Actualités :: Assane Somtoré minimise : « Ah bon ! ils veulent créer un parti ? (...)

Les 26 et 27 juin 2004, la CPS dont l’unité est mise actuellement à rude épreuve, organise son congrès. Dans l’entretien ci-après, le président national chargé à l’organisation du parti, Assane Somtoré, attaché d’administration scolaire et universitaire, nous situe non seulement sur les préparatifs dudit congrès, mais parle aussi du probable divorce au sein de la CPS.

Comment se passe l’organisation du prochain congrès de la CPS ?

Je voudrais d’abord vous remercier de l’occasion que vous nous offrez d’éclairer la lanterne de nos militants en particulier et de l’opinion en général sur l’organisation du IIIe congrès de notre parti qui, pour répondre à votre question, se déroule bien. Toutes les commissions constituées sont présentement à pied d’œuvre et en train d’abattre un travail de titan sur le terrain pour que cette rencontre soit une réussite. Et nous pensons être fin prêt pour les dates retenues à cet effet pour le déroulement du congrès.

Où se tiendra-t-il exactement ?

Le congrès se tiendra à Ouagadougou, plus précisément au Conseil burkinabè des chargeurs (CBC). L’ouverture est prévue pour le samedi 26 juin à 9 heures.

Combien de militants sont attendus à ce congrès et d’où viendront-ils ?

Plus de 3000 délégués sont attendus à ce congrès. Ils viendront de tous les départements des quarante-cinq provinces du Burkina Faso.

Pouvez-vous nous faire un exposé rapide du thème ?

Le thème retenu pour ce congrès est « Sankarisme et bonne gouvernance ». Que revêt ce thème ? Il n’est un secret pour personne que sous Thomas Sankara, le Burkina Faso, pays agricole et arriéré, vivait une démocratie directe, à ciel ouvert. Les élections à cette époque n’étaient ni truquées ni sectaires. Nul n’avait besoin d’attendre longtemps pour connaître les résultats d’un scrutin donné. Les Tribunaux populaires de la révolution (TPR) incitaient plus d’un à la loyauté et surtout au respect des biens de l’Etat. La lutte contre l’impunité avait commencé à s’intensifier de plus en plus. Au plan économique, tout le pays, on se souvient, était devenu un vaste chantier. C’est sous l’ère de la révolution que les secteurs comme la santé et l’éducation ont connu un essor certain.

En effet, c’est à ce moment que les Centres de santé et de promotion sociale (CSPS) ainsi que les Postes de santé primaire (PSP) ont connu leur printemps. On ne peut pas non plus oublier l’éducation qui était devenue plus accessible avec la baisse des frais de scolarité et la solidarité qui avait été organisée autour, et l’organisation de la tombola « Instruisons nos enfants » en était une illustration. Les indicateurs des secteurs formel et non formel étaient ouverts pour la plupart aux secteurs des arts et de la culture, dont la Semaine nationale de la culture est une émanation, et connaissaient également un certain boom.

Bref, avec cette dynamique, toutes les contrées avaient commencé à connaître un mieux-être. Le discours politique devenait de plus en plus crédible et accessible parce que simplifié à travers des slogans, tels que « Produisons ce que nous consommons, consommons ce que nous nous produisons », « Vivre avec les masses, vaincre avec les masses » pour ne citer que ces slogans-là. Voici donc résumés les points focaux du thème de notre IIIe congrès.

Le congrès va se tenir à un moment où l’unité n’est pas de mise à la CPS. Cela ne va-t-il pas accentuer la fracture ?

Ce congrès comme nous l’avons souligné dans nos communiqués à l’adresse de nos structures de base, c’est un congrès de dynamisation et de renforcement des acquis du parti. Nous ne pensons donc pas que ce congrès soit une occasion d’accentuer la fracture.

Les membres du SEP, qui avaient été suspendus, seront-ils du congrès ?

Permettez-moi d’apporter un petit rectificatif à ce niveau. A notre connaissance, c’est un seul camarade, en l’occurrence Harissou Siénou, qui a été suspendu. Pour répondre à votre question, je dirai que tous nos camarades qui, conformément aux textes du parti peuvent participer au congrès, doivent avoir reçu chacun à l’heure actuelle leur convocation. Je rappelle pour le cas de Harissou Siénou, que selon nos textes, tout camarade suspendu n’est pas autorisé à prendre part aux activités du parti.

Au fait, pourquoi avoir transmis à certains leur convocation par voie d’huissier ?

Nous avons choisi d’envoyer nos convocations par voie d’huissier là où cette possibilité existe. C’est là une précaution pour s’assurer que les convocations parviendront à leurs destinataires.

Certains de vos camarades soutiennent que le président à lui tout seul n’est pas habilité à arrêter « la forme et le contenu » du congrès. Qu’en est-il exactement ?

Ecoutez, les camarades auxquels vous faites allusion sont libres de dire ou de penser ce qu’ils veulent. Nous ne pouvons pas les en empêcher. Seulement, comme le prévoient les textes, le président est habilité à convoquer le congrès. Et c’est ce qu’il a fait. Mais, contrairement à ce que soutiennent nos détracteurs, le président n’a pas arrêté « la forme et le contenu » du congrès. La préparation de cet aspect de la rencontre incombe au bureau politique national par le biais du secrétariat exécutif permanent (SEP). En tout cas, présentement les membres du SEP, dont ma personne, de manière collégiale sont en train de s’activer sur tous les volets de la rencontre. Rien n’est arbitrairement fait.

Vos contempteurs estiment que Nongoma Ernest Ouédraogo va rassembler ses amis et ses parents pour se faire plébisciter à la tête du parti. Qu’en dites-vous ?

La CPS n’est pas un parti ni parental ni ethniciste ni sectaire. En d’autres termes la CPS n’est pas un parti constitué d’amis ou de parents de son président Ernest Nongoma Ouédraogo. Elle réunit des gens qui partagent les mêmes idéaux. Je ne vous en dirai pas plus. Nous vous donnons rendez-vous les 26 et 27 juin prochains pour nous apprécier. Soit dit en passant, je suis originaire du Bam, mais je n’ai aucun lien de parenté avec le président. Et nous sommes nombreux dans la CPS à ne pas être originaires du Passoré ou de Tèma-Bokin, le natal du président du parti !

Savez-vous que Fidèle Kientéga et les autres préparent le congrès constitutif d’un nouveau parti pour le week-end ?

C’est vous qui venez de me l’apprendre. Et là-dessus je n’ai aucun commentaire à faire.

Ne pensez-vous pas que le divorce est définitivement consommé avec ces derniers développements ?

Divorce d’avec qui ? Et si cela arrivait, serait-ce une première au Burkina ? Vous savez bien d’ailleurs que l’histoire récente des partis politiques de notre pays nous a offert des scissions, des départs, des arrivées et j’en passe. Peut-être que c’est ça aussi la démocratie. Voilà ce que je peux vous dire sur cette dernière question.

Propos recueillis par Hamidou Ouédraogo
L’Observateur

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