Actualités :: CENI : Barrou Issiaka, persona non grata

"Pourquoi m’interdisez-vous l’accès à la CENI ?", tel est l’objet de la correspondance ci-dessous que Touré Issiaka Barrou a adressée au président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Pour mieux cerner le problème, nous vous proposons également "le point sur un incident" que ledit président de la CENI a fait au Secrétaire général du PAI (le Parti de Barrou) ainsi que la lettre du ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation au patron de la CENI.

Monsieur le président,

Ce jour 23 août 2004, en compagnie de monsieur Kambiré Onfité, contrôleur des douanes, originaire de Midebdo dans la province du Noumbiel au Sud-Ouest du Burkina Faso, nous nous sommes trouvés au poste des vigiles de la CENI pour nous présenter, afin de nous rendre ensemble au bureau du Secrétaire général de la CENI, pour des renseignements sur l’annulation du démembrement de la CENI de sa localité. Quelle ne fut ma surprise lorsque le vigile me refusa l’accès aux locaux de la CENI, affirmant avoir reçu des consignes à mon égard.

Il était 09 h 50 mn et malgré mes explications, rien n’y fit. C’est à ce moment précis que, passant par là, monsieur Souleymane Compaoré, commissaire à la CENI, fut pris à témoin, mais le vigile resta ferme. Monsieur Kambiré, quant à lui, s’en est allé aux renseignements nécessaires, m’a rejoint plus tard et nous avons quitté ces lieux où j’étais indésirable.

Monsieur le président,

Suite à cet incident apparemment banal, mais plein de signification, je viens par la présente et par voie de presse (puisque je suis interdit d’accès à votre royaume), en citoyen indigné et frustré par cette mesure dictatoriale vous demander de me présenter, du moins, de publier (puisque vous m’avez privé du droit d’aller et venir) le texte de loi qui vous autorise à me chasser des locaux de notre CENI. La politique, pour des gens civilisés, est comme le sport, où l’on doit accepter la défaite avec fair-play.

Je ne pensais pas que ce que vous aviez qualifié "d’incident" le 07 février 2002 (1) pouvait être une cause d’interdiction à la CENI ! Alors que je pensais que le problème avait été réglé en son temps par le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, monsieur Bernard T. Nabaré (2), et que j’avais, de ce fait, le droit d’avoir accès à la CENI et de prendre part aux activités, voilà que votre interdiction d’accès à votre royaume vient me prouver que je suis un non-citoyen, un non-être.

Etais-je depuis longtemps ce non-citoyen qui participait aux différents travaux de la CENI ou est-ce aujourd’hui que je le suis devenu ?

Vous et moi, nous nous sommes rencontrés après le 07 février 2002, au moins deux fois à des rencontres de la CENI ou du Centre pour la gouvernance démocratique (CGD), et nous nous sommes toujours salués en hommes civilisés ; que ce soit vous ou d’autres commissaires de la CENI tels que messieurs Alexis Yaméogo et Pierre Boro.

En plus, je suis venu plusieurs fois à la CENI après février 2002, où vous avez présidé vous-même deux rencontres avec les partis politiques, et aussi sur invitation de monsieur Bamitié Michel Karama, le vice-président.

J’y suis plusieurs fois venu retirer des correspondances au nom du PAI après le 07 février 2002 sans être pour autant persona non grata.

Monsieur le président,

Je ne pensais plus à cet « incident » clos à mon niveau depuis, mais vos vigiles m’ont rappelé que vos « incidents » ne sont jamais clos !

Si donc il y a un nouvel arrêté (ou une nouvelle fatwa) contre moi, je vous prierais de bien vouloir m’en informer. L’homme public que vous êtes, dirigeant une « institution » publique chargée de l’organisation des scrutins, m’avait fait croire que vous êtes un démocrate rempli d’un esprit d’impartialité.

J’ignorais qu’il y avait quelque part un esprit revanchard coriace propre aux hommes faibles.

Aussi, dans l’espoir que vous me traiterez comme tout autre citoyen auquel les locaux de la CENI ne sont pas interdits, je vous prie de croire, « excellence » monsieur le Président de la CENI , à l’expression de mes sentiments les plus accablés et frustrés.

Ci-joint pour une juste appréciation de l’opinion :
Copie de la lettre m’interdisant l’accès de la CENI (l).
Réponse du MATD, Bernard Nabaré au Président de la CENI (2).

Touré Issiaka Barrou Tél. : 70 25 23 17


Le président de la CENI

A

Monsieur le Secrétaire général du PAI

Objet : Point sur un incident

Monsieur,

J’ai l’honneur de vous tenir informé d’un incident que votre mandataire Touré Barou a provoqué dans mon bureau à la CENI le 06 février 2002 à 8 heures au cours d’un entretien que je lui avait accordé à la suite de votre appel téléphonique du 05 février 2002 de 19 heures.

Après avoir levé l’équivoque selon laquelle le président de la CENI aurait détenu par dévers lui le courrier destiné à votre parti, j’ai instruit mon secrétariat pour qu’une lettre soit saisie afin que je transmette officiellement les documents du P.A.I. C’est en ce moment que votre mandataire a tenu à me prévenir que s’il rencontrait M. Philippe Ouédraogo dans les couloirs de la CENI, ils dévaleraient les couloirs ensemble.

J’ai rassuré simplement votre mandataire en l’informant que jusqu’à plus informé, pour toute correspondance adressée aux partis politiques, la CENI a décidé de tenir communication à monsieur Touré Soumane et à monsieur Ouédraogo Philippe. Si notre position est contraire à la loi, chacun d’eux est loisible de se pourvoir devant les tribunaux.

Cette information a suffi à enflammer votre mandataire au point que devant tous les membres du Bureau et les secrétaires de la CENI convoquées pour démentir ses allégations, il a proféré des injures de toutes sortes avec menaces de voie de faits sur la personne du président et pire, il a affirmé que le comportement du P.A.I. à son encontre vient du fait qu’il aurait trahi le P.A.I. en 1984.

Il est regrettable que cette haine ait résisté à l’épreuve du temps mais il est encore plus regrettable que l’attitude d’un parti politique à l’égard d’une structure d’organisation des élections et de son premier responsable soit guidée par de telles considérations.

En tout état de cause et en application de l’article 14 de la loi n° 014-2001/AN du 03 juillet 2002, le président de la CENI a instruit les forces de sécurité assurant la protection du siège afin que l’individu Touré Barou n’ait plus accès aux locaux de la CENI. Il est évident que cette attitude de l’intéressé vise la recherche de l’incident avec la CENI ou son président mais le sens de la responsabilité et de l’intérêt général guidera toujours les actes que pose la CENI.

Veuillez agréer, Monsieur le Secrétaire général, l’expression de ma considération distinguée.

Moussa Michel Tapsoba

- A Son Excellence Monsieur le Président du Faso
- Monsieur le ministre de l’Administration territoriale
- Monsieur le ministre de la Sécurité
- Monsieur le ministre de la Justice et de la Promotion des droits de l’homme


Le Ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation

A

Monsieur le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI)
Ouagadougou -

Réf. : V/Lettre n° 016/CENI/CAB du 07 février 2002.

Monsieur le président,

L’ampliation de la lettre n° 016/CENI/CAB du 07 février 2002, relative à l’incident que le mandataire du P.A.I, monsieur Barou Touré, a provoqué dans votre bureau suscite de ma part quelques réflexions.

En effet, tirant conclusion des décisions de justice, relativement à la crise qui secoue le P.A.I., et après analyse, j’ai invité par lettre du 01 août 2001, monsieur Soumane Touré en sa qualité de Secrétaire général du Bureau exécutif central issu du dernier congrès ordinaire des 30 et 31 mai 1998, a convoquer un Congrès.

Le Bureau exécutif central qui a résulté de ce congrès a reçu un récépissé de reconnaissance.

De ce fait et jusqu’à ce qu’une décision de justice exécutoire dispose autrement, c’est ce Bureau exécutif central (BEC) qui peut se prévaloir aujourd’hui et officiellement de la légalité pour diriger le P.A.I. ; car il est le seul à être en mesure de présenter un récépissé de reconnaissance au nom du P.A.I.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’assurance de ma considération distinguée.

Pièces jointes :
Lettre n°2001-129/MATD/SG/DGAT/DLPAP
Arrêté n°2001-98/ MATD/SG/DGAT/DLPAP.

Bernard T. Nabaré Commandeur de l’Ordre National

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