Actualités :: Burkina Faso : « Cessons nos égoïsmes et pensons collectif », invite le Premier (...)

Le Premier ministre, Dr Apollinaire Joachimson Kyélèm de Tambèla, a échangé avec les autorités coutumières et religieuses de la région du Centre-ouest sur la situation nationale, ce jeudi 26 octobre 2023, à Koudougou. C’était en marge de la 4ème édition du Salon Régional de l’Artisanat (SARA).

Pour sa première visite à Koudougou, depuis sa nomination au poste de Premier ministre, Dr Apollinaire Joachimson Kyélèm de Tambèla, a tenu à échanger avec les notabilités coutumières et religieuses de la région du Centre-ouest afin de leur présenter la feuille de route de la Transition axée sur plusieurs objectifs.

Selon lui, le premier objectif qu’il a qualifié de "priorité" pour la région du Centre-ouest en particulier, et pour le pays, en général est la lutte contre l’insécurité.

"Chacun peut revendiquer, mais il faut avoir à l’esprit que c’est parce que tu vis que tu peux revendiquer. Ceux qui sont morts ou ceux qui ont été contraints à fuir leurs villages, peuvent-ils se prévaloir de quels droits ?" a-t-il questionné.

Pour le Chef du Gouvernement, la principale préoccupation est de sauvegarder des vies humaines et de faire en sorte que ceux qui ont quitté leurs villages, en abandonnant les tombes de leurs ancêtres, leurs cultures et l’histoire de leurs sociétés puissent y retourner s’ils le veulent.

De plus, il a rassuré en indiquant que tous les moyens de l’État sont mis à contribution pour y arriver.

"Quand certaines personnes revendiquent, il faut qu’elles aillent d’abord sur le terrain pour voir la réalité. Quand on connaît la situation réelle du pays, il y a des choses qu’on ne peut pas comprendre de la part de certaines personnes",a-t-il fait savoir.

Et le Premier ministre de poursuivre : "A l’avènement du capitaine Ibrahim Traoré, notre armée avait peu d’armes et de munitions. Voilà pourquoi la lutte contre l’insécurité patinait et ne pouvait pas aboutir. Il nous était également difficile de commander des armes parce qu’étant un pays de la CEDEAO, il fallait son autorisation pour le faire. Il y avait des procédures qui rendaient cela difficile. Il nous a alors fallu passer par d’autres circuits pour nous alimenter en armements de qualité et moins chers. Voilà pourquoi, aujourd’hui, nous pouvons résister"

Dr Apollinaire Joachimson Kyélèm de Tambèla a aussi insisté sur le fait que les autorités de la Transition ne sont pas venues pour s’amuser mais pour le combat pour notre pays

A l’entendre, ce combat ne peut réussir que si nous arrivions à établir une certaine justice : justice dans l’équité, justice dans le partage des richesses.

"Il se trouve que des personnes, pendant des années, ont eu des traitements de faveur et elles ne sont pas prêtes à ce qu’on remette cela en cause. Je peux comprendre que les gens revendiquent pour une juste répartition des richesses. Le vrai combat doit être pour la justice sociale. Cette justice sociale doit comprendre toutes les couches de notre société. Il va falloir que nous cessions nos égoïsmes et pensions collectif, au lieu de penser, chaque fois individu. C’est ainsi que nous pourrons, ensemble, évoluer vers la prospérité et vers une plus grande cohésion sociale", a-t-il exprimé.

Le deuxième objectif de la Transition, a-t-il soutenu, est la diversification des partenariats.

"Nous nous sommes aperçus que tout seul nous ne sommes rien et nous sommes très fragiles donc nous avons cherché des appuis ailleurs. Pendant longtemps, nos pays ont évolué isolement et cela a montré ses limites. Dans un tel contexte, raisonner national n’avait pas de sens. Voilà pourquoi nous avons renforcé notre coopération avec le Mali et le Niger, et aujourd’hui les résultats sont tangibles", a fait savoir Dr Kyélèm de Tambèla.

Par ailleurs, il a affirmé qu’actuellement, certains terroristes ont proposé de négocier.

"Certains terroristes veulent déposer les armes, mais la position du Président de la Transition, le capitaine Ibrahim Traoré, est clair : On ne négocie pas, s’ils veulent, qu’ils déposent les armes mais à nos conditions. La lutte est devenue très dure pour les terroristes, surtout avec nos vecteurs aériens et nos moyens de renseignement, nos forces combattantes progressent de plus en plus. Cela parce que les armées du Burkina Faso, du Mali et du Niger travaillent de concert" a-t-il révélé.

Pour lui, la priorité c’est d’obtenir la paix pour nos populations et une fois que la paix sera revenue les gens pourront ergoter sur tel sujet ou tel autre.
Un autre objectif, de l’avis du Chef du Gouvernement, est celui de revoir notre modèle de gouvernance, à travers la réécriture d’une nouvelle Constitution.

"La Constitution est la loi fondamentale par laquelle le pays est gouverné. Il faudra faire en sorte que chacun se sente dans cette loi fondamentale et se sente concerné. Il nous faut trouver les voies de refonder notre société pour une implication de nos populations et pour une gouvernance vertueuse. Notre mission est de rendre le pays aux populations et de faire en sorte qu’il ne soit plus gouverné par une élite. C’est pour cela que nous voulons engager cette relecture de la Constitution. Vous serez engagés dans ce combat pour décider ce que sera notre société de demain.", a déclaré le Premier ministre.

C’est pourquoi, il a estimé qu’organiser les élections en juillet 2024, tel que le stipule la Charte de la Transition, "n’est pas possible parce que ça va être un éternel recommencent".

"Il y a eu une première Transition en 2015 où on a organisé les élections mais les mêmes problèmes ont continué. Il n’y a eu aucun changement. Pour éviter cela, nous nous sommes rendus compte qu’il faut changer les règles du jeu, qu’il faut changer de paradigme. Cela ne peut se faire dans la précipitation. Donc, il faut prendre le temps de jeter les bases de notre société pour ne pas, chaque fois, être obligés de recommencer", a-t-il fait comprendre.

Et de conclure : "Il nous sera difficile d’organiser les élections en juillet 2024, car nous ne savons même pas qui peut voter. Actuellement, beaucoup de personnes ont quitté leurs villages, le fichier électoral est difficile à établir, pour que les gens puissent aller voter et revenir, c’est tout un problème, pour que les candidats puissent se déplacer pour battre campagne, c’est tout un problème. Il faut donc assurer tout cela avant de parler d’élection".

DCRP/Primature

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