Actualités :: Burkina Faso : "L’urgence d’un redressement institutionnel et (...)

La politique de la cohésion sociale entre la soixantaine d’ethnies du Burkina agonise. C’est ce que soutient le secrétaire national du groupe des démocrates républicains (GDR) dans les lignes suivantes : la commission de toponymie de la ville de Ouagadougou, la multitude de festivals locaux... sont mises à l’index.

Assurément les perspectives d’avenir pour l’édification d’une nation burkinabè unie, forte et prospère sont de plus en plus sombres. La politique de cohésion sociale entre la soixantaine d’ethnies du pays, initiée par le père de l’indépendance, Daniel Ouezzin Coulibaly, et puissamment développée par le Conseil national de la révolution (CNR) est en train d’être méthodiquement et savamment liquidée par le pouvoir régionaliste de la IVe République.

Pour s’en convaincre, il suffit de se rappeler le chef-d’œuvre de la tristement célèbre commission de toponymie de la ville de Ouagadougou dirigée par l’illustre maître Pacéré Titinga, qui n’a rien trouvé de mieux que de baptiser les rues de notre capitale en s’inspirant exclusivement des noms issus de l’histoire d’une seule ethnie.

Que cette œuvre d’ethnicisation d’une ville capitale n’ait pas été désapprouvée par l’édile montre clairement là où il faut rechercher les commanditaires d’une telle besogne. On se souviendra volontiers de l’empressement du ministre de la Sécurité à embastiller et à humilier des chefs traditionnels bobo dans le cadre des échauffourées politiques liées aux municipales de 2000, alors qu’il s’était tout simplement contenté d’envoyer se reposer dans l’une de ses villas à Ouagadougou feu le commanditaire Naaba Tigré.

Régionalisme et replis identitaires

On peut aussi rappeler les manifestations généralisées de régionalisme et de replis identitaires et culturels illustrés par la multitude de festivals locaux et la cohorte d’associations à vocation régionaliste de ressortissants de telle ou telle région dont la dernière illustration en date a été celle qui a réuni le lundi 14 mars les ressortissants du Centre-Nord. Ou on est burkinabè ou on ne l’est pas. Sous des arguments fallacieux de promotion de la culture, les festivals locaux réalisés sous caméra et en grande pompe ne sont très souvent que des atteintes à l’identité culturelle nationale, opérées avec le soutien et la bénédiction des bonzes du pouvoir CDP.

On pourrait donc conclure qu’il y a un encouragement à la prééminence des cultures régionales sur la culture nationale. D’autre part, l’analphabétisme conjugué avec la dissémination d’un ethnicisme latent et souvent ouvert ont entraîné que les populations ont le sentiment d’appartenir à une région plutôt qu’à une nation. Ainsi, on se réclame d’abord de tel ou tel groupe ethnique majoritaire ou minoritaire. Et c’est au nom de ce groupe que l’on cherche à accéder ou à se pérenniser au pouvoir pour l’exercer au profit de son clan, de sa région.

Ainsi, notre cher pays, le Burkina Faso couve une crise latente d’une profondeur insoupçonnée qui trouve ses origines dans le politique et l’on aurait bien tort de la sous-estimer. Il est évident en effet que lorsque les institutions politiques tendent à favoriser de façon pernicieuse l’hégémonie politique, économique et culturelle d’un seul groupe ethnique sur tous les autres, cela conduit à des frustrations, à des résistances et crises inévitables. Le cas de la Côte-d’Ivoire prouve à suffisance que ceux qui sont écrasés et transformés en laissés-pour-compte ont tendance à se révolter et à remettre en cause l’ordre établi qui ne leur profite pas. Et c’est légitime !

Et puis, si en Côte d’Ivoire la seconde personnalité de l’Etat est de la région persécutée (le président de l’Assemblée nationale), que dire alors du Burkina Faso actuel où les pouvoirs sont concentrés entre les mains du même groupe ethnique ? En vertu de quoi les autres communautés doivent-elles accepter d’être traitées comme des citoyens de seconde zone ? Au nom de quoi les cadres des ethnies dites minoritaires doivent-ils être condamnés à subir les brimades, à être des faire-valoir qu’on utilise comme du papier hygiénique lorsqu’on daigne les appeler à de « hautes responsabilités » ? (suivez mon regard dans les Balé et la Léraba). Pour un Etat fédéral

Il y a donc une urgence à redistribuer les cartes du jeu politique, à repenser en profondeur nos institutions afin de leur donner l’esprit et le lustre du temps glorieux des luttes d’indépendance, en garantissant la participation de toutes les communautés à la gestion de notre destin commun National. Pour ce faire, le Groupe des démocrates-républicains (GDR) s’inspirant des idéaux du président du CNR, le Capitaine Isidore Thomas Sankara, traîtreusement assassiné le 15 octobre 1987 dans les locaux du Conseil de l’Entente, propose à toute la classe politique nationale, intellectuels et membres de la société civile, partenaires au développement du Burkina Faso, la mise en place d’un cadre national de réflexion sur des réformes politiques et institutionnelles qui devront s’articuler sur la nature du nouvel Etat burkinabè et ses organes.

D’ores et déjà, le Groupe des démocrates républicains estime pour sa part que de telles réformes devront aboutir à une fédération des 13 régions du pays dans le cadre d’un Etat de type fédéral. De la sorte, moyennant quelques aménagements, tels la résolution de l’arbitraire du Nahouri, ces régions bénéficieront d’un véritable statut d’autonomie qui permettrait un réel partage équilibré des ressources et des pouvoirs avec l’Etat fédéral.

Quant aux institutions, on réfléchira sur la possibilité d’un triumvirat à la tête de l’Etat, c’est-à-dire un président appuyé par 2 vice-présidents fondés de pouvoir. Cela réduirait les frustrations résultant de la main basse institutionnelle actuelle. Engageons courageusement ces réformes qui sont aussi des défis que certains pays ont osé relever pour prévenir une probable explosion. Sinon le népotisme, l’injustice, l’arbitraire, l’ethnicisme et le régionalisme, bref, le système CDPiste finira un jour par faire exploser notre société.

Osons courageusement car les politiques de 2 poids, 2 mesures, des cavaliers et des chevaux n’ont que trop duré. Nous sommes tous des burkinabè égaux en droits et en devoirs dans le Faso. Si rien n’est fait, inéluctablement les laissés pour compte devront prendre leur responsabilité devant l’histoire et le monde.

Telle est la vision politique et sociale du GDR, parti national, à la veille du scrutin du 13 novembre 2005. Nous en appelons à toute la classe politique nationale et aux intellectuels non dupes à se solidariser avec nous pour prévenir par tous les moyens légaux le péril qui menace notre nation.

VIVRE AVEC LES MASSES, VAINCRE AVEC LES MASSES ! Le Secrétaire national

Observateur Paalga

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