Actualités :: Politique nationale : La mue de Roch Marc Christian Kaboré ?

A la faveur de la clôture de la dernière session parlementaire, le président de l’Assemblée nationale a prononcé un discours d’un ton assez sévère vis-à-vis de l’opposition.

Le groupe parlementaire "Justice et démocratie" a été particulièrement épinglé. Roch Marc Christian Kaboré ne passe pas pour un leader politique à la bouche fendue, adepte du langage de faucon. Il passerait plutôt pour celui qui sait arrondir les angles, d’abord au sein de son parti, ensuite en dehors de son parti.

Aussi, plus d’un observateur surtout au sein de l’opposition ont-ils été surpris par les piques verbales qu’il a décochées contre l’opposition parlementaire. Un nouveau Roch se fait-il découvrir ? Celui du rire franc et ouvert à la limite du débonnaire va-t-il muer en celui du politique combatif et calculateur ?

Le discours de ce 31 mai est-il purement conjoncturel ou annonce-t-il la pugnacité nouvelle du président du parti majoritaire ? On pariera volontiers pour la mue car lors de sa conférence de presse, Roch Marc Christian Kaboré n’a pas non plus mâché ses mots vis-à-vis de l’opposition. Dans le passé, à bien des occasions, on a attendu en vain ce ton de fermeté qui sied. Souvent attaqué de toutes parts par l’adversaire politique, le CDP, dans bien des cas n’a jamais donné la réplique appropriée. Cette attitude du laisser dire n’a pas que des avantages ; elle a surtout beaucoup d’inconvénients notamment celui d’abandonner le terrain du débat politique à l’opposition.

C’est à croire que plus rien ne sera comme avant. En effet, on a vu un CDP résolument offensif pour défendre contre partisan et adversaire la proposition de révision du code électoral.

La même logique a prévalu certainement dans le discours du président de l’Assemblée nationale lors de la clôture de la session parlementaire.

Mais au-delà de défendre la nouvelle loi sur le code électoral, il y a dans les propos du président de l’Assemblée nationale comme un agacement par rapport à l’attitude irresponsable et irrévérencieuse des députés du groupe "Justice et démocratie".

Des élus, de surcroît leaders de partis politiques, peuvent-ils agir comme n’importe quel quidam ? L’opposition qui n’a de cesse de dénoncer le non-respect de la constitution par le pouvoir, qui crie à tue-tête haro sur la "république bananière" ne devrait-elle pas donner plus de hauteur à sa manière de contester ?

Elle ne convaincra personne que c’est en étant irrévérencieuse et prétentieuse à la limite du mépris des institutions républicaines que celles-ci se porteront mieux. Cette politique de soigner le mal par le pire est devenue récurrente chez elle d’où l’agacement compréhensible de ceux d’en face notamment le président de l’Assemblée nationale.

Le discours de Roch Marc Christian Kaboré peut également s’inscrire dans une stratégie d’offensive tous azimuts de la part du parti au pouvoir à un an des élections présidentielle et municipales. Tous les analystes s’accordent à dire que ces échéances seront âprement disputées. Certainement les plus disputées depuis la naissance de la IVe République (1991).

Dès lors, opposition et pouvoir, chacun affûte ses armes en espérant le faux-pas de l’autre. Le boycott intempestif des travaux en commission de l’Assemblée nationale, des sessions plénières et surtout la marche inutilement provocatrice des députés de l’opposition radicale sur le premier ministère avec leurs écharpes en badouilière sont autant de faux pas que leurs adversaires ne se sont pas gênés d’exploiter. "Il n’y a pas de salut en dehors de la république" a martelé Roch Marc Christian Kaboré.

On se souvient qu’avant le discours du président de l’Assemblée nationale, le groupe parlementaire CDP dans une déclaration mémorable à l’issue du vote de la nouvelle loi sur le code électoral avait fortement déconseillé l’opposition quant à toute action illégale notamment celle du boycott envisagé par Hermann Yaméogo pour marquer son désaccord sur la question. Roch Marc Christian Kaboré n’aura donc fait qu’enfoncer le clou. Et voici nos radicaux de l’opposition prévenus.

Toute opposition qu’elle est, elle a cependant une obligation de comportement dans le respect de la légalité et des institutions. Cette offensive du patron du CDP au moment où l’opposition a épuisé ses cartouches contre la candidature plus que probable de Blaise Compaoré, laisse penser que la pré-campagne est ouverte. Les deux camps, pouvoir et oppositions, affûtent chacun ses armes. 2005 ne sera pas du tout repos en matière politique. Pourvu que la campagne se mène dans les règles de l’art !

Djibril TOURE
L’Hebdo

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