Actualités :: Précampagne présidentielle : L’opposition s’investit, la majorité (...)

A un peu plus d’un an de l’élection présidentielle, une échéance capitale pour la démocratie burkinabè, Sidwaya propose un "voyage" au sein des différentes forces en présence. Zoom sur ceux qui pourraient en être les principaux protagonistes.

A scruter de nos jours, la classe politique burkinabè, un constat se dégage d’emblée. L’opposition, toutes tendances confondues, ne semble pas présenter les signes à même de faire d’elle, une "alternance alternative" selon ses propres termes. Divorces fracassants coups bas, peaux de banane y sont les "vertus" les mieux partagées.

Et les propos de Nongma Ernest Ouédraogo tenus au 3e congrès de son parti (en substance le président Ouédraogo fustigeait "les comportements divisionnistes, les divergences, les scissions...") peuvent être étendus à toute l’opposition. De la querelle ouverte des libéraux qui a abouti au départ de maître Hermann Yaméogo de l’ADF/RDA aux rivalités sourdes sur fond de succession qui minent le PDP/PS du professeur Ki-Zerbo, sans oublier "le combat des chefs", chez les sankaristes, presque rien ne va chez ceux qui veulent être les khalifes à la place des qualifes. Une attitude qui ne manque pas de surprendre si tant est que l’unité de l’opposition est chantée à longueur de journée par ses ténors qui invoquent les cas sénégalais, kenyan... pour mettre fin au "régime monarchique" (sic) de Blaise Compaoré.

Une campagne mal engagée

L’imminence de la présidentielle de 2005 n’est sans doute pas étrangère à cette résurgence et cette exacerbation des "maladies infantiles" de l’opposition (depuis l’époque de la CFD en 1991, c’est toujours la même chanson) qui, paradoxalement, semble se tromper de combat à l’orée de celle-ci. Au lieu de s’engager sur des programmes réalistes et cohérents à même d’emporter l’adhésion des masses, l’opposition a fait de "l’impossibilité" de la candidature de Blaise Compaoré, son cheval de bataille.

Un débat inutile si tan est que c’est le Conseil constitutionnel qui est seul juge de la légalité des candidatures des futurs impétrants. Et puis, comme l’a rappelé fort opportunément le chef de file de l’opposition, Gilbert Ouédraogo qui était le dernier invité de la Rédaction de Sidwaya, (nous reprenons l’esprit), le nouvel article 37 ne s’est encore appliqué à aucun Burkinabè. Il ne sied donc d’écarter personne, la loi nouvelle ne disposant que pour l’avenir.

Du reste, Halidou Ouédraogo, "patron" des droits humains au Burkina Faso et éminents juriste, avait déjà tranché la question en indiquant que "Blaise Compaoré pouvait se représenter en 2005". Dans la bouche de cet homme que l’on disait être pour tout ce qui est contre Blaise Compaoré et contre tout ce qui est pour le même Blaise, c’est un argument de poids, ce qui lui a valu du reste une volée de bois vert de la part de certains opposants.

Quant à Monseigneur Jean-Marie Compaoré, archevêque de Ouagadougou, qui a eu "l’outrecuidance" de s’engager (en tant que citoyen) dans le débat, il a aussi reçu sa part de "coups" certains opposants lui ayant gentiment conseillé de s’occuper de ses "ouailles". Et c’est en cela, et la modestie de l’homme d’église dût-elle en souffrir, que nous pensons qu’il s’exprimait aussi en sa qualité d’évêque. Faut-il le rappeler, l’Eglise combat toutes les formes d’intolérance. Or, la première manifestation de celle-ci est le refus de l’expression plurielle et de la différence. A posteriori, Monseigneur Jean-Marie Compaoré a dû être conforté dans sa position, car, on ne dirige pas un pays, la diatribe à la bouche.

Et Blaise dans tout ça ?

Pendant ce temps, le principal "sujet" de tout ce toutim, Blaise Compaoré, observe un silence responsable et vaque à ses occupations d’homme d’Etat. Bien sûr, l’un de ses fidèles lieutenants, le ministre d’Etat Salif Diallo a affirmé qu’il "pouvait se présenter en 2005", mais jusque-là, c’est la bouteille à la mer quant à cette éventualité. Et, même si des comités de soutien "spontanés" à sa candidature naissent çà et là, cela ne traduit aucunement la volonté de l’homme d’aller au "charbon" une fois de plus.

Les signes les plus probants de son éventuelle candidature se retrouvent plus dans la politique de développement solidaire, credo de son septennat, et mise en œuvre quotidiennement par ses ministres. Et n’en déplaise à Salif Diallo qui dit qu’il "n’est pas en campagne pour le patron" lors de ses multiples tournées à l’intérieur du pays, il est à la campagne et le "pays réel" en ressent concrètement les effets. Petite irrigation villageoise, construction de barrages et retenues d’eau, installation de comités régionaux d’agriculture, dotation du monde paysan d’outils de travail performants, signature de conventions de financements, le "pays réel" ne s’est jamais senti aussi bien.

Au point qu’on parle de nos jours, d’excédents céréaliers à écouler, alors qu’il n’y a guère longtemps, la pénurie y était la chose la mieux partagée. Et comme le Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté a été révisé et renforcé, il sera difficile à l’heure du bilan de dire que le développement solidaire était un slogan creux.

Et comme le dernier congrès du parti majoritaire (le CDP) a resserré les liens en son sein, c’est une formation politique en ordre de bataille qui est prête à soutenir son champion jusqu’à la victoire. Pour autant, le combat n’est pas gagné d’avance car dans le camp de l’opposition, certains partis, tels le PDP/PS et l’ADF/RDA élaborent de vraies stratégies de campagne axées sur la "destruction" point par point, de ce qui a été entrepris depuis plus d’une décennie.

En sus, Gilbert Ouédraogo vêtu de ses nouveaux habits de chef de file de l’opposition, ne manquera pas de développer son programme de "libéralisme solidaire", (s’il est candidat) alors que Joseph Ki-Zerbo pourra lui, se targuer de n’avoir jamais flirté avec le camp d’en face. C’est dire que la présidentielle, si elle n’est pas appelée à révéler des coups de théâtre, n’en sera pas moins passionnante.

Boubakar SY
Sidwaya


Zoom sur des acteurs-clés de l’élection

A travers ce florilège de portraits instantanés, Sidwaya jette un aperçu sur les "gourous" de la prochaine élection présidentielle. Un tableau non exhaustif et qui pourrait évoluer avec le temps.

* Blaise Compaoré, "la force tranquille"

Alors qu’il est au centre d’une polémique ayant trait à l’impossibilité pour lui, de se présenter à la présidentielle, "l’enfant terrible" de Ziniaré observe un profond silence tout en vaquant à ses occupations. Désir de s’en tenir à ses obligations constitutionnelles sans doute, mais traduction surtout de la nature profonde d’un homme qui a toujours su observer un clame olympien même dans les moments de fortes turbulences. Et puis, n’en déplaise à ses détracteurs, son "sherpa" Salif Diallo travaille pour lui au niveau du pays réel. Ira-t-il au charbon pour autant ? Pour l’heure, l’homme d’Etat est au-dessus de la mêlée politicienne.

* Bénéwendé Sankara : la défense-attaque

Maître Sankara s’est engagé dans la politique comme s’il plaidait une cause. Entier, plein et prêt à pourfendre l’adversaire, l’avocat a choisi l’attaque comme moyen de défense. Une bonne stratégie qui le dessert par ailleurs, la politique étant par nature, par essence et par destination, le domaine du compromis, voire de la compromission. A preuve, certains de ses compagnons sont devenus d’irréductibles adversaires, ce qui n’a pas l’air de le gêner outre mesure. Il gagnerait cependant à maîtriser sa trop grande fougue.

* Gilbert N. Ouédraogo, le fils de son père

Le benjamin de premier lit du "duc du Yatenga" (surnom de son père Gérard Kango Ouédraogo) marche allègrement sur les traces de son géniteur. Entré très tôt en politique, il a su gravir les échelons pour être l’un des plus jeunes ministres que la République ait connus, avant d’être porté à la tête de la deuxième formation politique du pays, l’ADF/RDA. Affable, courtois, bien au fait de ses dossiers et de l’armature juridico-politique, Maître Ouédraogo fait son petit bonhomme de chemin, aidé et conseillé sans doute par son paternel. Fera-t-il mieux que ce dernier ? Là, c’est une autre question.

* Salif Diallo, le sherpa du boss

Fidèle parmi les fidèles du président Compaoré, le ministre Salif Diallo est devenu une pièce importante dans le dispositif de celui-ci. Après s’être imposé dans son fief du grand Nord en dépit de la rude concurrence de l’ADF/RDA, "propriétaire historique" des lieux, Salif veut donner une assise nationale à son patron à travers une politique agricole de proximité basée sur la performance. Il n’est pas loin de réussir, lui le juriste qui parle de l’agriculture comme un ingénieur agronome. Plus que son flair politique aiguise, c’est cette capacité d’immersion dans tous les domaines qui explique peut-être là, le secret de sa longévité ;

* Joseph Ki-Zerbo : le professeur est toujours d’attaque

A 84 printemps, l’éminent historien est toujours sur la brèche, haranguant ses troupes et pourfendant ses adversaires avec l’énergie d’un "teenager". Qu’est-ce qui fait donc tant courir le "vieux" ? L’idéal socialiste certainement, mais peut-être l’envie de combler un manque, lui, qui n’a jamais occupé les prestigieuses fonctions politiques que son "statut" lui permettait de convoiter. Que ce soit l’une ou l’autre des raisons, il faudra en tout cas, compter avec le PDP/PS à l’heure de la bataille.

* Roch Marc Christian Kaboré : l’affabilité faite homme

Le patron du parti majoritaire a mis ses troupes en ordre de bataille depuis le dernier congrès du CDP. Avec Salif, Simon, Fatou et les autres, le consensuel président est prêt à conduire son parti à une victoire éclatante et sans bavures. Et, s’il sait être affable, son récent coup de gueule contre des députés "égarés", en est la preuve sur le front des idées, tout comme sur celui de la politique politicienne. Avec sa capacité à ratisser large, il sera un atout de poids pour son camp.

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