Actualités :: Affaire des 33 ex-travailleurs de X9 : quand Alternance 2005 botte en (...)

Qui a dit que la morale agonise au Burkina ? L’auteur de cette vérité devenue célèbre pour des analystes a été clément et indulgent. Parce qu’en réalité, les comportements d’acteurs, majeurs de l’échiquier politique et social national indiquent clairement que la morale est morte et ensevelie avec toutes ses valeurs d’humanisme, d’honnêteté, de dignité et de justice. Aujourd’hui, la morale est la vertu qui manque le plus au Burkina.

Et la prise de position volontaire et consciente des dépositaires du rassemblement estampillé Alternance 2005, relative à l’affaire des 33 ex-travailleurs de la Régie X9 en est une preuve éloquente. Du coup, Alternance 2005 plombe ses ailes d’albatros, déjà lourdes à porter le changement et verse ainsi dans un engagement partisan qui n’honore pas la classe politique burkinabè dans sa globalité. C’est connu. On ne fait pas la politique contre ses citoyens, mais avec et pour ses citoyens.

Les 33 ex-travailleurs de la Régie nationale de transport en commun (RNTC-X9) sont-ils des citoyens burkinabè ? Alternance 2005 l’a oublié et n’a pas cherché à répondre préalablement à cette question. Tellement ses responsables sont aveuglés par leurs intérêts pouvoiristes. Comment comprendre que des partis de l’opposition se concertent pour tenter de priver des citoyens burkinabè de leurs droits légitimes ? Alors que le simple citoyen labda attend de sa classe politique qu’elle lui rende justice. Pendant ce temps, une partie de celle-ci, telle une secte mythique observe une union de façade qui frise le ridicule. Ces 33 ex-travailleurs font-ils partie, oui ou non du peuple burkinabè à qui Alternance 2005 fait les yeux doux pour les prochaines échéances électorales ?

En œuvrant subtilement à politiser cette affaire de droit et de justice, Me Bénéwendé S. Sankara plonge avec lui, une frange de l’opposition dans le déshonneur. Si le fait qu’un huissier de justice a été selon les normes légales, chargé d’exécuter une décision de justice, relève de la "persécution", combien de Burkinabè ont-ils été persécutés parce que le cabinet de Me Sankara a eu recours aux services d’huissiers de justice pour faire exécuter des décisions de justice en sa faveur ? Maintenant que le persécuteur est persécuté, il y a problème.

Ce n’est que justice divine. C’est ici, en ce bas monde que chacun doit payer ses dettes matérielles et financières. Les hommes de droit doivent savoir qu’ils n’ont pas embrasser cette noble profession pour se rendre à eux seuls justice, mais pour rendre justice au citoyen quand bien même lorsque cela va à l’encontre de leurs propres intérêts. Ainsi, que nous enseignent les Saintes Ecritures ? De rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. Rendons donc aux 33 ex-travailleurs de X9 ce qui est leur revient. Car Me Sankara a déjà empoché les 8% de la cagnotte de quatre cent quarante un millions sept cent quarante et sept francs (441 341 747) FCFA versés par l’Etat dans son compte N°12215080180 SGBB, qui lui revient de droit.

Que vient donc chercher la politique dans une affaire aussi limpide que l’eau de roche ? Qui détient par devers lui, les cinquante sept millions vingt six mille dix francs (57 026 010) FCFA des 33 ex-travailleurs de X9 ? Les délégués des travailleurs, évidemment pas. Mais certainement Me Sankara, car c’est dans son compte que la totalité de la somme forfaitaire de 441 341 747 FCFA a été virée, conformément au protocole d’accord signé avec l’Etat burkinabè. La famille politicienne que l’on tente de plonger dans cette affaire vise à la pourrir et à semer la confusion. En quoi le paiement des droits des 33 ex-travailleurs de X9 empêche-t-il Me Sankara de se présenter à l’élection présidentielle de 2005 ? Ce montant de 57 026 010 FCFA fait-il partie du nerf de la guerre nécessaire à cette campagne électorale ? Si ce dossier qui date du 17 novembre 1999 n’a pas connu un dénouement total depuis six ans, cela incombe à Me Sankara.

Avant de rentrer pleinement en politique, il y a de cela deux ans, en créant l’UNIR/MS, il aurait dû régler ce contentieux. Si c’est un calcul politicien qu’il a fait en faisant le grand bond en politique, dans l’espoir d’enterrer définitivement cette affaire des 33 ex-travailleurs de X9, il s’est trompé.

Maintenant qu’il est sur ce terrain glissant et à découvert, lui et son regroupement Alternance 2005 ne peuvent pas reprocher à la majorité de vouloir exploiter cette affaire à des fins politiciennes. Doit-on en être étonné ? Quel est le camp politique dans ce pays qui fait des dossiers pendants telle l’affaire Norbert Zongo, son fond de commerce politique ? N’est-ce pas l’opposition et surtout les leaders de Alternance 2005 ? Cette opposition qui ne tolère rien à ses adversaires et ne sait pas rendre justice aux citoyens est-elle capable d’incarner les valeurs de démocratie ?

Avec l’affaire des 33 ex-travailleurs de X9, ils sont nombreux les Burkinabè qui en doutent. Me Sankara et Alternance 2005 font la preuve, hélas, qu’ils ne peuvent pas défendre le peuple burkinabè car ils sont incapable, ensemble de rendre justice à 33 ex-travailleurs qui sont à la quête d’une pitance légitime prise en otage.

Par Michel OUEDRAOGO
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