Actualités :: Présidentielle 2005 : faites vos jeux, on n’attend plus que Blaise

Annoncée à grand renfort de tapages médiatiques comme l’année du plus grand enjeu électoral, 2005 ne sera finalement que celle d’un seul rendez-vous : celui de la présidentielle.

Telle est la décision suggérée par la Commission électorale indépendante (Ceni) et confirmée le week-end dernier par le gouvernement. Le sort est désormais lancé. Tout le monde n’attend plus que la confirmation de la candidature de Blaise Compaoré.

Secret de Polichinelle pour les uns, probabilité à confirmer pour les autres, la candidature de l’enfant terrible de Ziniaré n’est plus que la séquence manquante du film de l’élection présidentielle de 2005.

Après quelques semaines de tergiversation, Moussa Michel Tapsoba, le président de la Ceni, a jeté un pavé dans la mare, en prétextant le « manque de moyens financiers » pour reléguer les municipales aux calendes mossi. Du coup, ce sont les maires qui bénéficient d’un joli cadeau de fin de mandat. En tout cas, ceux d’entre eux qui ne savaient pas avec quels rapports justifier leur bail ont désormais l’occasion de la prolongation pour marquer leur passage.
Enfin, pour ceux qui ont réellement quelque chose à prouver.

Du reste, le report des élections municipales, et surtout son organisation après la présidentielle, introduit une nouvelle donne dans le landernau politique burkinabè. Pour les maires et conseillers municipaux qui n’ont pour programme que le « soutien à la candidature de Blaise Compaoré », ce n’est plus un secret que le bouleversement du calendrier électoral est accueilli comme l’occasion d’un marché aux étoiles pour des supporters de tout poil.
En tout cas, certains ne se font pas prier pour multiplier cross populaires, marches et meetings de soutien pour, disent-ils, obliger Blaise Compaoré à « poursuivre son oeuvre ».

Maintenant que le conseil des ministres a avalisé la proposition de la CENI en fixant la date de la présidentielle au 13 novembre 2005, il ne reste plus aux partis d’opposition que d’accepter le fait accompli. Il ne pouvait d’ailleurs en être autrement, quand on sait que le contrôle du processus électoral était le cadet des soucis de leurs leaders.

Une chose est d’avoir des représentants au sein de la CENI, une autre est de travailler effectivement à influencer la machine. Curieusement, ce sont les responsables des partis d’opposition qui étaient les premiers à être surpris par le calendrier surprise de la Commission électorale. Comme si l’agencement des échéances électorales et l’organisation matérielle des scrutins ne pouvaient pas peser sur les enjeux politiques.

Si Blaise Compaoré confirme sa candidature, chose qui ne serait qu’une question de temps, les candidats de l’opposition déjà annoncés devront non seulement batailler dur contre lui sur le terrain de la présidentielle, mais ils doivent aussi s’attendre à une bataille plus rude contre ses partisans aux municipales, au cas où celui-ci leur damerait le pion pour le fauteuil présidentiel.

C’est connu, au pays des Hommes intègres, comme dans beaucoup d’autres sous les tropiques, la politique se fait du sommet vers la base et non le contraire. Ceux qui se constituent pour élargir la base se décident d’abord et avant tout selon la tête du capitaine du bateau. Ainsi voit-on des formations politiques soutenir la candidature de Blaise Compaoré alors que leurs leaders déclarent n’avoir rien à cirer avec le parti au pouvoir. En lieu et place d’une majorité plurielle comme en France pour ne pas la citer, c’est plutôt une pluralité multicolore et incompatible qui soutient un homme dans le seul dessein de se faire une place au soleil.

La présidentielle avant les municipales, c’est certainement la donne qui changera pas mal de scénarios et de pronostics, aussi bien dans les états-majors de partis d’opposition que dans ceux de la mouvance présidentielle. La promptitude avec laquelle le gouvernement a annoncé le calendrier de la seule élection retenue pour cette année ne trompe plus. Visiblement, le parti au pouvoir n’attendait que la CENI se déclare incapable d’organiser les municipales avant la présidentielle pour se résoudre à trouver l’introuvable calendrier électoral.

Tout est bien qui est bien ficelé. On n’attend plus que le patron pour le clap. Après le Fespaco, le Burkina politique peut enfin commencer son cinéma.

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