Actualités :: Election présidentielle : La bataille pour 2010 a commencé !

On le sait à présent, le dimanche 13 novembre sera le jour le plus long du calendrier 2005 des Burkinabè. Ce jour, choisi pour désigner, par les urnes, le président du Faso, alimente de plus en plus les ragots des « maquis ».

Et les juristes et autres législateurs de la rue s’en donnent à coeur joie. N’est-il pas toujours plus prudent de s’impliquer dans les affaires publiques pour ne pas les laisser entre les mains de moins vertueux ?

Au sein des diverses formations, la veillée d’armes ne fait que se poursuivre, vu qu’on n’y avait jamais désarmé les vigilances. Mais il est certain que l’on assistera encore à des volte-face spectaculaires qui n’étonneront que ceux qui ne savent pas voir : de nombreux politiciens recèlent en eux des talents réels de comédiens professionnels.

En outre, il faudra compter avec ces groupes qui croient déjà par leurs discours avoir pris le pouvoir alors qu’à bien voir ils semblent pris au piège de celui-ci. En dépit de toutes les supputations qui s’effectuent ici et là, on pourrait à juste titre se poser la question de savoir pour qui se déroulera précisément cette opération du 13 novembre.

En effet, le paysage politique ne semble présenter aucune image à même de provoquer un quelconque « cataclysme », si jamais la candidature de Blaise Compaoré était confirmée comme on l’imagine.

On ne lui attribuera certainement pas la première place au tableau d’honneur des grands sages, mais force est de reconnaître à cet homme une certaine subtilité politique sans doute enseignée par sa nature et sa longue expérience aux affaires. Ne serait-ce pas là la raison essentielle de ces nombreux appels à sa candidature ?

Il est généralement admis qu’il n’existe aucune contradiction à maintenir sa confiance en un homme et désapprouver certains de ses actes. « A-t-on jamais gouverné innocemment ? », disent de nombreux supporters pour justifier leur choix.

Ce constat effectué, on remarque qu’au niveau des partis de l’opposition, où tout reste encore à préciser, la question essentielle pourrait plus concerner le degré de mobilisation ainsi que le score à atteindre que le fait d’espérer une quelconque victoire. Ce qui pousse à dire qu’en fait la bataille pour la présidentielle 2010 a déjà commencé, surtout - et comme certains lui en prêtent l’intention - si Blaise Compaoré venait à se retirer. C’est dire que dès le lendemain de la présidentielle 2005, on pourrait constater un fort taux de mortalité dans le landerneau politique qui ne décantera pas pour autant une situation fort complexe.

Deux figures sont en train de marquer la scène : Gilbert Ouédraogo et, nouveau venu, Salvador Yaméogo. Pour ce qui concerne le premier, le sigle de son parti constitue en lui-même un fonds de commerce non négligeable. En 2010, l’homme sera suffisamment outillé pour entreprendre réellement de briguer la magistrature suprême. Cependant, cela pourrait dépendre de son aptitude à savoir jouer dès 2005.

S’il est vrai qu’« on ne paie pas le pain du boulanger avec le nom de son grand-père », il ne reste pas moins vrai qu’après le coup de théâtre qualifié aussi de coup d’éclat par certains, suscité par son divorce politique d’avec son aîné, Salvador semble disposer de certains atouts pour se positionner en bonne place sur la scène politique du pays et pourquoi pas envisager l’échéance 2010 !

Apparemment il aura hérité de son père ce calme stratégique et sa tactique de regroupements : celui-ci aurait en effet évoqué l’importance de « l’unité dans la diversité ». Quel candidat à l’élection de 2005 supportera-t-il, à l’issue de la création de son parti qui pourrait, dit-on, intervenir en fin de semaine ? La réponse à cette question aura son importance dans le déroulement de la campagne et pourrait rendre clos certains débats si jamais le nouveau parti venait à apporter son soutien à la candidature de Blaise Compaoré.

Ces hypothèses, qu’on croirait hasardeuses, trouvent leur raison dans une certaine lassitude qu’éprouveraient, dit-on, certains supporters du parti majoritaire : à bien des égards l’on se trouve en face d’un parti à chapelles multiples que paralysent des intérêts très personnels apparemment inconciliables.

Comment se portera-t-il d’ici là ? Une question qui mérite d’être posée au regard de ce qui se déroule dans la capitale économique du pays. C’est en fait le paradoxe d’être pris au piège entre la conquête du pouvoir en commun par un groupe d’individus et leurs désaccords sur la manière d’atteindre des objectifs simples par la gestion de ce même pouvoir, qui est à la base de cette atmosphère de suspicion, de divisions et de confusion.

Simple sera-t-il, comme le souhaiteraient ses détracteurs ; sera-t-il recomposé et que deviendrait-il, si son principal instigateur venait à vouloir prendre du repos après avoir nettoyé et bien astiqué tout le mobilier ? La question serait alors de savoir sur qui il pourrait compter. De plus en plus, les hommes d’Etat se méfient des majorités écrasantes ou prétendues telles : on sait où elles peuvent conduire.

A bien des égards, la présidentielle 2005 constituera un véritable test pour les différents candidats potentiels. Certes, la politique obéit à certaines lois, non écrites pour la plupart, mais la plus importante reste l’efficacité : ce n’est pas le meilleur qui gagne souvent ; c’est le plus habile, le plus astucieux, et tous les qualificatifs se ramènent hélas, diront certains, à un seul : l’efficacité. Les candidats sont prévenus.

A. Pazoté
Joournal du jeudi

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