Actualités :: Accusations contre Hermann Yaméogo : 3 questions à Djibril Bassolet

Seize partis de l’opposition (CDS, FDS, FFS, FPC, GDP, LCB, MDR, PAI, PDP/PS, PDS, PFID, PSP, RDEB, UDPI, UNDD, UNIR/MS) estiment que l’interpellation du président de l’Union nationale pour la démocratie et le développement (UNDD), Me Hermann Yaméogo, n’est que de la diversion visant à "empêcher l’alternance politique" au Burkina.

Le 28 septembre, Me Hermann Yaméogo, Président de l’Union Nationale pour la Démocratie et le développement (UNDD), député à l’Assemblée nationale arrivait à l’aéroport de Ouagadougou, de retour d’une tournée dans certaines capitales de la région. Il était accompagné dans son voyage, de M. Noël Yaméogo conciliateur dans le bureau politique de l’UNDD.

A leur grande surprise, ils sont interpellés par les services de sécurité pour se voir poser des questions du genre : quels pays avez vous visités ? Qui avez-vous rencontré ? Avez-vous rencontré telle personnalité ? Un interrogatoire en règle... Me Hermann Yaméogo sera autorisé à rejoindre son domicile après deux bonnes heures de tracasserie. Quant à M. Noël Yaméogo qui n’est pas député, il a été purement et simplement conduit dans les locaux de la Sûreté où il séjourne encore ; il a été mis aux arrêts en attendant d’être présenté au procureur (Sidwaya n°5110 du 1er octobre 2004).

D’après le ministre de la Sécurité Djibril Bassolet, Me Hermann Yaméogo aurait séjourné en Mauritanie le 22 septembre dernier (ce qui est contredit par les visas du passeport de l’intéressé), où il aurait été reçu par le président Ould Taya. A cette occasion, il aurait fourni de fausses informations aux autorités mauritaniennes. Le ministre Bassolet ne fournit pas la moindre preuve crédible à moins que comme à l’accoutumée, ses services de sécurité ne soient en train de fabriquer les "preuves irréfutables".

Avant d’aller plus loin, le ministre peut-il répondre aux questions suivantes afin d’éclairer l’opinion publique ?
- 1. le régime de la IV République et son ministre connaissent-ils les dispositions de l’immunité dont jouit un député ? Ou agissent-ils ainsi parce qu’il s’agit d’un député de l’opposition ?
- 2. la liberté de circulation est-elle garantie oui ou non par la Constitution ?
- 3. quels sont les documents officiels que les agents de sécurité ont présentés pour procéder à de telles interpellations ?

"Ce régime ne croir ni à la démocratie, ni aux droits humains"

En vérité, le pouvoir de la IV République n’a jamais brillé par le respect des libertés fondamentales garanties par notre Constitution, ni par le respect des lois qu’il fait voter. Les principaux dirigeants de la IVe République se croient toujours en régime d’exception et font de leurs humeurs des lois applicables aux citoyens. Ce régime ne croit nullement à la démocratie, pas plus qu’aux droits humains.

Rappelons quelques faits :
- En janvier 1999, après l’assassinat de Norbert Zongo, Me Hermann Yaméogo passera une nuit à la gendarmerie, alors qu’il était député à l’Assemblée nationale sans aucun égard pour son statut, sur la base d’accusations sans fondement et fabriquées de toutes pièces.
- En décembre de la même année, tous les membres du bureau du Collectif des organisations démocratiques de masse et de partis politiques étaient inculpés "d’appel à la sédition et à la désobéissance" et "d’atteinte à la sûreté de l’Etat" après la marche-meeting du 27 novembre 1999. Le procès a non seulement blanchi les inculpés mais s’est également transformé en un véritable procès du régime Compaoré.
- En 2001, le député du PDP/PS, Gérard Dipina Karambiri, soupçonné d’être instigateur des manifestations du Collectif, est malmené par la police à Bobo Dioulasso sans égard pour son immunité parlementaire
- En 2001, des jeunes excités, à la solde du pouvoir, s’en prennent aux députés de l’opposition, Me Hermann Yaméogo et Me Bénéwendé Sankara, pour avoir exprimé des points de vue différents de celui de Blaise Compaoré et de son régime sur la crise ivoirienne.
- Tout récemment, à l’occasion du prétendu putsch, le "large ratissage " a abouti à l’incarcération de Norbert Tiendrébéogo pendant 6 mois avec ce que tout cela comporte de préjudices physique, moral, financier, pour aboutir à un non-lieu.

L’analyse de ces faits met en lumière la nature de ce régime, englué dans des pratiques peu honorables et franchement mafieuses et qui, chaque fois qu’il est pris en flagrant délit, essaie de se couvrir par des diversions qui consistent à faire croire que tous ses ennuis viennent de l’opposition et de tous ceux qui ne pensent pas comme lui.

Ainsi :
- Impliqué dans l’affaire David Ouédraogo et dans l’assassinat de Norbert Zongo, le régime fait un procès au Collectif, pensant se couvrir : échec .
- Impliqué jusqu’au cou dans la crise ivoirienne, il prend le manteau de patriote et il traite les opposants d’apatrides pour faire diversion
- etc.

"Ils veulent empêcher l’alternance politique"

Chaque fois que le régime par son comportement et ses pratiques d’ingérences ou de rapines, se trouve confronté à des difficultés il croit pouvoir s’en sortir par un bouc émissaire mais le temps le rattrape toujours.

L’arrestation de Noël Yaméogo et les tracasseries que le pouvoir fait subir à Me Hermann Yaméogo participent de cette politique du bouc émissaire. En effet, le régime au lieu d’assumer toutes ses responsabilités en apportant des preuves irréfutables (s’il n’est pas coupable) contre les accusations graves et réitérées que certains pays (Côte d’Ivoire, Mauritanie...) ont porté contre lui, Blaise Compaoré, son régime et son ministre de la Sécurité s’acharnent contre les opposants pensant faire d’une pierre deux coups :
1. Discréditer Me Hermann Yaméogo et, partant, toute l’opposition en les présentant comme une bande d’apatrides prêts à vendre leur pays au premier venu.
2. Ouvrir ainsi un boulevard à la candidature illégale, illégitime et même indécente de M. Blaise Compaoré pour une présidence à vie.

La diversion ne passera pas

Il est temps que ce régime s’assume. Les Burkinabè, même les plus naïfs, ne croient plus au régime de la IV République qui, par sa politique extérieure belliqueuse, met les Burkinabè en insécurité à l’extérieur de nos frontières ; dans certains pays de la sous-région, il n’est pas bon de se réclamer Burkinabè. Par sa politique intérieure de démission vis-à-vis des problèmes cruciaux des Burkinabè (santé, éducation, logement, emploi...) ce régime est en train d’hypothéquer l’avenir de tout un peuple.

Blaise Compaoré et son régime sont en train d’ourdir un complot contre notre peuple : ils veulent empêcher l’alternance politique qui permettra un nouveau départ pour le peuple burkinabè. Ce complot consiste à paralyser, voire anéantir l’opposition et toutes les organisations démocratiques de la société civile qui défendent conséquemment la démocratie, les libertés fondamentales et les droits humains dans notre pays.

Peuple du Burkina, démocrates et patriotes, levons-nous tous ensemble pour faire échec à la monarchisation du pouvoir de Blaise Compaoré.
Unissons-nous dans un combat unitaire pour sauver la République et la démocratie dans notre pays.

Ouagadougou le 5 octobre 2004

Pour les partis politiques de l’opposition

Le comité de suivi

- GDP
Issa Tiendrébéogo, Secrétaire général

- UNDD
Hermann Yaméogo, Président

- PAI
Phillippe Ouédrago, Secrétaire général

- UNIR/MS
Bénéwendé Sankara, Président

- PDP/PS
Joseph Ki-Zerbo, Président

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