Actualités :: Affaire Hermann Yaméogo : le sens de l’honneur

Les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets. Et pour Hermann Yaméogo, l’heure de la véritable introspection a sonné. A chaque fois que le politicien Hermann Yaméogo a trahi une cause, sa famille politique s’est lézardée, laissant transparaître les laideurs de l’autocratie et de la dictature érigées en système de gouvernance personnalisée. Avec la démission de son frère cadet, Salvador Maurice Yaméogo de l’Union nationale pour la démocratie et le développement (UNDD), la saga des ruptures douloureuses continue.

Face à une situation politique nationale cornelienne, aussi dramatique que celle que nous vivons, chacun a le droit de faire son choix en toute liberté.

Entre l’honneur de sa famille, sa patrie et la complicité coupable de principe et de sang pour haute trahison, Salvador Maurice Yaméogo a tranché. Certes dans la douleur, mais il a choisi son camp. Celui de l’honneur de sa famille et de sa patrie.

Pendant qu’un Yaméogo en l’occurrence Hermann, sillonne les capitales de pays qui sont hostiles au Burkina (Angola, Togo, Côte d’Ivoire, Guinée, Mauritanie...) depuis quelques années déjà, pour « casser » du pays des Hommes intègres et livrer sa patrie à la vindicte internationale, salissant du coup la mémoire de son père, premier président du Burkina Faso indépendant, un autre Yaméogo, notamment Salvador Maurice, en « sauveur » et pour l’honneur bafoué de la famille et de la nation que son père a porté sur les « Fonts baptismaux » dit à haute voix, non ! Non à l’aventurisme politique ! Non aux méthodes putschistes ! Non aux dérives autocratiques !

Ainsi, Salvador Maurice Yaméogo réjoint l’ensemble des patriotes qui dénoncent les égarements graves et regrettables d’un compatriote, qui a des devoirs vis-à-vis de son peuple en sa triple qualité de fils de président, d’homme politique et d’élu national au parlement burkinabè. Ce courage politique, doit servir la mémoire collective. C’est une gifle magistrale que Salvadore Maurice Yaméogo vient d’administrer à la classe politique burkinabè, particulièrement à l’opposition dite « R16 » et surtout au groupe parlementaire « Justice et démocratie ».

En se hissant au-dessus des liens de sang et certainement des dividendes qu’il aurait pu tirer d’un hypothétique succès de son frère aîné en politique, Salvador Maurice Yaméogo s’attaque à une méthode, à la volonté d’accéder au pouvoir par la courte échelle au risque d’ébranler l’unité nationale et non à un homme. C’est dans cet esprit que l’ensemble de la classe politique nationale devrait réagir devant une cause patriotique.

Salvador Maurice Yaméogo a compris que ces « opposants tube digestif » qui tentent de hisser très haut, son frère aîné, le font pour mieux le faire tomber afin qu’il ne puisse plus se relever politiquement. Ces « opposants » peuvent-ils prétendre défendre la cause de Hermann Yaméogo mieux que son frère cadet ?

L’opposition politique burkinabè a manqué une opportunité pour faire comprendre à l’opinion nationale qu’elle n’est pas une opposition opportuniste et suiviste. Elle n’a pas été solidaire avec son peuple qui souffre de l’arrogance et de la xénophobie de certains présidents tel que Laurent Koudou Gbagbo qui considère un Burkinabè moins que rien. Pire, elle n’est pas logique avec elle-même.

Si Hermann Yaméogo était vraiment le politicien de l’opposition qui peut raffler démocratiquement le trône présidentiel à Blaise Compaoré, pourquoi est-elle à la recherche de trois candidatures au plus pour la présidentielle de 2005 ? Pourquoi ne pas imposer en son sein une candidature unique en proclamant celle d’Hermann Yaméogo ? En vérité, ces opposants sont les militants du tout sauf Hermann (TSH). Arrêtons donc d’amuser la galerie !

C’est la reconnaissance du Burkina à exister en tant qu’Etat souverain, égal en droit à tout autre Etat fut-il la Côte d’Ivoire, la Guinée, la Mauritanie... qui est en jeu. Si Hermann Yaméogo emporté par la haine ne l’a pas compris, une partie de l’opposition politique ne devrait pas l’encourager dans cette voie de la traîtrise. Puisse le « sacrifice » de son frère de sang lui servir de leçon et le ramener à la raison et à l’humilité. Car avec Salvador Maurice, l’honneur des Yaméogo (descendants du président Yaméogo) est sauf, mais celui d’Hermann reste entaché du sang de ces Burkinabè morts pour le simple fait d’être des Burkinabè en Côte d’Ivoire.

Saura-t-il un jour laver cet honneur terni ? Rien n’est impossible.

Par Michel OUEDRAOGO
Sidwaya

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