Actualités :: Burkina Faso : Le Pr Laurent Bado et les origines de l’actionnariat populaire

Lors de la conférence publique de l’APEC, dans la cité du « cavalier rouge » le samedi 26 aout 2023, le Pr Laurent Bado, est revenu sur d’où lui est venu l’inspiration de l’actionnariat populaire. Des personnalités politiques burkinabè comme Daniel Ouezzin Coulibaly, Thomas Sankara et Joseph Ki-Zerbo l’ont conforté dans sa conviction. Aux forces vives de la région du Centre-ouest, à travers quatre questionnements, Pr Bado a démontré que la seule voie de développement endogène du Burkina et de l’Afrique en général, c’est l’actionnariat populaire.

L’actionnariat populaire au Burkina Faso, ce n’est un secret pour personne, le Pr Laurent Bado en est le précurseur. Ce mode de développement endogène, il l’a expliqué dans plusieurs ouvrages et sur les plateaux télé, etc. De ses dires, étant fils de paysan, il a beaucoup suivi comment les villageois procédaient. « C’est de là, que vient mon actionnariat populaire. Je n’ai rien inventé. Parce que je suis un idiot de classe exceptionnelle », a-t-il ironisé.

Quelle voie devrons-nous prendre pour notre développement ? Quelles différences entre le modèle libéral, le modèle socialiste et le modèle traditionnel ? Comment adapter le modèle traditionnel de développement à l’économie moderne ? Qu’attendre du capitalisme populaire par l’actionnariat populaire ? Des questionnements légitimes posés par le conférencier et leurs réponses ont constitué les explications de la plus-value de l’actionnariat populaire.

En réponse à la première interrogation, le Pr Bado a replongé les forces vives de la région du Centre-ouest, dans les déclarations de grands intellectuels dans les années 1900. « Nous revendiquons le droit de trouver par nous même les moyens propres à attirer dans le calme, le développement de notre pays ».

Ce discours est de Daniel Ouezzin Coulibaly, ancien homme politique du Burkina Faso, le 20 mai 1958, devant l’Assemblée territoriale. Revenant sur cette interpellation, Pr Bado a confié que c’est un chef d’Etat qu’il aime beaucoup. « Il n y a pas plus grand intellectuel que cet homme. Méfiez-vous des intellectuels. Aimez les gens intelligents. Car les intellectuels sont les gens qui posent les vrais problèmes de la société », a-t-il conseillé.

Il cite également Thomas Sankara qui a dit de produire et de consommer burkinabè. « Ensuite il y a le plus grand intellectuel burkinabè, Joseph Ki-Zerbo, qui a beaucoup développé des thèses allant dans ce sens. Et moi Laurent Bado, je suis venu avec le communautarisme ou grégarisme africain qui a été loué par des grands intellectuels du monde », a-t-il indiqué.

Les forces vives de la région du Centre-ouest sont sortis nombreux pour la conférence publique

Même des intellectuels occidentaux ont reconnu que le mal africain, c’est l’état mimétique, c’est-à-dire, la reproduction mécanique dans les sociétés africaines, des modèles étrangers qui ne peuvent pas prendre en compte les dynamiques internes des peuples. Il y a aussi une autorité morale, le Pape Jean Paul 2, qui a dit à Cotonou, lors de sa visite : « Ne vous laissez pas séduire par le règne de l’individualisme. N’imitez pas des modèles français. Restez vous-même ». C’est tout cela qui prouve, et a conforté le Pr Laurent Bado dans sa volonté de véhiculer les valeurs de cette doctrine.

Selon le conférencier du jour, le modèle libéral, existant depuis la révolution française est fondé sur la liberté individuelle dans le groupe. C’est l’homme au détriment du groupe. Chacun poursuit son intérêt et cela n’a rien à voir avec nos valeurs. Le modèle socialiste, quant à lui, est contre la liberté individuelle. On met le groupe au-dessus de l’individu. C’est le « un pour tous ».

Le modèle traditionnel qui existe en Afrique, est basé sur la solidarité. Conséquence : l’individu et le groupe sont à côté. « Au moment où je suis en train de vous parler là, les 28 premiers milliardaires du monde, ont entre leurs mains, l’argent de 3,5 milliards d’hommes, la moitié de la population humaine. Vos trouvez ça normal ? », s’est-il offusqué. A la question de savoir comment adapter le modèle traditionnel de développement à l’économie moderne, le Pr Bado a proposé de révolutionner le secteur agro-pastoral.

« Plus jamais la daba. Il faut substituer le capitalisme populaire au capitalisme privé exploiteur et au capitalisme d’état exploiteur, c’est ce que j’ai proposé », a-t-il expliqué. Qu’attendre du capitalisme populaire par l’actionnariat populaire ? Une chose est sûre, si les deux idéologies ne meurent pas, nous cheminons vers une troisième guerre mondiale, a prévenu le Pr Laurent Bado.

Obissa Juste Mien
Lefaso.net

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