Actualités :: REN-LAC : combattre la corruption politique

Transparency international a consacré son rapport mondial
2004 au phénomène de la corruption politique. A la veille des
échéances politique de 2005 au pays des Hommes Intègres, le
REN-LAC propose une réflexion sur la « corruption politique ».
Question d’attirer l’attention des leaders politiques Burkinabè
sur le danger qu’ils font courir au pays s’ils adonnent à la
corruption politique .

Transhumance politique, division et scission de parti politique
par « l’achat » de militants et/ou de députés. Mais Quand la vie
politique est saine et transparente la paix sociale n’y gagne
t-elle pas ? Mais quand elle est empoisonnée par « les
affaires »…
La nouvelle association des parlementaires contre la corruption
créée à l’Assemblée Nationale s’attèle sans doute à éradiquer
cette forme de corruption dans leurs partis respectifs.

Qu’est-ce que la corruption politique ?

« La corruption politique est l’abus de pouvoir par les dirigeants
politiques à des fins personnelles, dans le but d’augmenter leur
pouvoir ou leurs richesses . La corruption politique n’implique
pas forcément que de l’argent passe d’une main à l’autre. Elle
peut prendre la forme d’un trafic d’influence ou d’octroi de
passe-droits qui empoisonnent la vie politique et menacent la
démocratie.
La corruption couvre un large éventail de crimes et d’actes
illicites commis par les dirigeants politiques avant, pendant et
après leur mandat. On ne doit pas la confondre avec la petite
corruption ou la corruption administrative, car elle est perpétrée
par des hommes politiques ou des élus qui ont été investis de
l’autorité publique et qui ont la responsabilité de représenter
l’intérêt général. La forme de l’offre dans la corruption politique -
les pots-de-vin versés aux hommes politiques - est aussi un
aspect important de cette problématique qu’il ne faut pas
ignorer ». C’est ainsi que Transparency International (TI) donne
sa compréhension de la corruption politique.

L’impact de la corruption dans un pays

Transparency - International poursuit : « La corruption politique
constitue un obstacle à la transparence dans la vie publique.
Dans les démocraties bien établies, le fait que les populations
ne croient plus à la politique et ne font pas confiance aux
hommes politiques ni aux partis remet en cause les valeurs
démocratiques. Cette tendance s’est renforcée avec le nombre
d’affaires de corruption révélées au cours de ces dix dernières
années.
Dans les économies en transition et en développement, la
corruption politique menace la viabilité même de la démocratie
car elle fragilise les institutions les plus récentes.
La mise à nu de la corruption politique ébranle souvent la
société. Or en dépit, de l’existence d’une justice relativement
indépendante, il s’avère difficile de faire juger ou condamner
certains dirigeants soupçonnés de corruption. Dans la plupart
des cas, c’est après le départ ou la mort de ces dirigeants que
leurs crimes sont révélés. TI a établi une liste des personnes
soupçonnées d’avoir détourné des fonds, de Sani Abacha à
Suharto avec une indication des sommes qui auraient été
volées. Cette liste nous rappelle avec force jusqu’à quel point
ces abus peuvent être massifs et dévastateurs.

Ce tableau ci-dessus (voir tableau) donne une idée de
l’étendue du problème de la corruption politique sur la base des
estimations de l’argent qui aurait été détourné par certains
dirigeants les plus connus, ayant exercé au cours des vingt
dernières années. Pour mettre ces chiffres en perspective, la
colonne de droite indique le PIB par habitant de chaque pays.
Les dix dirigeants dont les noms figurent sur la liste ne sont pas
nécessairement les dix plus corrompus de la période en
question, et les estimations fournies sont très approximatives.

Ce tableau a été réalisé sur la base de données provenant de
sources fiables et largement accessibles. En général, on sait
très peu sur les montants que de nombreux dirigeants ont
détournés. Des dirigeants au pouvoir peuvent dissimuler des
fonds plus importants.

Leaders politiques doivent montrer mains propres

A la question de savoir si les citoyens pouvaient, d’un coup de
baguette magique, éradiquer la corruption juste dans une
institution, laquelle choisiraient-ils, la majorité préfèrerait
nettoyer les partis politiques. Le message est clair pour les
dirigeants politiques qui veulent jouer un rôle essentiel dans la
vie publique de toute démocratie : les membres et les
responsables des partis doivent faire preuve d’une probité
absolue en toutes circonstances et en tous lieux, et les partis
eux-mêmes doivent avoir des pratiques internes transparentes.
Le milieu des affaires ressent également les méfaits de la
corruption politique.

Une étude réalisée par le Forum
économique mondial révèle que le milieu des affaires est
convaincu que les dons légaux ont une incidence non
négligeable sur la politique, que les pots-de-vin apparaissent
effectivement comme un moyen de réaliser des objectifs
politiques dans 20 % des pays étudiés, et que les contributions
politiques illégales sont des pratiques courantes dans près de
la moitié des pays étudiés .

La corruption politique est un indicateur du manque de
transparence mais également des préoccupations quant à
l’équité et à la justice : la corruption encourage des pratiques qui
bafouent les droits de l’homme et empêchent la satisfaction des
besoins humains. L’ancienne haut-commissaire des Nations
unies pour les droits de l’homme, Mary Robinson, affirme « que
la corruption empêche la participation à la vie politique et l’accès
à la justice ».

Le rapport mondial de Transparency International aborde la
corruption politique dans le processus politique et l’impact sur
la société a travers les domaines suivants : la réglementation du
financement politique ; la transparence des mouvements de
fonds en politique et l’application des lois sur le financement
politique ; les élections (notamment l’achat des voix) ; le secteur
privé (avec un accent particulier sur les armes et le pétrole) ; et
le jugement des abus de pouvoir, y compris la réduction des
conflits d’intérêts, la limitation des recours à l’immunité, la
procédure d’extradition et le rapatriement des biens volés.

Ce qu’il faut faire

Les différents mécanismes susceptibles de réduire la
corruption en politique vont de l’action citoyenne à la création de
nouvelles normes internationales telles que les Principes de
Transparency International sur le financement et les faveurs en
politique . Ces principes sont :

1) Les dons accordés aux partis politiques, aux candidats et aux
élus ne doivent pas constituer un moyen permettant d’obtenir
des faveurs personnelles ou politiques. Les partis et les
candidats eux-mêmes doivent pratiquer la transparence. Les
gouvernements doivent mettre en place une législation
adéquate en matière de conflits d’intérêts.

2) Les partis politiques, les candidats et les hommes politiques
doivent déclarer leurs biens et leurs revenus, ainsi que les dons
et les contributions en nature, sur une base annuelle mais
également
les élections, auprès d’une agence indépendante.

3) Des organismes publics de surveillance dotés des
ressources nécessaires doivent surveiller le respect des lois et
des mesures réglementaires. En collaboration avec les
tribunaux indépendants, ils doivent s’assurer que les
contrevenants répondent effectivement de leurs actes et sont
dûment sanctionnés.

4) Ses candidats et des partis politiques doivent bénéficier des
financements publics et des subventions, pour accéder aux
médias ; Il convient également d’encourager les petits dons et
les cotisations des membres ; de contrôler les dons personnels
importants et le soutien apporté par les entreprises et de
prendre des dispositions pour plafonner les dons.

5) Les candidats et les partis doivent bénéficier d’un accès
impartial aux médias et ces derniers doivent jouer un rôle
indépendant, libre de toute ingérence durant les campagnes
électorales et plus généralement dans la vie politique.

6) Les organisations de la société civile doivent avoir
l’opportunité de s’impliquer de manière active dans la promotion
d’une législation adéquate sur le financement politique et le
suivi de son impact sur la représentation politique.


Le REN-LAC se propose de publier vos réactions, vos
suggestions, vos dénonciations (si cela est conforme à la
déontologie et à l’éthique professionnelle). Vos critiques et
suggestions sont les bienvenues.
Pour toutes informations et suggestions contactez-nous à
l’adresse suivante :
Réseau National de Lutte Anti-Corruption (REN-LAC) 01 BP :
2056 Ouagadougou 01,
Tél. : 50 33 04 73, Email : renlac@renlac.org , site :
http://www.renlac.org
Tél. vert : (80 00 11-22).

Le REN-LAC

Chef de file de l’opposition : On ne se bouscule pas au (...)
Réconciliation nationale : « Peut-on juger le dossier de (...)
Vie politique : Le mouvement « Agir Ensemble » planche (...)
Bobo-Dioulasso : Le CGD mobilise les forces politiques (...)
Politique : Le parti du Réveil patriotique du Faso (...)
Réconciliation nationale : Le parti « La Marche pour la (...)
Commune de Loumbila : « Nous avons 31 villages et une (...)
Conseil des frontières : Les membres se concertent à (...)
Justice au Burkina : « Construire ensemble l’Etat de (...)
Rencontre statutaire avec le Conseil supérieur de la (...)
Commission de l’Informatique et des Libertés : La (...)
Cadre de concertation du CFOP : Eddie Komboïgo invite (...)
Nécrologie : Le MPP pleure la mort de Martin Gustave (...)
Burkina : Le président du Faso rencontre le Conseil (...)
Aziz Dabo, vice-président de la NAFA : « Il faut toujours (...)
Politique : L’UNIR/PS déclare son appartenance à la (...)
Réconciliation nationale : L’impunité ne sera pas (...)
Burkina : « Chacun est porteur d’une responsabilité pour (...)
Vie politique : Un ancien ‘’élément’’ de sécurité de Roch (...)
Burkina : La CENI offre 400 ordinateurs à l’Office (...)
Burkina : Le MPP appelle la classe politique et la (...)

Pages : 0 | 21 | 42 | 63 | 84 | 105 | 126 | 147 | 168 | ... | 10836


LeFaso.net
LeFaso.net © 2003-2021 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés