Actualités :: Col Mamadou Djerma, : "Chaque Burkinabè doit avoir le drapeau (...)

Le Burkina célèbre aujourd’hui 11 décembre 2004, le 44e anniversaire de son ascession à la souveraineté nationale. Une journée que le colonel Mamadou Djerma, Grand chancelier des Ordres nationaux entend mettre à contribution pour interpeller les Burkinabè sur la nécessité de respecter les armoiries , les emblèmes de l’Etat , le drapeau national.

Mamadou Djerma (M.D.) : Le 11 décembre, c’est l’anniversaire de la fête nationale du Burkina Faso. Elle a été décidée le 11 décembre 1960. Nous la célébrons chaque année par des décorations. Dans le temps , de grandes cérémonies étaient organisées avec des défilés et des prises d’armes. Entre-temps, les défilés et les prises d’armes ont été supprimés. Ceux-ci ont été remplacés par la cérémonie des décorations devant le palais présidentiel.

S.P. : Comment avez-vous vécu le 11 Décembre 1960 ?

M.D. : Ce jour-là, je n’étais pas au Burkina.

J’étais sous-lieutenant dans l’Armée française. Ce n’est qu’en 1961 que je suis rentré en Haute-Volta. Nous les officiers devions formuler une demande de démission de l’Armée française pour pouvoir intégrer celle de notre pays. Les sous-officiers et les hommes étaient immédiatement transférés. Donc, nous avons fait la demande pour démissionner de l’Armée française. En 1960, j’avais plus de 150 000 F CFA. Arrivé en Haut-Volta, je percevais un salaire de 80 000 F CFA. C’est parce que j’aime mon pays que j’y suis revenu. J’étais vraiment dans l’armée française. A l’indépendance, ils ont demandé à ce qu’on forme les nouvelles armées.

S.P. : Vous avez fait un communiqué demandant aux citoyens de mettre un drapeau national devant leur porte , leur toit, leur véhicule. Que signifie cela ?

M.D. : C’est pour que les Burkinabè sachent ce que signifie le drapeau national. Aux Etats-Unis par exemple, à l’occasion de la fête nationale, toutes les portes, les véhicules, les maisons sont bariolés du drapeau. Cela veut dire qu’il aiment leur pays. Quand on aime son pays, on doit avoir le drapeau de son pays.

Je me suis rendu compte que le public ne connaît même pas très bien le drapeau. C’est pourquoi, j’ai fait ce communiqué pour que chacun sache que le jour de la fête nationale, il doit avoir le drapeau. C’est une nécessité. Ailleurs, on confectionne des chemises, des portraits. Chez nous, si ce n’est à l’occasion d’un match de football, vous ne verrez jamais le drapeau. J’ai été récemment dans une ville frontalière où ils ont monté le drapeau. mais , je dis que ce drapeau n’était pas celui du Burkina.

S.P. : Il y a que souvent le drapeau sur certains espaces publics ne ressemble pas au "vrai"... Comment vous percevez cela au niveau de la Grande chancellerie ?

M.D. : Nous, nous avons fait une circulaire.

Nous avons demandé à ce que le drapeau soit monté devant tous les services publics (haut-commissariats, mairies, police, gendarmerie, ministères ....). Malheureusement, vous avez des ministères où il n’ y a personne. Pas de policier ou de gendarme pour pouvoir monter le drapeau. Même hier (nous sommes vendredi), j’en ai discuté. J’ai dressé une autre circulaire pour les ministres en charge de l’éducation afin que dans les écoles , la montée des couleurs soit effective.

S : Pour l’avenir, qu’est-ce qui sera fait pour faciliter l’acquisition du drapeau par les citoyens ?

M.D : On peut faciliter cela mais pas le donner. Le drapeau se paie. Je ne peux pas payer le drapeau et le distribuer à tous les citoyens. J’envisage une formation au profit des tailleurs issus des provinces sur les dimensions réglementaires, la coupe, la taille...du drapeau. Cela éviterait que les gens confectionnent le drapeau n’importe comment. J’ai l’intention de demander à partir de 2005, aux gouverneurs d’envoyer un tailleur par région dans ce sens. De cette façon, ils apprendront la technique de confection du drapeau avec toutes les dimensions requises. Ainsi, les gouvernorats pourraient se le fabriquer sur place au lieu de venir à Ouagadougou.

S : Y a-t-il un lien entre votre appel et la Semaine nationale de la citoyenneté ?

M.D : Cela fait partie du civisme. L’autorité de l’Etat inclut le civisme. Il faut que les gens respectent la montée des couleurs. C’est un acte civique important. Le drapeau représente la Nation. Moi, j’ai fait personnellement, la guerre d’Indochine. Pendant cette bataille, quand le porteur du drapeau tombait sous le coup d’une balle avant qu’il ne soit à terre, un soldat sautait sur lui pour récupérer le drapeau. Le drapeau ne doit jamais toucher le sol. Au combat, cela est incroyable. Le drapeau représente tout pour un peuple. On ne doit jamais s’amuser avec le drapeau. M.D : Nous avons envoyé une circulaire aux autorités locales. Je prévois dans leur budget, l’achat des drapeaux. Cela est prévu. Nous avons des drapeaux que nous vendons à moindre coût. Nous avons appellé les propriétaires de la SOTRACO pour qu’ils puissent mettre sur les différents bus, des fanions du drapeau national.

S : Quel message adressez-vous aux récipiendaires du 11-Décembre 2004 ?

M.D : Notre rôle est de les convoquer d’abord et leur dire où il doivent se retrouver pour les décorations. Nous organisons les décorations. Ce n’est pas de leur lancer un message. La presse doit nous aider à sensibiliser la population. Il y a des Burkinabè qui ne connaissent même pas les couleurs de leur drapeau. Cela est anormal. C’est incroyable.

S : D’aucunes inscrivent l’hymne national dans les sonneries de leur portable. Quelle est votre réaction par rapport à cela ?

M.D : L’hymne national n’est pas censuré. Cet hymne a été créé aux temps de Sankara. Les armoiries ont été changées. C’est l’Assemblée nationale seule qui a ce droit. J’insiste pour dire que la presse doit nous aider à mieux sensibiliser les citoyens. Cette année, nous avons parcouru 15 provinces pour expliquer aux populations ce que sont la Grande chancellerie, ses missions, les emblèmes de l’Etat. La grande chancelerie est une vieille institution qui a été créée depuis 1959. La première décoration a eu lieu cette même année : l’Ordre du mérite voltaïque. Deux ans après (1961), sont venus l’Ordre national et l’Ordre de la médaille militaire. Malheureusement, elle n’est pas très bien connue du public. Nous n’avions pas de ressources pour organiser des sorties à travers le territoire national.

Issa SOMA
Jean philippe TOUGOUMA
Sidwaya

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