Actualités :: 2004 : Veillées d’armes électorales

L’année 2004 s’ouvre avec des enjeux politiques capitaux pour l’évolution du processus démocratique en cours au Burkina. Notamment avec les grandes échéances électorales en vue, présidentielle 2005 oblige. En ce début d’année et de veillées d’armes politiques, regard "critique" sur nos us et coutumes politiques et vœux à l’attention de la classe politique burkinabè.

2004 est là. Après la fête, ô combien arrosée, notamment par les Burkinabè des villes, l’heure est aux réalités quotidiennes : le social, le culturel, l’économique... le politique.

De politique, parlons-en. D’autant plus qu’avec 2004, le temps des veillées d’armes électorales a sonné. Prochaines échéances pollitique obligent. La présidentielle de 2005 en toile de fond.

Celle-ci devant sans doute connaître la participation de divers candidats issus de formations politiques aussi bien anciennes que "nouvelles".

La moitié de cet éventail probable, dispose au mieux d’une assise nationale réelle, une notoriété populaire et un crédit (pour l’heure ?) incertain ou citadin. Chacun y va de sa méthode. Comme d’habitude, et pour préparer les régionales et la présidentielle, voire les communales, les uns et les autres ne manqueront pas de harceler, de duper et accabler par la thèse de la nécessité de la "transparence", du "tout - propre" démocratique.

Auprès de probables bailleurs de fonds ou des mentors officieux ou officiels, nationaux comme étrangers, "on" fera le tour pour quémander, au nom de la démocratie (?), afin de disposer du nerf de la guerre : l’argent (un peu pour la campagne, beaucoup probablement pour "ses" propres besoins...). Et pour preuve ? Même pour justifier l’argent public, reçu de l’Etat, nombre de partis politiques ont eu du mal à le faire face à la Cour des comptes. Cette image funeste de notre univers politique donne à réfléchir.

Des faits de nature à désillusionner l’électorat, voire le désenchanter. D’ailleurs, peut-il en être autrement quand on sait que dans notre classe politique, il est des politiques avec des attributs, des symboles et des fonds que personne ne connaît ; des "stratèges" politiques qui n’ont jamais cessé de vociférer et de clamer leur soi-disant "contribution" au processus de démocratisation du Burkina ; des alliances rédemptrices lancées par des personnes qui ne se tolèrent pas entre elles ; des opposants qui disqualifieraient d’autres opposants ; des candidats qui "fouinent" dans les urnes pour conquérir ce qu’ils n’ont pas pu remporter par leurs théories ; des partis politiques qui se dressent contre l’opinion publique mais qui se posent en porte-parole de l’expression citoyenne.

Et la liste est fort longue...

Négocier, céder, accorder, respecter, se compromettre...

Cependant, en dépit des mirages et des illusions ; on ne peut s’empêcher, désormais, en ce début de veillées d’armes politiques, d’exprimer des vœux politiques francs et loyaux, à l’aube de la nouvelle ère.

"Aux candidats de toutes les formations politiques" burkinabè, pour les échéances politiques à venir : devoir d’intrépidité, de grandeur et de valeur de ne plus se donner en spectacles dégradants et scandaleux aux prochaines croisades électorales ; les préparatifs vont déjà bon train et les premices ne sentent pas bon.

Que les manœuvres, l’opportunisme et le mépris des principes, ainsi que le caractère de marchandise secondaire et jetable accordé à la conscience d’autrui soient étouffés à jamais. A ceux qui sont encore pleins d’honnêteté, d’incorruptibilité et de décence minimales : battez campagne tels que vous êtes, comment vous comptez vous y prendre, sans surprise ni retournement de veste même une fois installés "au pouvoir".

"Aux partis politiques" : qu’ils nous disent ce qu’ils pensent réellement des grands problèmes de la nation et comment ils vont les panser. Tout sophisme mis à part ! Qu’ils nous renseignent, à cet effet, sur les voies vers lesquelles ils comptent réellement nous mener.

Nous sortirons tous gagnants de cet exercice d’honnêteté ; des leaders politiques cesseraient de se gausser de la naïveté et de la bonne foi citoyenne, faute de quoi, ils risqueraient de se retrouver nus, tôt ou tard, face aux pays. De grâce, des programmes !!!

Le ridicule est la pire des condamnations, à l’égard d’un politique taraudé par l’ambition. Surtout quand il s’agit d’une personne "intelligente" et connaisseuse des règles et des méthodes. Cela finit toujours dans les ornières de l’histoire.

Notre pari est que les échéances politiques à venir soient le lit d’une société burkinabè en crescendo démocratique, plurielle et tolérante où, la seule légitimité possible, doit être édifiée sur la base de scrutins sincères et honnêtes. Toute chose qui devrait constituer un socle de paix sociale, de consensus national autour de l’essentiel... le bien-être des populations burkinabè.

La raison d’être de la politique est de résoudre les différends, de trouver une solution aux conflits et de mettre en place des accords entre des collectifs d’intérêt et de valeurs distincts. Pour atteindre cet objectif, il se trouve des mots qu’on associe à la politique : négocier, céder, accorder, respecter, se compromettre...

Mais la valeur de la politique, c’est justement d’arriver à garantir l’équilibre. Celui qui s’avère être un point intermédiaire entre des positions apparemment inconciliables.

Sans politique et sans négociation, qui sont d’ailleurs synonymes, il ne peut y avoir de convivialité humaine.

Pour revenir à nos hommes politiques, à nos élus politiques actuels et à ceux de demain censés être nos représentants légitimes et authentiques, il faut leur enjoindre à prendre en compte, et en prédire, les intérêts de l’électorat qui les aura choisis. Ils devront, entre autres préoccupations, s’atteler à l’éradication définitive de la pauvreté extrême, devoir tout simplement humain qui tient à cœur à toutes les bonnes volontés. Pour s’attaquer à ce fléau, ils devront aider l’exécutif à s’appuyer surtout sur ce que l’on appelle le "capital humain" ; c’est-à-dire investir davantage dans l’éducation, la santé et l’alimentation des millions de Burkinabè pauvres et démunis.

Le poids de la citoyenneté, devenue de plus en plus exigeante et regardante, fera que les promesses électorales sortiront forcément de l’ambiguïté et de l’incertitude pour rejoindre l’arène de la pratique.

De plus, l’histoire nous rappelle que les candidats à toutes les élections se déclarent, de tout temps, optimistes et insouciants à l’égard de l’avenir. Quant à ceux qui sont raisonnablement réceptifs et honnêtes envers les grands problèmes du pays, ils ne sont généralement crédités que d’un faible pourcentage de voix.

Avaler fables politiques, salade démocratique et hyprocrisie sociale

Une telle dynamique mène de manière naturelle le citoyen à la promesse d’ascension aux cieux à condition qu’il vote pour tel candidat ou tel autre. A partir de cette évidence, il faut conclure que la volonté citoyenne, à force d’avaler tant de fables, de salade et d’hypocrisie sociale, est devenue cynique, voire soupçonneuse et extraordinairement réticente à l’égard de tout serment et de toute promesse. Elle en a déjà tant vu... Et ainsi se perd l’esprit citoyen.

Sur ce, et en attendant les joutes électorales, quelques réflexions de base à l’attention du gouvernement, susceptibles d’abriter le bien-être citoyen : l’association de tous les Burkinabè, d’en-haut comme d’en-bas au progrès, dans un Burkina d’opportunités généralisées ; la solidarité avec les plus démunis, des services publics efficients et des espaces de participation politique et sociale, le bannissement de la corruption qui gangrène encore le pays, la stricte application de la loi sans distinction, l’éducation civique dans l’éthique et la revalorisation morale, le respect absolu des règles pour une convivialité civilisée, l’utilisation des avancées technologiques, la généralisation de la conscience et l’ouverture de larges espaces aux minorités sans ressources, l’encouragement à l’investigation scientifique, la création d’espaces de participation démocratique pour la société civile, l’équité aux campagnes électorales, politique transparente de l’Etat pour la stabilité économique. Voilà qui, l’air de vœux en ce début d’année, à l’attention de notre illustre classe politique, doit être converti en objectifs politiques.

Car, ô combien tristes et désillusionnés serions-nous si, pour des problèmes de conscience, nous étions noyés dans un profond rêve d’ingénuité...

Ibrahiman SAKANDE (Email : ibra.sak@Caramail.com)
Sidwaya

Démembrements de la CENI : Les activités suspendues à (...)
Mouvement « C’est le moment » : Un ex-militant dénonce « (...)
Burkina Faso : Fatimata Sanou/Touré nommée médiateur du (...)
Message du président du Faso : « A partir de ce discours, (...)
Burkina : Le président essaie de reprendre la main face (...)
Burkina : L’opposition invite les forces de l’ordre à (...)
Situation sécuritaire au Burkina : « Oui, j’ai compris (...)
Situation sécuritaire au Burkina : Le RPI préconise la (...)
Situation sécuritaire au Burkina : « Les moments ne sont (...)
Burkina : Une démisson du président du Faso plongera le (...)
Lutte contre le terrorisme : Le RPD appelle à plus de (...)
Burkina : Trois partis politiques demandent à Roch (...)
Politique au Burkina : Le mouvement "C’est le moment" (...)
Inata ! : La grande honte de la grande muette (...)
Burkina : « Personne n’est indispensable…, pourvu que (...)
Assemblée nationale : Report de la séance plénière (...)
Conseil supérieur de la magistrature : Prendre des (...)
Dégradation de la situation sécuritaire au Burkina : La (...)
Drame d’Inata : Déclaration du président du Faso au sortir (...)
Burkina - Élections municipales de 2022 : Le conseil des (...)
Situation sécuritaire au Burkina : Le RDN invite les (...)

Pages : 0 | 21 | 42 | 63 | 84 | 105 | 126 | 147 | 168 | ... | 11298



LeFaso.net
LeFaso.net © 2003-2021 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés