Actualités :: Fraudes au BEPC : Le gouvernement promet des sanctions

La relance des activités de l’abattoir frigorifique de
Ouagadougou, l’adoption de règles en matière de sécurité en
biotechnologie et les fraudes qui ont émaillé l’examen du BEPC
ont constitué le menu du 14e point de presse du gouvernement
vendredi 18 juin dernier.

Les cas de fraude constatés mercredi 16 juin lors du
déroulement de l’examen du Brevet d’études du premier cycle
(BEPC), notamment par la circulation des corrigés des sujets de
mathématiques et de sciences physiques entre les mains de
certains élèves de la région du Centre a certainement jeté le
doute sur la sécurisation des sujets des examens de la session
2004. Actualité oblige.

Même après avoir décidé de la reprise
des épreuves incriminées dans la seule localité concernée par
"le pétrole", le gouvernement s’est senti obligé de revenir sur
cette question brûlante au sein de l’opinion. Comment est-on
arrivé là ? A qui la faute ?... Telles sont les principales
interrogations pour lesquelles les journalistes attendaient des
réponses fermes du ministre des enseignements secondaire
supérieur et de la recherche scientifique.

Mais jusqu’à l’heure où
se tenait la conférence de presse, Laya Sawadogo n’en savait
pas plus. Il a même préféré ne pas répondre à la première
question pour constater simplement que "le mal est fait. Le mal
est là... Il faut le guérir". Pour lui, il s’agit d’un problème
d’"insécurité psychologique" à l’instar de l’insécurité physique
que connaît l’ensemble de la société burkinabè. Pour ce qui est
des sanctions réservées aux auteurs directs et indirects, il a dit
attendre les résultats de l’enquête policière qui devrait être
bouclée ce lundi.

En attendant la viande saine pour tous

Le premier sujet à l’ordre du jour de la rencontre du
gouvernement avec la presse nationale a porté sur la relance
des activités de l’abattoir frigorifique de Ouagadougou (AFO).
Fermé en septembre 2000 suite à un bras de fer entre
syndicats de bouchers et autorités, cette infrastructure a été
finalement admise à une réhabilitation qui a duré d’octobre 2001
à décembre 2003. Une solution qui a coûté la bagatelle de 2
milliards 700 millions au budget de l’Etat qui entend rentabiliser
cet investissement en créant une société de patrimoine sous
forme de société d’Etat chargée de gérer l’ensemble du
patrimoine de l’établissement et une société mixte pour
l’exploitation du joyau.

En attendant son ouverture au public, le
gouvernement estime qu’il faut travailler à la sensibilisation de
tous ses partenaires afin de converger les intérêts des uns et
des autres vers la réalisation des nouveaux objectifs de l’AFO :
servir de la viande sécurisée et de bonne qualité aux
consommateurs et en produire à l’exportation. Pour ce faire, les
ministres en charge du commerce, Benoît Ouattara et son
collègue des ressources animales, Alphonse Bonou ont été
unanimes sur la nécessité de sensibiliser les bouchers à
adhérer aux nouvelles régles qui régissent l’accès à la nouvelle
infrastructure et d’appeler la ligue des consommateurs et
l’opinion en général à lutter contre l’abattage clandestin, source
de danger pour la santé.

Dès l’ouverture officielle de l’AFO, les
bouchers qui se sont établis dans les 4 aires d’abattage créées
à Ouagadougou suite à la fermeture de l’abattoir devront revenir
à la "maison". A en croire le ministre du Commerce, les taxes
d’accès devront tourner autour de 4200F contre les 2000
antérieurement. Le nouvel abattoir a une capacité de 20000
tonnes en 8 heures de tournage et dispose de 3 camions
frigorifiques de livraison.

Règles de sécurité pour OGM

Les règles nationales en matière de sécurité en biotechnique
adoptées mercredi dernier en Conseil des ministres pour
réglementer les Organismes génétiquement modifiés (OGM)
ont constitué le 2e sujet du point de presse . Selon l’esprit de
cette disposition, le gouvernement a voulu combler un tant soit
peu le vide juridique qui environne l’application des OGM et ses
dérivés dans le contexte burkinabé.

S’étant déclarés partants
pour cette technologie qui fait couler encore de l’encre et de la
salive, les pouvoirs publics estiment qu’il faut déjà en prévenir
les risques biotechnologiques, même si officiellement on en a
pas encore détecté.

Du reste, l’adoption de règles nationales
constitue aux yeux du ministre de l’Environnement et du Cadre
de vie, Laurent Sédogo, une conformation au protocole de
Cartagena ratifié le 25 avril 2003 par le Burkina Faso. En
attendant que les OGM s’appliquent à d’autres produits que le
coton, il a révélé que des partenaires américains se sont
engagés pour la formation d’une douzaine de chercheurs
burkinabé qui auront en charge la conduite de l’expérience
génétique et de ses applications, une fois de retour au pays.

Par Félix Koffi AMETEPE
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