Actualités :: Mouvement démocratique de soutien à l’opposition : Y a-t-il espoir pour le 13 (...)

La raison d’être de tout parti politique est la conquête du pouvoir d’Etat. Cet objectif est encore un rêve pour l’opposition, voire un mirage. Son comportement lors des choix des candidatures pour les échéances électorales ne fait pas d’elle un adversaire sérieux pour le pouvoir en place.

C’est dans ce contexte que le mouvement démocratique de soutien à l’opposition (MDSO) est née. Mais on est tenté de se demander s’il y a toujours des raisons d’espérer en cette opposition.

Lorsqu’il y a de cela quelques temps des partis de l’opposition s’étaient réunis pour réfléchir sur la position à adopter par rapport à l’élection présidentielle du 13 novembre, nombreux sont ceux qui ont poussé un ouf de soulagement.

Comme pour dire que ces leaders ont enfin compris que l’union fait la force. C’est pendant que le débat sur les candidatures se menait qu’un des leaders de l’opposition en l’occurrence Nongma Ernest Ouédraogo de la CPS déclarait haut et fort son intention d’être candidat. Depuis ce temps, c’est chacun pour soi, opposition pour tous. La candidature pour la présidentielle devient la source de querelles de l’opposition. Chacun voulant se présenter pour ne pas être sous la coupe d’un autre. Une des raisons et pas des moindres de cette pléthore de candidatures est aussi la subvention que l’Etat accorde aux candidats. Chacun voudrait bénéficier de cette manne pour satisfaire ses intérêts spécifiques. A regarder de près la configuration des têtes des partis de l’opposition, on se rend compte qu’ils ne peuvent pas partager le même bateau.

Il serait alors difficile voire impossible de vouloir les unir. Peut-on par exemple imaginer l’ADF/RDA de Me Gilbert Ouédraogo et l’UNDD de Me Hemann Yaméogo main dans la main sur la même table pour le même objectif ? Ou encore le PDP/PS du professeur Ali Lankouandé et le MPS/PF du docteur Emile Paré le regard tourné dans la même direction ? Enfin peut-on croire un jour à une unité entre la CPS de Ernest Nongma Ouédraogo et le FFS de Norbert Tiendrébéogo ? Il y a en politique des faits qui ne trompent pas. On a beau donner encore dix (10) ans à l’opposition burkinabè de s’unir pour se trouver un candidat, elle n’y parviendra pas. Avec le temps, les Burkinabè ont fini par comprendre que ce n’est en tout cas pas le pouvoir qui crée cette zizanie de l’opposition.

Le MDSO prêche dans le désert

Le samedi 28 mai le Mouvement démocratique de soutien à l’opposition (MDSO) a tenu sa conférence de presse pour montrer ses ambitions de soutenir l’opposition. Pour ce mouvement, l’opposition a les moyens pour arriver au pouvoir si elle est soutenue. Le mouvement entend soutenir ainsi tous les candidats de l’opposition qui se présenteront à l’élection du 13 novembre. C’est dire que c’est un mouvement de l’ensemble de l’opposition. Il est bien de soutenir l’opposition en cette période de pré-campagne électorale, mais au regard de la situation, on a tendance à se demander si cela n’est pas tard ? Vu la place qu’occupent les mouvements de soutien à la candidature de Blaise Compaoré et celui des ABC, le MDSO risque d’être réduit à sa plus simple expression. Le MDSO est né au mauvais moment où le bureau de l’unité de l’opposition est en train de se noyer. Le MDSO au regard de cette naissance tardive aura-t-elle les moyens de sa politique ? Ce mouvement risque de prêcher dans un désert puisqu’il entend soutenir toute l’opposition. Une opposition dont les leaders ne peuvent pas occuper la même table. On se demande comment le MDSO va se prendre pour soutenir ses candidats qui vont probablement s’attaquer entre eux. On sait que la moindre place à occuper est source de querelle dans l’opposition. Même si le MDOS prétend qu’il n’est au service d’aucun parti, force est de constater qu’il ne peut pas être au service de tous les partis de l’opposition. Au regard de ce constat et le parrainage de la conférence de presse par Me Bénéwendé Sankara de l’UNIR/MS, on en déduit que celui-ci est pour quelque chose dans la formation de ce mouvement. Cela sent la pré- campagne voilée.

L’espoir est mince

Aussi loin qu’il est possible de remonter, depuis le G14 en passant par toutes les autres formes d’union ou de tentative d’union de l’opposition jamais celle-ci n’a donné un sens qui inspire la confiance et le respect à ses actions. Invariablement elle s’est toujours contentée de tirer à boulets rouges sur tout ce qui la contrarie et à tenir des propos haineux contre la majorité. En contre-partie, on n’a pas perçu où elle voulait aller et comment elle comptait le faire. Une union se cimente d’abord autour de concepts politiques, points incontournables si ses composantes veulent lui donner par la suite un fondement idéologique. Or, les regroupements de l’opposition ont toujours été de circonstance et dictés par un impératif à solutionner dans le proche avenir. De tels regroupements politiques seront condamnés à disparaître. L’espoir de voir l’opposition burkinabè parler le même langage n’est pas de ce fait pour bientôt.

Même si le MDSO parvient a conquérir les cœurs de certains de ces ledears il lui sera difficile de les rassembler. Alors, il n’y a pas à espérer une union de l’opposition pour l’élection du 13 novembre prochain.

Kibsa Karim
L’Hebdo

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