Actualités :: Mise en place des structures CDP : Le mauvais exemple venu du (...)

Le renouvellement des structures provinciales du Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP) pose problème dans certaines localités où les militants se sont retranchés dans les camps ne voulant pas se voir en peinture. Bobo Dioulasso, ce n’est pas nouveau, se trouve encore dans le feu de cette actualité qui voit le parti majoritaire au centre d’une vraie tourmente.

Cette lutte sourde pour les postes de responsabilité des structures locales du parti est-elle le signe d’un malaise réel ou est-ce un phénomène normal dans tout parti dynamique ? Autrement dit, peut-on voir dans la situation du CDP à Bobo , une manifestation d’ambitions individuelles mal maîtrisées ou surdimensionnées ?

Depuis deux semaines et le débarquement au siège du CDP de militants venus de Bobo Dioulasso, le parti est au centre de la tourmente politico-médiatique. Deux "poids lourds" du CDP dans le Houet seraient à couteaux tirés à propos de la mise en place des structures du parti dans cette province.

En plus du cas d’école que constitue Bobo-Dioulasso, des remous ont été aussi enregistrés à Ouahigouya, à Kongounsi et accessoirement à Banfora. Une série de faits simultanés qui ont amené les uns et les autres à avancer le mot "crise" vécue par le parti au pouvoir et que d’aucuns ont même qualifié de profonde.

Il serait vain de nier que tout ce qui touche au CDP n’est pas sujet à spéculations démesurées. Mais que faut-il voir à travers ces quelques frondes contre les directives du parti en matière de mise en place des structures décentralisées ? A quelle échelle peut-on les situer dans la maturation d’un parti qui a terminé sa croissance et dont la taille ne peut que susciter des luttes de tendances, de clans ou de personnes ?

Certes, ces frondes de militants contrarient les efforts d’implantation et de mobilisation du parti. Elles peuvent surtout avoir des conséquences sur l’ardeur du parti dans les régions et partant sur sa capacité à asseoir son hégémonie. Les partis concurrents à l’affût avec un peu d’ingéniosité peuvent piquer le leadership au CDP dans le Houet où tout va aller à vau-l’eau.

Habitude hélas banale
Il est de plus en plus une habitude au CDP/Houet de se donner en spectacle. Les dernières législatives ont donné lieu à des affrontements tels que la justice a du s’en mêler. Si on a pu penser que le dénouement de cette crise allait servir de leçon pour l’avenir, il faut croire qu’il n’en est rien.

Les mêmes acteurs sont là et ont fait la démonstration que Bobo-Dioulasso n’est pas prêt de guérir de cette tare d’absence de leaders charismatiques devenue congénitale. Son cas est intrinsèquement particulier et unique en son genre.

Célestin Koussoubé

Salia Sanou

Un face à face indécent

En analysant les situations à Ouahigouya ou à Kongounsi, on se rend compte que la contestation n’avait que pour objectif de pourvoir au remplacement du secrétaire général de la section provinciale. Dans l’un comme dans l’autre cas, les militants se sont efforcés de respecter les principes pour marquer leur refus du choix opéré.

A Bobo-Dioulasso par contre, tout se règle à coups de poings, de bâtons, voire d’armes blanches et ce, dans une atmosphère presque insurrectionnelle, dépassant le cadre du militantisme politique. C’est pourquoi il est difficile de disposer de grilles crédibles de lecture car on nage là-bas en plein irrationnel.

Est-ce une question de stratégie ?

Le CDP a mal à son Bobo-Dioulasso. Même si le parti ne doit pas fermer les yeux sur ce cas, il ne suffit pas à conclure à une crise structurelle. L’ambition dans les partis a toujours été leur moteur, même s’il faut de la vigilance constante pour éviter qu’elle ne tue l’idéal. N’a-t-on pas coutume de dire que les politiciens courent après le pouvoir ? C’est tout dire !

Comme en de pareilles circonstances, il faut savoir si le CDP ne s’est pas gourré dans l’adoption de sa stratégie de mise en place de ses structures de base. Passer du principe électif à celui du consensus et de "l’entente cordiale" était-ce la bonne méthode ?

Chaque parti s’organise en fonction de son évolution historique, du contexte de sa création et de son expérience en matière de dynamique interne. Si le principe de la dévolution du pouvoir de responsabilité dans les structures locales par la voie des urnes est la solution souhaitée, elle peut se faire aussi par d’autres procédés, à condition que le parti y trouve son compte. Le CDP adoptant le consensus en lieu et place de l’élection gagne-t-il au change ou s’est-il mis sur une route sans issue ?

En considérant qu’une province sur les quarante-cinq, se singularise vraiment, on ne peut qu’admettre la différence du Houet et des autres . Sans verser dans la boutade disant "qu’à Bobo c’est toujours pareil", on devine que la capitale des Hauts-Bassins fera toujours et encore jaser. Car entre les deux clans en présence, les ressentiments sont tels qu’ils surpassent le simple cadre de la manifestation d’ambitions personnelles.

Il revient à la direction du parti de savoir peser sur les rapports de force. La vitalité d’un parti de la taille du CDP, suppose que chaque leader supposé accepte à un moment donné de rester dans l’ombre. La discipline et la cohésion internes dépendent donc de la capacité de ces leaders à diriger la minorité pour devenir demain celui en qui se reconnaît la majorité.

Si Koussoubé et Salia ne comprennent pas cela, alors ils n’ont pas l’étoffe de leaders qu’ils prétendent être. La direction du parti à défaut d’imposer son consensus doit opérer son choix. Elle est obligée dans un tel cas de figure de se mouiller sans retenue.

Souleymane Koné
L’hebdo

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