Actualités :: Revocation du maire de Ouahigouya : Les preuves du gouvernement

Le 21e point du presse du gouvernement a été animé le vendredi 29 octobre dernier par quatre ministres. Au programme : situation à la mairie de Ouahigouya, semaine nationale de la citoyenneté, les conditions de la garde-à-vue et création de l’Agence nationale pour la promotion de l’emploi (ANPE).

La révocation du maire de Ouahigouya par le conseil des ministres du mercredi 27 octobre 2004 est fondée sur des faits concrets, consignés dans le procès-verbal (PV) dressé par un huissier de justice, a affirmé le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation (MATD), Moumouni Fabré, au cours du 21e point de presse du gouvernement. Sur la base de ce PV, le MATD a énuméré un certain nombre de "dérapages" dans la gestion financière du désormais ex-maire de Ouahigouya, Issa Joseph Diallo.

Moumouni Fabré cite en exemple la commande de tables-bancs, bureaux, armoires métalliques, etc. que l’ex-maire a faite et qui n’a pas respecté les procédures en la matière. Le PV de l’huissier revèle, selon le MATD, que les factures du fournisseur ne sont pas datées, il n’y a pas eu de bordereau de livraison, etc. De même, le fournisseur a perçu la TVA qu’il doit normalement reverser à l’Etat. Seulement, le numéro d’identification fiscale portée sur la facture est un faux. Le service des impôts a été dès lors dans l’impossibilité de mettre la main sur ce fournisseur pour obtenir ce qui lui revient. D’autre part, poursuit Moumouni Fabré, les numéros de téléphone portable et fixe mentionnés sur la facture sont des faux, le n° de la boîte postale est également un faux numéro.

Autre cas de dérapage dans la gestion financière de l’ex-maire, le MATD relève différentes réparations faites sur le véhicule privé du maire et supportées par le budget de la commune. Selon le ministre, de janvier à mai 2004, ce véhicule a coûté à la mairie 3 010 354 FCFA. Pourtant, poursuit Moumouni Fabré, la mairie dispose d’un véhicule Mercedès 190 sur cale depuis 2002, faute de réparation. Le ministre Fabré a dénoncé la confusion entre patrimoine communal et patrimoine personnel de la part de Issa Joseph Diallo à propos des réparations faites sur son véhicule privé et rappelé qu’un maire comme celui de Ouagadougou avait utilisé pendant trois ans son véhicule privé dans l’exercice de ses fonctions mais sans l’avoir jamais fait réparer ni sur les fonds communaux, ni dans un quelconque garage appartenant à la commune de Ouagadougou.

Des fonds communaux dans des banques privées

Issa Joseph Diallo a fait en outre des missions sans un ordre à cet effet et se faisait cependant payer par la commune au titre desdites missions. Le MATD a relevé que tous les frais du voyage et du séjour au Cameroun à l’occasion de la réunion d’Africités de l’ex-maire de Ouahigouya avaient été pris en charge par la coopération suisse. Mais le maire s’est fait payer par le budget communal. Autre fait dont l’ex-maire s’est rendu coupable, c’est l’existence de comptes communaux dans des banques privées, malgré l’interdiction que la Cour des comptes avait faite aux communes de disposer de comptes dans des établissements bancaires privés.

Le ministre de l’Administration territoriale a également fait le point de la gestion, par Issa Joseph Diallo, des fonds générés par les lotissements. Ces fonds, selon le ministre Fabré, sont une sorte de caisse noire destinée à préfinancer les opérations de la mairie. Seulement, si de l’argent est prélevé sur ces fonds et que la commune rembourse, l’ex-maire ne remettait pas le remboursement là où il devrait aller, c’est-à-dire retourner dans les fonds de lotissement.

A la question de savoir si la révocation du maire ne sonne pas la victoire d’un camp politique à Ouahigouya, Moumouni Fabré répond que les faits (ci-dessus évoqués) sont des faits objectifs et ne prêchent pour aucune chapelle politique. Le traitement de la crise à la mairie de Ouahigouya a connu un traitement rapide contrairement aux crises dans d’autres arrondissements ou mairies : pourquoi cela, a demandé un journaliste.

Le MATD répond que son ministère a été personnellement saisi par les initiateurs de la motion de défiance à l’ex-maire et ceux-ci avaient clairement retenu sept points sur lesquels il fallait faire la lumière. Suite à cette saisine, il a délégué une mission d’investigation qui devait soit blanchir l’ex-maire, soit confirmer les faits qui lui étaient reprochés a répondu Moumouni Fabré.

Concernant les problèmes dans certains arrondissements, notamment ceux relatifs aux opérations de lotissements, le MATD dit que c’est la justice qui s’en charge. Issa Joseph Diallo est-il derrière les barreaux ? Non, il jouit de sa liberté d’aller et de venir, répond le ministre de l’Administration territoriale. Dispose-t-il d’une voie de recours ?

Oui, il peut contester sa révocation devant le tribunal administratif, soutient le MATD. Quel sera l’avenir du conseil municipal de Ouahigouya ? Le ministre Fabré dit que le conseil a un mois pour se réunir et élire un nouveau maire ; à défaut, il devra être dissous et remplacé par une délégation spéciale, mais le ministre ne souhaite pas en arriver là. Pour ce qui est de la gestion administrative, Moumouni Fabré dit que la mission d’investigation n’a décelé aucune anomalie.

Inculquer aux jeunes le sens de l’effort

Le deuxième point de l’ordre du jour de ce 21e point de presse du gouvernement est relatif à l’organisation de la semaine nationale de la citoyenneté du 3 au 10 décembre 2004. Il s’agira au cours de cette semaine, de rappeler que le citoyen, s’il a des droits, il a aussi des devoirs. Pour ainsi dire, et selon le ministre de la Promotion des droits humains, Monique Ilboudo, la citoyenneté est une médaille à deux faces : droits et devoirs. Seulement, poursuit-elle, la conscience des droits est plus grande que celle des devoirs. Et la méconnaissance de ses devoirs peut amener un citoyen à causer du tort à un autre.

Cette semaine sera consacrée à la réflexion autour des valeurs qui construisent l’individu et la société selon Monique Ilboudo. Entre autres objectifs spécifiques assignés à cette semaine selon le ministre chargé des Relations avec le parlement, Adama Fofana, nous avons : amener chaque citoyen à se demander ce qu’il peut faire pour son pays, inculquer aux jeunes le sens de la responsabilité, le goût de l’effort et du travail pour le développement.

Par rapport aux conditions de la garde-à-vue au Burkina, autre sujet de ce point de presse, le gouvernement a chargé un comité technique interministériel de poursuivre des réflexions en vue de formuler des propositions d’action concrète pour faire des lieux de garde-à-vue des espaces républicains de sécurité et d’application de la loi.

Enfin , pour ce qui est de l’Agence nationale de la promotion de l’emploi (ANPE), elle sera bâtie sur les cendres de l’Office national de la promotion de l’emploi ONPE). Ses objectifs seront d’accroître le taux annuel de placement des demandeurs d’emploi, d’augmenter l’offre de formation professionnelle par la mise en place de 12 directions régionales et 32 centres provinciaux de formation professionnelle d’ici à 2011, etc. Le coût global de ce projet de restructuration de l’ONPE est de 28 513 000 000 de FCFA. Le personnel de l’ONPE n’a pas de crainte à se faire, selon le ministre de l’Emploi, du travail et de la jeunesse, Alain Ludovic Tou.

Seulement, il devra se mettre au diapason des nouvelles ambitions de l’ANPE. Pour Alain Ludovic Tou, cet office n’a pas suivi l’évolution du marché de l’emploi au Burkina Faso et c’est pourquoi, selon lui, l’ANPE viendra épouser les réalités économiques du Burkina. La création de cette agence est-elle un début de mise en oeuvre de recommandations du sommet sur l’emploi que le Burkina a abrité en septembre dernier ? Non, répond le ministre Tou ; c’est une initiative de l’Etat burkinabè.

Par Barthélemy LOUGNIE
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