Actualités :: Hermann Yaméogo : Traître ou martyr ?
H. Yaméogo

Hermann Yaméogo suivant les accusations mauritaniennes et ivoiriennes a-t-il trahi son pays comme il le fait si bien avec ses "amis" politiques ? Est-ce un acharnement du pouvoir ? Oui répondent les uns, non répondent les autres. La justice tranchera.

Mais, on ne peut s’empêcher d’être surpris par les commentaires et les écrits souvent farfelus que cette affaire suscitent dans la presse.

Au Burkina certains champions de la démocratie veulent une chose et son contraire. En effet, friands de démocratie, ce sont les mêmes qui s’opposent quand doit leur être appliquées les règles élémentaires. Des soupçons pèsent sur Me Hermann Yaméogo, la justice est saisie.

Quoi de plus normal dans un pays démocratique ? La "sagesse démocratique" exige tout de même qu’on laisse la justice faire son travail. Si Hermann Yaméogo n’est pas un traître, la justice le dira. S’il a trahi, la justice le dira également.

L’impunité au nom de la paix sociale ?

Nos hommes politiques de l’opposition ont la mémoire courte. Hier défenseur de la démocratie et de sa justice, combattant quotidiennement l’impunité dans notre pays, ils sont aujourd’hui en train d’exiger l’impunité pour Me Hermann Yaméogo. Dans cette vaine, certains n’hésitent pas à soutenir qu’au nom de la paix sociale et du prochain Sommet de la Francophonie, il faut "laisser Hermann tranquille".

Nous voulons bien les comprendre et même partager leurs inquiétudes. Mais vouloir d’une chose et de son contraire peut s’avérer dangereux pour notre jeune démocratie. Si nous avons tous accepté la démocratie, il faut qu’on accepte ses exigences et le prix à payer. On ne peut pas se réfugier derrière la préservation de la paix sociale et le Sommet de la Francophonie pour avaliser une si grave trahison. Voir les choses ainsi, est une lecture simpliste et linéaire de la situation.

D’ailleurs ceux qui prônent rien que l’impunité pour Hermann Yaméogo ont leur idée toute faite : ils ne croient pas aux accusations portées contre l’homme du Tekré ; convaincus qu’ils sont que le pouvoir s’acharne sur un opposant qui dérange. A l’analyse il n’en est rien de tout cela. Quel que soit le bout par lequel on tente d’analyser la situation et surtout le parcours politique de Hermann Yaméogo, on aboutit à la même conclusion : Hermann Yaméogo n’effraie personne, politiquement parlant.

Et justement, c’est parce qu’il n’effraie personne qu’il tente par tous les moyens de se faire une santé politique, une médiatisation de sa personne afin d’espérer des retombées politiques. Ce qui lui arrive aujourd’hui est loin d’être un acharnement contre un opposant politique. Pourquoi n’a-t-on pas accusé Ki-Zerbo, Me Sankara et autres ? La question est loin d’être saugrenue. En la posant et en essayant de lui trouver une réponse, on comprendra mieux la situation. De ce fait, ceux qui pensent qu’à cette allure on fera de Hermann Yaméogo un martyr, devraient comprendre la donne autrement, car il est difficile pour quelqu’un qui trahit son pays de devenir martyr.

La paix sociale dérange

C’est connu, depuis décembre 1998, certains hommes politiques et des responsables de la société civile se nourrissent des situations de crise. On l’ a vu avec l’affaire Norbert Zongo, véritable champ de café pour certains. A cette période, les financements venaient de partout. Certains même se sont construit des "bunkers" en ne souhaitant que longue vie à la crise. Malheureusement pour eux, le Burkina a renoué avec la paix sociale. Une situation qui dérange car les "bailleurs" de la crise ne délient plus le cordon de la bourse.

La question alors, c’est comment faire ? La réponse, c’est ce qu’a fait Hermann Yaméogo en devenant l’informateur N°1 du couple Gbagbo. Il paraît que ça paie bien. Mais aller jusqu’à "vendre" son pays pour quelques millions de F CFA, avouons que c’est trop "gros" trop risqué. C’est d’ailleurs pourquoi, il est inadmissible que des Burkinabè tentent de s’insurger contre la procédure judiciaire en cours contre Hermann Yaméogo. Ceux-là méritent le même sort réservé au président de l’UNDD, c’est-à-dire la justice.

Me Hermann Yaméogo n’est pas au-dessus de la loi. Et ce n’est certainement pas au nom de la paix sociale et du Sommet de la Francophonie qu’il le sera. La loi s’applique à tous. Des soupçons de trahison pèsent sur le président de l’UNDD, que la justice fasse donc son travail et la vérité éclatera. Mais tout porte à croire que Hermann Yaméogo est dans une sale affaire qui risque de ternir à jamais son image.

Et dire que notre cher opposant est allé aux USA avec une délégation ivoirienne conduite par une xénophobe, Simone Gbagbo, celle-là même qui préfère les Vietnamiens aux Burkinabè. Il y a tellement de "petites connexions mafieuses" dans cette affaire, qui ne peuvent qu’enfoncer Hermann Yaméogo.

Paix sociale ou pas, Sommet de la Francophonie ou pas, il faut que la justice aille jusqu’au bout pour que tout le monde soit situé. Un opposant n’est pas au-dessus de la loi. C’est pourquoi Hermann Yaméogo doit répondre devant la justice. Si par souci de préservation de la paix sociale, en prélude au Sommet de la Francophonie, on "classait" cette affaire, le risque sera grand, la tentation aussi. Les Ouali et autres Naon qui voulaient "s’amuser" avec la république ont eu pour leur grade. Si Hermann Yaméogo a trahi, il en aura pour son grade. C’est la démocratie qui l’exige. Le reste n’est que rhétoriques et commentaires souvent inutiles.

Idrissa Kaboré

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Erreur sur toute la ligne

Entre confrères, il m’arrivait de "défendre" bec et ongles Hermann Yaméogo lorsqu’on le "taxait" de traître, d’inconstant politique capable de vendre ses amis politiques pour le "naam". Les débats étaient souvent houleux lorsque je tentais de faire comprendre à certains confrères que le bon politicien est aussi et surtout celui qui sait où se trouve les intérêts de son parti.

J’arrivais chaque fois difficilement à convaincre mes interlocuteurs surtout lorsque ceux-ci égrènent, en se référant au parcours politique de l’homme, plusieurs cas de trahison de ses amis politiques : de la CFD au Collectif, l’homme a laissé des marques indélébiles selon mes interlocuteurs. Malgré ces cas avérés, j’étais toujours convaincu que Hermann Yaméogo, savait ce qu’il faisait en quittant tel camp pour tel autre. .

Je martelais même que ce n’est pas parce qu’on quitte l’opposition pour le gouvernement qu’on a trahi ou qu’on est traître. Car en bon politicien, il faut savoir "bouger" en fonction de la direction du vent, surtout quand vous sentez que la situation est favorable.

C’est convaincu de cette donne implacable en politique que j’ai toujours soutenu que Hermann Yaméogo est un bon politique et que ceux qui s’offusquent ou qui le critiquent pour ses revirements, ne savent pas qu’avec la politique, c’est la déception permanente qui vous suit à chaque pas. Soumane Touré et Philippe Ouédraogo ne diront certainement pas le contraire. Les couples Jean Hubert Bazié-Me Sankara ou Emile Paré-Ki-Zerbo … en savent certainement quelque chose.

Hermann Yaméogo est même bien placé pour résumer la politique ou la "dessiner", lui qui, à force de "retournement", s’est laissé surprendre par Gilbert Ouédraogo au sein de l’ADF/RDA.

En somme, j’avais compris Me Hermann Yaméogo et ses revirements qui ont fini par lui donner une image de "spécialiste", l’homme à plusieurs "vestes". En tout cas, il a eu le mérite de se donner par ses agissements l’image d’un homme inconstant. D’ailleurs, y a-t-il constance en politique où la vérité du matin devient mensonge le soir ? C’est fort de ce "postulat" politique que je me plaisais à défendre Hermann Yaméogo, allant jusqu’à marteler à qui voulait m’entendre qu’il est le meilleur homme politique de l’opposition.

Malheureusement ou heureusement, tout porte à croire que j’ai fait une erreur "monumentale" sur toute la ligne au regard de ce qu’il convient d’appeler maintenant l’affaire Hermann Yaméogo. Fournir des informations, même erronées à une puissance étrangère pour qu’on accuse son pays, ce n’est plus faire la politique. C’est le "mercenariat".

Aller aux USA avec une délégation officielle ivoirienne conduite par Simone Gbagbo, malgré les "rapports houleux" entre nos deux pays, ce n’est pas faire la politique. C’est s’égarer en politique.

C’est pourquoi, je commence a comprendre les confrères qui "taxaient" Hermann Yaméogo d’inconstant, voire de traître. Ils avaient raison. Même si en politique, on dit souvent que tout est permis, il y a certainement des limites à ne pas dépasser. Les informations que j’ai pu glaner çà et là me permettent de dire que Me Hermann Yaméogo a dépassé les limites. C’est pourquoi je suis pour la voie judiciaire. Elle permettra de situer tout le monde.

En attendant, je vais m’atteler à corriger mon erreur. Comme pour dire que je ne connaissais pas vraiment l’homme que je "défendais". L’erreur est humaine dit-on. Désormais, je "tournerais" ma langue sept (7) fois avant de "défendre" un homme politique.

I K

L’Hebdo

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