Actualités :: Basile Guissou, coeur de lion : A Togssidarateneeré

La semaine dernière, Togs Sida Rataneeré, qui avait relevé des erreurs factuelles dans la précédente livraison de Charles Guibo avait fait parvenir une "petite correction". Entre autres points, il y écrivait que contrairement à ce qu’a affirmé notre chroniqueur, Basile Guissou n’avait pas toujours signé ses papiers de sa vraie identité et donc, qu’il ne serait pas si intrépide qu’on le dit. C’est à cela que Charles Guibo réagit.

Je reviens à toi mon cher petit dawa, nourri au "Yelkayé". Si tu croyais t’en tirer à si bon compte, tu t’es gourré. Je te l’avoue de suite, cela fait des jours que je cogite mais n’arrive pas à mettre un visage sur ton nom.

Dans le Mosstenga, je connais beaucoup de Goama, de Tiga, de Poko, de Raogo, de Tinga et de Wambi. Mais le prénom que tu portes je ne parviens même pas à le prononcer. Où allez-vous donc chercher ces prénoms kilométriques ?

Rakisswiligrigri, ...Dimfangadogogo, ...Nayabtingungugu... Mais nous sommes au Faso que diable. Ici ce n’est pas le Boungawa du roi Kuku Wazabanga d’Augustin Loada. Pouvez pas faire moins compliqué ? Toégui, homme des Toé... Parégui, homme des Paré... Kigui, homme des Ki.

Là n’est pas encore le problème. Je veux te connaître. Dis-moi : qui es-tu ? Je cherche mais je ne vois pas. De quel village ton père est-il le Naaba Suprême ? J’espère au moins que tu n’es pas le prince d’un de ces hameaux de cultures créés spontanément par l’Autorité des aménagements des vallées des Volta.

Il y a les "rassemblés" et les "assemblés" Togssidarateneeré ; un intellectuel ; probablement haut cadre de l’Etat ; ancien dirigeant de l’Association de l’amicale des étudiants de la ville de Ouagadougou (AEVO) sous le règne du Général ; a ensuite été activiste à l’université de Dakar Fann et qui, à ce jour, n’a pas été encore "largement rassemblé" ?

Ma langue au chat. Tu es pourtant d’une espèce qui ne court pas les rues à Ouaga. Mais nous allons nous comprendre malgré tout. Puisque tu n’as pas encore été "rassemblé", c’est que tu ne seras pas "assemblé".

Les gens font l’amalgame entre le "rassemblement et l’"assemblement", mais toi, ancien de Fann, tu vois bien la nuance. Bien qu’on n’en parle jamais, l’"assemblement" est l’étape supérieure du "rassemblement".

En d’autres termes, pour être "assemblé", il faut avoir été "rassemblé". Prends par exemple Pierre Tapsoba et la CNPP, Alain Yoda et le RSI, Juliette Bounkoungou et l’UDS, Idrissa Zampalegre et le MDS. Ludovic Tou et le GDR qui, tous, sont aujourd’hui "assemblés"... Ils ont été d’abord "rassemblés" avant d’être "assemblés".

Lorsqu’on procède à ton "assemblement", tu n’existes plus. Tu es comme mort et enterré et on oublie jusqu’à ton nom. C’est pour cela que quand aujourd’hui j’entends "CNPP" je pense au CBMP, le Comptoir burkinabè des métaux précieux.

Les partis "rassemblés", ce sont l’ULD de Sébastien Ouédraogo, le MDP de Lassané Ouangrawa, le RDDI-RDA de Casimir Tapsoba, le PEDB de Yacouba Touré, l’APL de Joséphine Tamboula et de beaucoup d’autres têtes de rat".

Comme tu vois, le "rassemblé" n’est pas entièrement intégré au "rassembleur". Disons qu’il a un pied dedans et un pied dehors mais c’est comme s’il avait les deux pieds dedans. Le "rassemblé" a une autonomie apparente mais en réalité il ne peut rien faire de lui-même.

Le statut de "rassemblé" confère un avantage non négligeable : en plus des subsides du parti rassembleur, il a aussi droit au financement de l’Etat.

Pour faire simple, retiens que le parti "rassemblé" a le soumbala et l’argent du soumbala. Mais bien évidemment, tout "rassemblé" sera un jour "assemblé".

Maintenant, l’ami, tu vas me dire pourquoi à travers moi tu as voulu régler tes comptes avec Basile Guissou. Oui, comme dirait le diaspo de ma rue, tu as mangé ton piment dans ma bouche. Alors, dis-moi tout. Qu’as-tu contre Basile le révolutionnaire ?

Au temps du "génie créateur libéré" étais-tu donc une tortue à double carapace ? Etais-tu un dindon gonflé ? Basile t’avait-il envoyé en rééducation à Baporo ? T’avait-il fait labourer la terre dans les champs publics à Wagnin, toi l’ex de Fann ?

Quoi qu’il en soit, tu pourras tout dire de Basile Guissou sauf de le faire passer pour un couard comme ce Toégui qui a commis l’opprobre jusqu’à se cacher sous un nom mossi.

Comme Bado, je suis pour le suffrage capacitaire

Te souviens-tu que Basile avait affirmé à la maison de la presse Mohamed- Maïga : « ...Je ne crois pas à la démocratie des urnes... le vote CDR c’est ce qu’il y a de vrai... » ?

Eh bien ! Basile persiste et signe. Ce qu’il avait affirmé face à un auditoire restreint, il vient de le répéter urbi et orbi à la télévision et deux (2) jours consécutivement :

« ... Je ne crois pas au suffrage des urnes... Moi, les mandats électifs, de conseiller municipal, de maire ou de député, çà ne m’intéresse pas... Le pouvoir se trouve au bout du fusil ».

Et Basile de faire l’apologie de la période révolutionnaire et d’exprimer son désaccord avec ses camarades au pouvoir qui ont démocratisé le pays. « ...Ils ont républicanisé (sic)... » lâcha-t-il avec dépit. Alors, tu vois bien que Basile Guissou dit toujours ce qu’il pense et n’est pas le gars à écrire sous un pseudonyme. Mais tu as bien compris.

De toi l’esclave et de moi le maître, ou de moi l’esclave et de toi le maître, si jamais l’histoire se répète, si jamais Basile s’empare à nouveau de ses fusils, je ne sais pas qui de nous deux arrivera le premier au Darfour. Ton pied, mon pied.

Mais j’aimerais bien que Basile me donne sa définition de la démocratie, car lui et moi semblons avoir des points de convergence. En effet, dans la mise en œuvre de la démocratie, moi aussi je suis un anticonformiste.

Moi non plus, je ne crois pas à la démocratie des urnes au stade actuel de notre pays, mais contrairement à Basile GUISSOU j’ai la phobie des fusils. Et moi aussi je persiste, et je signe : le suffrage universel dans les pays à dominante analphabète et croupissant dans une pauvreté endémique, c’est la démocratie qu’on a prise au piège.

C’est pourquoi je suis pour le suffrage capacitaire. Tout comme Laurent Bado qui, lui, voudrait que pour être élu député ou président du Faso, il faut au préalable avoir le BEPC ou le BAC.

Tu n’es pas d’accord ? Alors ouvre bien les yeux. Voilà les élections qui doivent avoir lieu en novembre prochain. Pendant que ceux d’Alternance 2005 sont encore à l’étape des déclarations dans les journaux de Ouaga, le CDP, lui, est déjà en campagne.

Pour t’en persuader, il suffit d’observer les finales de coupe de football et les distributions de mil en province. Elles sont de plus en plus nombreuses, de plus en plus médiatisées ; et elles drainent de plus en plus de grosses légumes de la capitale qui arrivent avec leurs grosses cylindrées.

Et que penses-tu des réactivations des réseaux ABC avec l’autre jour à la télé à Bobo l’entrée en scène spectaculaire du grand Dianguinaba. Et cette cérémonie de présentation de vœux du CDP au siège du parti ? Et ces sages ? Et ces tanties ? c’est comme si, soudain, on les avait soumis à une cure de jouvence.

La campagne a bel et bien commencé mon ami. Ceux d’Alternance 2005 ne comprennent donc-t-ils pas cela ? Pourquoi laissent-ils donc l’entière occupation des médias d’Etat au seul CDP ?

Voilà, je te quitte, faux prince. Comment t’appelles-tu encore ? Un conseil tout de même. Si jamais tu avais des regrets, si l’envie t’en prenait, si tu en a assez de ce babenda au goût de tabac frais, dis-toi qu’il n’est jamais trop tard pour se faire "rassembler". Il y a toujours une place pour un ouvrier de la 25e heure. Fais-toi "rassembler" mon p’tit gars, çà peut rapporter gros. Repos !

Charles Guibo
Observateur Paalga

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