Actualités :: Affaire Hermann YAMEOGO : Manœuvres dilatoires ou demande de pardon (...)

L’étau se ressert inexorablement sur Hermann YAMEOGO. Son excitation des premiers moments et ses tentatives pour justifier l’injustifiable laissent de plus en plus paraître un homme désemparé que la réalité des faits à lui reprochés a rattrapé. Cette intervention radiographique de deux ressortissants de sa ville natale Koudougou, certainement mus par lui-même, n’est-elle pas une manœuvre qui cache ses aboutissants ?

L’implication de l’opposant burkinabè dans ce qu’on appelle aujourd’hui une collusion avec des puissances extérieures pour salir le Burkina et ses dirigeants semble de plus en plus évidente. Et pour cause, les faits parlent d’eux-mêmes et certains qui pensaient bien faire ou même aider Me. Hermann YAMEOGO n’ont fait que l’enfoncer davantage. Il est établi aujourd’hui que l’opposant est allé en Côte d’Ivoire où il a dîné avec la première dame de ce pays qui l’a même « emporté dans ses bagages » pour les Etats-Unis.

Il est également établi aujourd’hui que Me. Hermann YAMEOGO est parti en Guinée où il s’est fait enregistrer dans un hôtel sous une fausse identité et s’est servi d’une puce clandestine pour ses communications (lire l’Indépendant N°579 du 12 octobre 2004)

Pourquoi de telles manœuvres dignes d’espion ? En est-il un ? En tout cas des opposants d’ailleurs, tel Alpha CONDE qu’il cite souvent, ne se comportent pas comme il l’a fait quand ils viennent au Burkina. Se cacher n’est-il pas la preuve qu’on se livre à des activités louches ? De plus, l’intéressé a lui-même confié avoir introduit une demande d’audience auprès des autorités mauritaniennes. Dans quel but, lui seul ou du moins, GBAGBO, le grabataire CONTE et lui sauraient nous le dire.

Une demande d’audience et une lettre de recommandation de GBAGBO à son homologue mauritanien qui s’assortissent, il y a de quoi penser que l’ingénu », à son corps défendant, a été embarqué dans une affaire dont il ne connaît les tenants et aboutissants ! Sacrés Burkinabè, on vous prend pour des canards sauvages ! Et que dire des documents financiers et autre carte de visite du conseiller spécial aux finances de Ould TAYA, saisis sur son plus que confident Noël YAMEOGO, attestant de transactions financières avec les autorités des pays visités pendant son périple alors qu’il était porté absent à l’hémicycle où ses honorables collègues tiennent session ?

Franchement, on ne sait ce qui peut encore permettre de douter des actes posés par celui qui se présente en opposant « persécuté » victime donc d’une machination du pouvoir en place. Si cabale il y a contre sa personne, ne ferait-il pas mieux de laisser la justice le blanchir ? En tout cas, une levée de son immunité parlementaire lui donnerait l’occasion de démontrer de son innocence car la loi est faite pour protéger tous les Burkinabè mais doit aussi les sanctionner à la hauteur de leurs forfaits. Pour l’heure cependant, Me Hermann semble avoir perdu son verbe et son latin des premiers moments de la « cabale » puisque aujourd’hui c’est d’autres acteurs qui interviennent de façon voilée pour « demander » clémence en faveur de l’homme au prétexte que le pays ne doit renier aucun de ses fils quelle que soit la faute commise.

En effet, l’intervention sur la radio Savane FM de deux personnes venues de Koudougou pour plaider la cause de « leur fils » en dit long. « Koudougou n’est pas hors du Burkina. La vie de Hermann est dans les mains de Blaise COMPAORE, tout comme la vie de tous les ressortissants de Koudougou. Tous ce que nous demandons, c’est que Djibril BASSOLET qui est un frère de Hermann puisse le protéger de tout mal » ont laissé entendre les intéressés. Du Hermann tout cru.

Cette sollicitation des anciens de Koudougou n’est rien d’autre qu’une porte de sortie que l’homme est en train de se chercher, vu que les preuves sont accablantes et que l’étau se resserre de façon évidente sur lui. En présentant l’homme comme indispensable à leur existence, mais surtout comme la victime d’une situation, les « deux parents » de l’avocat n’implorent-ils pas déjà la clémence des Burkinabè ? Ce serait là, reconnaître implicitement la responsabilité de leur « progéniture » ou alors douter de sa sincérité dans cette affaire. Les paroles émouvantes des « anciens de Koudougou » viennent une fois de plus montrer comment l’homme est passé maître dans les manœuvres politiciennes.

Est-ce là, une demande de pardon déguisée comme le pensent certains ou une tentative de « régionaliser » pour ne pas dire « ethniciser » son problème avec le pouvoir qui aurait plus d’une fois fait « pleurer » Koudougou ? Les jours à venir nous permettront de lire beaucoup plus clairement les intentions réelles de l’homme et surtout sa réaction face aux éléments de faits qui existent et qui l’incriminent davantage.

Une défense poreuse

Depuis qu’il a été convaincu d’intelligence avec des puissances étrangères hostiles au Burkina Faso, Hermann YAMEOGO ne cesse de crier au loup, en brandissant des preuves de son innocence. Le moins que l’on puisse dire à l’analyse de celles-ci, c’est que le patron de l’UNDD ment comme un arracheur de dents, tant sa ligne de défense laisse apparaître des trous béants.

Ainsi donc, à en croire Hermann YAMEOGO, il n’aurait jamais séjourné à Nouakchott pour y rencontrer des officiels mauritaniens et n’aurait servi de « cheval de Troie » ni à ceux-ci, ni à leurs homologues ivoiriens et guinéens. Et, pour prouver sa bonne foi, Hermann soutient qu’au moment où on le pensait à Nouakchott (ndlr le 22 septembre 2004) il était à Conakry. Justement dirons-nous c’est à ce niveau que l’argumentaire du monsieur pêche à deux niveaux.

Premièrement, il était à Conakry sous un nom d’emprunt, ce qui laisse la porte ouverte à toutes les supputations.
Car, en effet, même ceux qui comme notre confrère de l’Indépendant ont tenté de le « blanchir », n’ont rencontré aucune trace du bonhomme à Conakry. Bien sûr, on nous a sorti un cireur qui aurait bénéficié de ses largesses, mais Hermann étant à Conakry sous un nom d’emprunt, il nous étonnerait qu’il ait donné sa véritable identité à un cireur. Ce d’autant que ce sont, paraît-il, des mesures de sécurité qui l’ont amené à recourir à un nom d’emprunt.
Deuxièmement, Conakry étant à un jet de pierre de Nouakchott, Hermann aurait pu faire un « break » en Mauritanie avant de revenir en Guinée.

Et, qu’on n’invoque pas l’absence de visa sur son passeport pour le « dédouaner » car il est certainement entré en Mauritanie comme un officiel. La lettre adressée par Laurent GBAGBO à son homologue mauritanien accrédite cette thèse. Le contenu de celle-ci étant en tout point identique à celle adressée à John KUFUOR, Hermann apparaît plus que jamais comme le « renseigneur » des deux régimes. Les éléments du puzzle étant en train de se mettre progressivement en place, nul doute que cette défense bancale volera en éclats.
C’est une simple question de temps.

Alpha YAYA
L’Opinion

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