Actualités :: MPS/Parti fédéral : Des amazones en selle

L’Union des femmes socialistes (UFS), telle est la dénomination d’une structure dont vient de se doter le Mouvement du peuple pour le socialisme/Parti fédéral (MPS/PF) à l’issue de la première conférence de femmes du parti les 4 et 5 juin 2004 à Ouagadougou.

Le MPS/PF, après la création de l’Union de la jeunesse socialiste (UJS) et la 1re conférence de ses cadres, a créé, le 5 juin 2004, l’Union des femmes socialistes (UFS). De l’avis d’Emile Paré, président du MPS/PF et de l’Opposition burkinabè unie (OBU), la création de cette structure vient achever les fondations de l’édifice MPS en construction et il ne restera désormais que le travail militant pour faire rayonner les différents pans structurels du parti sur tout le territoire national.

Le bureau de l’UFS, présidé par Mme Yago Martine, comprend un secrétariat permanent de 15 membres, basé à Ouagadougou, 13 présidentes régionales et 45 présidentes de sections provinciales ; soit 73 membres. Des « combattantes », selon les termes de Paré, et des "amazones" selon Laurent Bado, sur lesquelles le MPS/PF compte pour conquérir la gent féminine du Faso. L’UFS entend faire la différence avec les unions féminines des autres partis. Et le président Emile Paré d’insister en disant qu’elles doivent se distinguer des associations féminines créées par le pouvoir du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP).

L’UFS doit, a-t-il dit, se montrer sérieuse en s’engageant à des luttes nobles ; « surtout en ce moment où le régime CDP est en train, insidieusement,d’appliquer « la politique moboutiste de la femme dans notre pays : les femmes burkinabè confinées au rôle de danseuses de kigba, d’objets de décoration lors des cérémonies, de mannequins, d’exhibitions de corps au cours de défilés de mode ; et ainsi « l’Afrique danse » au lieu de s’occuper de volets primordiaux de développement.

Un message qui semble avoir été bien compris par Mme Yago Martine. Elle a invité les femmes à se départir de la politique spectacle en oeuvrant à débarrasser les femmes d’ici et d’ailleurs des lourds fardeaux qui pèsent sur elles. « Pas d’espoir pour les femmes tant qu’elles seront toujours considérées comme des mineures », a-t-elle dit, avant de conclure que le champ est prêt et qu’il ne reste qu’à l’exploiter.

Les encouragements aux femmes du MPS/PF

Laurent Bado, président du PA.RE.N et 1er vice-président de l’OBU, ainsi que le président de l’UJS, Ousmane Lingani, ont adressé leurs encouragements aux femmes du MPS/PF. Pour Bado, les femmes du MPS/PF ont choisi la juste voie, contrairement à d’autres qui ont opté pour la voie de la facilité. Avec l’OBU et le MPS/PF, « C’est un sillon nouveau qu’on veut creuser ». Le pays est pauvre et ce sont surtout les femmes qui en souffrent le plus, car les enfants restent avec elles et c’est à elles qu’ils réclament à longueur de journée à manger. « L’homme par contre est un voyou par naissance et par vocation ; il se promène partout dans les cabarets, va parfois manger chez ses amis et rentre tard, au moment où les enfants dorment, pour roter à l’intérieur de la maison » sans se soucier de savoir si ces derniers ont eu quelque chose à se mettre sous la dent. Les femmes méritent une situation meilleure, a déclaré Emile Paré, surtout qu’elle sont la couche la plus électrice du Burkina, selon les statistiques. D’où, pour Paré, le choix de son parti d’accompagner les femmes dans la lutte pour leur émancipation en les plaçant dans leur rôle de 1er plan dans le développement du Burkina.

Emile Paré et « l’opposition vraie »

L’événement a été aussi l’occasion pour le MPS/PF de s’exprimer sur les débats de la précampagne en cours qui, selon Paré, a démarré depuis un an avec des séries de cérémonies du côté du pouvoir CDP : pose de 1re pierre, coupe de ministre, de député par-ci, incitation à la scission, à la démission à la translation de député par-là. Il n’a pas manqué non plus de dénoncer le CDP, qui a, à ses dires, remis en cause les réformes consensuelles de 2001 avec la modification du code électoral consensuel.

Mais cette attitude du CDP, trouve-t-il, n’est pas surprenante. Ce qui l’est, c’est celle d’une certaine fraction de l’opposition qui, selon lui, semble avoir perdu les pédales en divisant, à 18 mois de la présidentielle, l’opposition « en opposition vraie, en opposition gâteau » ou en cheval de Troie ; cela, du fait des divergences apparues sur la voie à suivre pour une alternance au Faso en 2005.

Pour l’OBU, le candidat consensuel de l’opposition pour 2005 doit être le moins comptable de la gestion des deux mandats de Blaise Compaoré. Après tout, Emile Paré affirme qu’« à défaut d’une candidature unique de l’opposition signataire du mémorandum sur l’article 37, l’OBU présentera un candidat qui portera son programme alternatif de gouvernement ». A 18 mois, a-t-il dit, l’étape du choix du candidat n’est pas à l’ordre du jour. En attendant, on mène un travail collégial au sein de l’OBU.

Hamidou Ouédraogo
L’Observateur Paalga

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