Actualités :: XIIe Grande conférence du médiateur du Faso : "Les Burkinabè ont mal à leur (...)

La série des grandes conférences du Médiateur du Faso vient de prendre fin avec le XIe sous-thème : "Respect et protection des ressources humaines." Il a été développé par le conférencier M. Nurukyor Somda à la Caisse générale de péréquation (CGP) jeudi 29 juillet 2004.

"Le Burkina Faso est riche de ses hommes et de ses femmes", relève le Médiateur du Faso, M. Jean-Baptiste Kafando. D’où la nécessité de valoriser ce potentiel humain, de le respecter et de l’utiliser à bon escient.

Dans son exposé, le conférencier Nurukuyor Somda a affirmé que le Burkina Faso, depuis son accession à l’indépendance en 1960, dispose d’armatures juridiques en la matière : une loi fondamentale, la constitution qui garantit à tous les citoyens leurs droits ; une armée nationale chargée de la défense des frontières, tandis que les forces de gendarmerie et de police garantissent l’ordre et la quiétude internes, en fin des conventions et des accords internationaux, bilatéraux et multilatéraux qui garantissent la sécurité des populations burkinabè.

Le conférencier a d’abord jeté un regard rétrospectif sur les quarante années écoulées depuis l’indépendance de notre pays pour observer les efforts consentis par les nationaux pour le respect, la sauvegarde et la protection de la principale richesse du pays, notre patrimoine national.

Les Burkinabè, victimes de leur humilité

Le Burkina Faso, connaît un véritable brassage des peuples avec plus de soixante ethnies. Ce qui fait que la culture burkinabè est plurielle mais partage tout de même des valeurs communes : honnêteté, travail, intégrité, etc. Le Burkinabè d’autan était vu comme un homme formé dans les camps d’initiation et ne doit faillir même dans les situations les plus difficiles. "Il triomphe dans la gloire ou meurt dans les honneurs."

Toute cette valeur, le Burkinabè n’en a pas eu conscience et en souffrira avec la colonisation. Et pendant une soixantaine d’années, la seule véritable ressource du Burkina a été gaspillée sur les chantiers des colonies françaises. La valeur de l’homme burkinabè est devenue un élément négatif pour son propre développement parce qu’ayant engendré en lui un complexe d’infériorité.

Malgré ce traumatisme colonial, le conférencier a trouvé utile que l’on s’interroge sur ce qu’ont fait les Burkinabè dans le sens de leur propre développement, depuis l’accession à l’indépendance. "L’histoire nous enseigne que peu de nations ont été construites en moins d’un siècle. Les Burkinabè, soixante (60) peuples ont eu soixante dix (70) ans pour bâtir une nation, le Burkina Faso. Aujourd’hui, les principaux intéressés (13 millions) sont en droit de s’interroger sur la longueur du chemin parcouru. Ils mesureront ainsi mieux les obstacles franchis et les efforts qu’il reste à consentir dans cette entreprise gigantesque." a-t-il noté.

Les Burkinabè sont devenus des Hommes frelatés

Aujourd’hui, constate le conférencier, les Burkinabè ont mal à leur intégrité. Le peuple burkinabè pour lui ne participe pas activement à la construction de sa nation car l’un de son défaut majeur est l’incarnation de la notion du "ON", notion qui entraîne la fuite de responsabilité. La modernité qui s’est installée dans nos cités a également installé le doute et dicte de nouvelles références aux Burkinabè.

"La civilisation nous a appris à vaincre sans avoir raison, à tricher sans être vu, à utiliser des avocats qui transforment le mensonge en vérité et la vérité en mensonge. Le vol, le viol, les crimes les plus abominables ne nous effraient plus... Les maux en vogue ont pour noms, népotisme, fraude, pétrole, abandon d’enfant dans les puits perdus, coupeurs de route et de tête, trafic d’enfants, prostitution, alcoolisme..."

En clair, concluera-t-il, bien de Burkinabè sont aujourd’hui des hommes dévalorisés, "frelatés comme les alcools qu’ils ingurgitent" menaçant ainsi l’intégrité dans la patrie des "Hommes intègres". Il ne tient qu’aux Burkinabè eux-mêmes d’en prendre conscience et d’aller à l’école de la citoyenneté. Les pouvoirs publics eux devraient de plus en plus favoriser aux citoyens burkinabè une bonne éducation, une bonne formation, une bonne santé, de même qu’une bonne protection de leurs droits.

Ismaël BICABA (bicabai@yahoo.fr)
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