tour a été fait et un
rapport est tombé. Ce document porté à la

connaissance de
l’administration des travaux publics, de l’Union Européenne, de
l’entreprise Razel et de l’expert

indépendant commis par l’Union
Européenne et les premières observations de ce dernier sont
sans détours :
"la cause

principale des dégradations prématurées est liée à la
porosité du revêtement bitumeux", a affirmé le ministre des

Infrastructures. "Or, continue le premier responsable du MITH, le
premier rôle qu’un revêtement surtout en enduit

superficiel doit
remplir, c’est de protéger les couches inférieures en latérite
contre l’eau".

Le revêtement,

fait sur le tronçon Boromo-Bobo,
qui était déjà applaudi par les nombreux usagers, tant du
Burkina Faso que les

transporteurs de la sous-région, n’était
donc pas imperméable ! Et, a précisé le ministre Lingani,
"l’infiltration de

l’eau dans les couches inférieures a entraîné les
désordres qu’on observe sur la majeure partie de l’itinéraire". A

qui la faute ? La réponse fuse du praesidium de la conférence
de presse : "l’analyse de ces causes fait ressortir la

responsabilité entière de l’entreprise (ndlr : Razel) à ce niveau
de production, d’organisation et de mise en oeuvre

de la
chaussée".

Les désordres ne sont pas observés que sur la route
calamiteuse qui, avant réception officielle

et définitive est déjà en
lambeaux. Toute la chaîne d’exécution des travaux a, en principe,
sa part de reproches à se

faire. De l’administration, qui ne
dispose pas de cadres outillés et expérimentés à même de
bien superviser les

travaux, à l’entreprise Razel, en passant par
le bureau d’études assurant la mission de contrôle. Pourquoi
tant de

complaisance et de négligences dans une affaire aussi
cruciale de développement qu’est la construction d’une route ?

Pourquoi la mission de contrôle n’a-t-elle pas fourni assez de
correspondances sur le sujet et par conséquent n’a

pas saisi
l’administration sur les dérives annoncées ? Le bureau d’études
doit s’expliquer, tout comme

l’administration qui aurait dû ouvrir
un peu plus l’oeil, et le bon, tout le long du déroulement des
travaux, en

commençant par s’assurer de ... l’assurance-risques
de Razel, sur laquelle des doutes planent aujourd’hui, selon le

ministre Lingani. En attendant que toutes les responsabilités
soient dégagées et que les leçons idoines soient tirées de

ce
cauchemar lourd à couper au goudron, un gros doigt accusateur
reste pointé sur l’Entreprise Razel.

D’autres

mesures sont prises

Où trouver Razel pour qu’elle arrange ce qu’elle a dérangé,
avant la prochaine saison des

pluies ? "L’entreprise Razel
n’ayant pas jusque-là réagi positivement aux injonctions de
l’Administration

conformément aux dispositions contractuelles",
d’autres mesures ont été prises. Ces dispositions prennent la
forme de

deux appels d’offres. Le premier est déjà lancé. Il est
restreint, concerne la reprise totale des zones les plus

dégradées, soit 25 km, et son dépouillement est prévu pour le
29 décembre prochain. "Le but poursuivi est de démarrer

les
travaux courant février 2004", a précisé le ministre des
Infrastructures. Le deuxième appel d’offres "est en cours

de
préparation, suivant les procédures de l’Union européenne, pour
l’imperméabilisation de l’ensemble du tronçon".

Razel peut
continuer à faire le mort, mais c’est son argent qui servira à
opérer les réparations. Le ministre affirme :

"en ce qui concerne
le financement de ces travaux, l’administration a pris des
mesures conservatoires visant à faire

supporter les coûts par
l’entreprise Razel, conformément aux dispositions
contractuelles".

Le petit calcul en

milliards de francs CFA a permis au ministre
de révéler qu’il en faut, environ 2,5 pour couvrir les frais de

réparation. Pas d’inquiétude, pourrait-on dire à propos de la
provenance de ce "petit trésor". Avec la caution de

garantie de
bonne exécution déposée par Razel et l’argent que l’Etat
burkinabè doit à cette entreprise, les travaux

doivent pouvoir être
repris, a rassuré le ministre Hippolyte Lingani, toujours en
harmonie avec ses collaborateurs. Si

tel est effectivement le
cas, il y a de quoi se réjouir, car ce n’est pas un autre
financement qui sortirait des

caisses de l’Etat, pour le même
goudron. Sinon...

Le ministre a promis que les supplices de cette route prendront

fin, en principe avant la saison des pluies de 2004. Et si jamais
toutes ces tribulations aux fortes senteurs de goudron

devraient
aboutir devant une cour de justice ? "Nous avons les outils
nécessaires pour nous en sortir sans problème", a

conclu le
ministre des Infrastructures, qui signifie que son département
dans cette affaire, oeuvre de concert avec tous

les autres
acteurs, dont le ministère des Finances et l’Union européenne.
En attendant, les usagers de la route

continuent de subir le
calvaire sur une bonne partie du tronçon Boromo-Bobo
Dioulasso. Les désagréments sur la santé

physique des
hommes, les dégâts sur les véhicules, le surplus d’argent à
mettre dans le carburant, la perte de temps

sur une route qui
était déjà très longue, les accidents, etc, sont le lot des
conducteurs qui n’en finissent pas de

grincer des dents.
Consolez-vous, "Razel va payer".

Par Morin YAMONGBE
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