Actualités :: Burkina : « Juridiquement, nous ne sommes pas en guerre… On a peur de se (...)

Dans la communication qu’il a donnée sur « Les libertés démocratiques au Burkina Faso : état des lieux et quelles initiatives pour la consolidation » à la faveur du dialogue démocratique sur la situation socio-politique et sécuritaire au Burkina Faso organisé par le Centre pour la gouvernance démocratique (CGD) et ses partenaires, mardi, 4 juillet 2023 à Ouagadougou, Dr Aboubacar Sango a expliqué que malgré la situation sur le terrain, le Burkina Faso n’est pas, juridiquement, en guerre. Une situation qui a, visiblement, des implications.

Le juriste et enseignant-chercheur venait ainsi de partager cette déclaration technique de Pr Abdoulaye Soma dans la communication inaugurale de cette journée et qui a suscité des réactions d’étonnement dans la salle : ‘’Aujourd’hui, si vous demandez à quelqu’un est-ce que le Burkina Faso est en guerre, la réponse c’est ‘’oui’’. Pourtant, officiellement, et juridiquement, on n’est pas en guerre. Mais nous posons des actes de guerre. Quand on est en guerre, on est en droit de tuer. Mais quand on n’est pas en guerre, on n’a pas le droit de tuer. Or, aujourd’hui, on communique officiellement sur les cadavres que nous faisons …(il demande qu’on mette en adéquation la situation sur le terrain et le droit : ndlr)’’.

Amorçant son analyse, et en réponse à la préoccupation d’un intervenant sur le sujet, Dr Aboubacar Sango a d’abord relevé que « l’état d’urgence » pose problème de par ses reconductions. « Il est censé être une mesure dérogatoire, mais si ça devient une mesure permanente, on n’est plus dans l’état d’urgence. (…). Et personnellement, la reconduction pose problème. Voilà pourquoi, il faut une évaluation pour s’assurer que l’état d’urgence est adapté à la lutte contre le terrorisme », examine l’enseignant (l’état d’urgence est décrété dans huit régions du pays https://lefaso.net/spip.php?article120383 : ndlr).

Fort de ce contexte, Dr Sango tranche : « en tant qu’administrativiste, si je me fonde sur le fait que c’est l’état d’urgence qui est décrété, je répondrai que nous ne sommes pas en guerre (parce que la loi dit que l’état d’urgence est décrété lorsqu’il y a une calamité). Par contre, l’état de siège est déclaré lorsqu’il y a une insurrection armée ou lorsqu’il y a une attaque étrangère. Donc, compte-tenu du fait que le régime (juridique : ndlr) que nous avons décrété est un régime qui se rapporte davantage à une situation de non-guerre, je répondrai que nous ne sommes pas en guerre, au sens juridique ».

Dr Kassem Sourwèma qui a développé le thème sur "Processus de transition au Burkina Faso : vers les possibilités d’une marche consensuelle », évoque la nécessité d’un consensus confortable autour des réformes, pour les protéger d’une remise en cause par le pouvoir à venir.

De l’avis de Dr Aboubacar Sango, cette situation invite à réfléchir sur le phénomène que vit le pays. « Est-ce du terrorisme, de l’insurrection … ? On a peur de se poser ce type de questions. Mais si on ne pose pas ce type de questions pour avoir les bonnes réponses, on ne pourra pas utiliser les ressources adaptées », commente le panéliste Aboubacar Sango, enseignant-chercheur à l’Université Thomas Sankara.

Oumar L. Ouédraogo
Lefaso.net

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