Actualités :: Elections 2005 : Vers un calendrier surprise ?

Très souvent, l’ignorance de certaines questions fait notre tranquillité. Mais en ce début d’année où tous les projecteurs sont braqués sur les élections à venir, qui pourrait affirmer ne pas s’y intéresser peu ou prou ? Et chacun d’user de ce droit merveilleux que nous avons, fort heureusement, de discuter librement toute question.

Nombre de Burkinabè ont essayé de décrypter minutieusement les différents discours de fin d’année des hautes autorités du pays, pensant pouvoir y déceler des indices concernant les rendez-vous électoraux. Le flou total prévaut toujours. Le chef de l’Etat n’avait sans doute pas à en parler avant certaines consultations à divers niveaux ! Les autres n’ont fait que suivre la locomotive.

On avait attendu avec fébrilité l’intervention du président de la Commission électorale nationale indépendante. Le 7 janvier, lors de la présentation des vux, on n’apprit rien de plus, hormis que des tâches restent à accomplir, nombreuses, ainsi que la « suppression de 15 498 doublons et d’inscriptions multiples découvertes ». Une telle précision dans les chiffres est à féliciter ! Mais l’indépendance de la Commission est-elle si confirmée que son premier responsable eût pu prendre la liberté de donner des dates ? Sans doute pas tant que cela, question d’attributions et de procédure. Et l’on comprend aisément pourquoi, à la Commission, on fait tout pour éviter de se faire consciemment ou inconsciemment le « machin » d’hommes qui se disputent le pouvoir.

Pourquoi ces silences du gouvernement à propos d’un calendrier alors qu’on sait qu’en décembre, en principe, tout devrait être bouclé ? Personne ne semble détenir la réponse à cette question, mais on dirait qu’on la tient pour résolue avant même de l’avoir correctement posée : ici et là, certaines manifestations ont des allures de campagnes électorales, ce qui pourrait pousser une partie de la classe politique à crier aux abus, à se faire entendre à sa manière.

A ce rythme, l’Exécutif risque de se trouver pris dans un jeu éprouvant d’équilibres et d’arbitrages toujours recommencés : nul n’a intérêt à ce que la classe politique sombre dans une stérile et dangereuse confrontation d’intransigeances. On sait cette mentalité courtisane très burkinabè, telle qu’on va toujours chercher loin des solutions à des problèmes réels et pressants, assimilant ainsi lamentablement les divergences d’opinions aux divergences de principes.

Tout le monde est d’accord et attend impatiemment ces élections ; les uns et les autres mettant toutes les chances de leur côté. Mais le temps suffira-t-il à la Commission, qui doit entre autres former ses démembrements, et organiser la révision exceptionnelle des listes électorales, etc.? Pour des événements depuis fort longtemps attendus, il faut souhaiter qu’il n’y ait pas de hiatus. Dans tous les cas, « se dépêcher avec lenteur » est l’un des traits caractéristiques de cette « exception burkinabè ».

Dans certains milieux dont il faut croire qu’ils sont plutôt pessimistes, on fait cas de « manque de moyens » comme si personne n’était au courant de ces scrutins. Que fait-on alors de cette fierté et volonté nationales ? Les territoires palestiniens viennent d’en administrer la leçon au monde, avant eux l’Afghanistan et, bientôt, l’Irak, qui votera, fin janvier dit-on, malgré cette insécurité meurtrière dont fait cas, quotidiennement, la presse.

Au Faso de la solidarité, l’atmosphère n’est-elle pas plus respirable et plus indiquée pour l’organisation d’élections ’’libres, transparentes et équitables’’ ? Il faudrait cependant, très tôt, en avoir le calendrier exact ainsi que les règles du jeu, afin d’éviter les dérapages. Avis aux constitutionnalistes dont on attend des précisions sur le jour, la date et l’heure de l’ouverture de ces deux bals électoraux.

A force d’attendre, à vouloir infantiliser l’électorat qui fait preuve de maturité au fil des ans, il faut craindre d’aboutir, à terme, à un effroyable désintérêt des populations, leur indifférence, voire leur mépris tranquille pour la chose politique. Ce qui sera un recul de la démocratie, hélas !

A. Pazoté
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