Actualités :: Présumée tentative de déstabilisation : Le commandant Sié Remy Kambou (...)

Après avoir observé un temps de silence sur le dossier de complot contre l’Etat déjoué en octobre dernier, le commissaire du gouvernement près le tribunal militaire, Abdoulaye Barry a rencontré la presse vendredi 9 janvier 2004 au palais de justice militaire de Ouagadougou.

Plusieurs points étaient inscrits à l’ordre du jour, parmi lesquels l’état de la procédure engagée, les auditions, l’état de santé des détenus, le dossier Norbert Zongo.
Pour ce qui concerne l’état de la procédure relative au dossier de complot et d’attentat à la sûreté de l’Etat, il ressort qu’à ce jour il y a dix-sept (17) inculpés. Le dix-septième dont l’inculpation est intervenue le 2 janvier dernier est le commandant Sié Remy Kambou.

Il a été par la suite placé sous mandat de dépôt.

Les seize autres étant déjà connus du public ils n’ont pas fait l’objet de beaucoup de commentaire de la part du commissaire du gouvernement.

Le deuxième point a porté sur l’état des auditions des personnes notamment au sein de l’armée nationale.

"Il y a eu beaucoup d’auditions intéressant les officiers supérieurs de l’armée. Pour cela, une dizaine d’officiers supérieurs de l’armée ont été entendus en qualité de témoins en raison de ce qu’ils ont pu entendre et relativement à la préparation du complot", révèle Abdoulaye Barry. Répondant à l’une des questions des journalistes, il a par ailleurs précisé que même le général Kouamé Lougué (ministre de la Défense) a été entendu comme témoin. D’autres civils ont aussi été entendus et Abdoulaye Barry souhaite que le procès ait lieu le plus rapidement possible afin de situer les responsabilités.

La question de la trahison et des demandes de mise en liberté

Au cours de ce point de presse, il a également été question de la trahison pour ce qui concerne le capitaine Wali. Il lui est reproché d’avoir effectué des déplacements dans des pays étrangers précisément au Togo et en Côte d’Ivoire. Il importait donc pour le juge d’instruction, M. Francis Somda de faire des commissions rogatoires internationales en direction de ces deux pays afin de pouvoir étayer les informations relatives aux déplacements effectués par le capitaine Wali. Selon le commissaire Abdoulaye Barry ces commissions rogatoires ont été effectivement faites en direction des deux pays depuis le 1er décembre 2003. "A ce jour, note-t-il, une réponse de l’ambassade du Togo au Ghana montre que la commission a été belle et bien transmise aux autorités judiciaires de ce pays. Cependant, une réaction de la part de la Côte d’Ivoire est attendue".

Pour ce qui est des demandes de mise en liberté formulées par la plupart de détenus, on retient qu’elles ont toutes été rejetées par le juge d’instruction militaire. L’une de ces demandes notamment celle de Norbert Tiendrebéogo dont l’ordonnance de refus portant sur sa demande a fait l’objet d’un appel qui a été jugé le 6 janvier 2004. La chambre de contrôle du tribunal militaire a prononcé sur cet appel formulé par Norbert Tiendrebéogo. Elle a en effet confirmé l’ordonnance du juge d’instruction, à savoir qu’elle a décidé que Norbert Tiendrebéogo soit maintenu en détention.

L’état de santé des détenus

Selon le commissaire du gouvernement, un certain nombre de détenus ont eu à connaître des problèmes de santé bien que bénéficiant tous d’un suivi médico-psychologique. Certains d’entre eux ont développé des maladies plus ou moins sérieuses, à en croire Abdoulaye Barry. C’est le cas de Mimoungou qui souffrait de diabète chronique et qui est toujours à l’hôpital Yalgado Ouédraogo. "Son état de santé s’est amélioré, même si entre temps le docteur a dû procéder à une amputation d’un orteil qui développait déjà une gangrène", souligne Abdoulaye Barry.

Quant à Norbert Tiendrebéogo qui souffre de douleur au niveau de la jambe gauche, il doit subir une visite médicale dans un cabinet de neurologie pour définir exactement l’intensité du mal. Tous ces malades sont pris en charge au niveau du tribunal militaire.

Le dernier cas est celui de Abdoulaye Konfé. Celui-ci avait fait savoir auparavant qu’il avait des problèmes sur le plan psychiatrique. Il était suivi par un médecin à Bobo-Dioulasso où il était, jusqu’en 2002, année au cours de laquelle il avait plus ou moins, selon le commissaire du gouvernement, abandonné ce traitement. Actuellement, avec son arrestation et sa détention, M. Konfé souffre à nouveau de problèmes psychiatriques. Malgré les tranquillisants qui lui étaient administrés, les effets attendus ne se sont pas produits si bien qu’il sera pris en charge par un psychiatre.

Le commissaire Abdoulaye Barry a en outre évoqué l’inculpation de Me Prosper Farama par le juge d’instruction. Il lui était reproché d’avoir révélé ou violé le secret de l’instruction. Les procédures de son inculpation ont paru au parquet pas très légales.

Car selon le code de procédure pénale et le code de justice militaire, le juge d’instruction, lorsqu’il est informé de tel niveau, il doit communiquer le dossier au parquet qui doit faire des réquisitions s’il s’agit d’une infraction de droit commun, soit demander un ordre d’informer s’il s’agit d’une infraction relevant de la compétence du tribunal militaire. Cette procédure préalable n’avait pas été accomplie si bien que le parquet avait fait une requête à la chambre de contrôle pour demander l’annulation des actes d’inculpation de Me Farama.

Cette annulation a été prononcée à l’audience du 6 janvier 2004, et le juge d’instruction à partir de ces faits a donc régularisé la procédure en la faisant suivant les prescriptions du code de procédure pénale et du code de justice militaire. C’est ainsi qu’il a pu procéder à la réinculpation de Me Prosper Farama le 8 janvier dernier. Depuis cette date ce dernier est inculpé d’infraction de divulgation du secret de l’information.

Abordant enfin le dossier Norbert Zongo dont le seul inculpé pour l’instant est Marcel Kafando, le commissaire du gouvernement a mentionné que l’état de santé de ce dernier s’est beaucoup amélioré tout en précisant qu’il n’est pas pour le moment en mesure d’être entendu par le juge Wenceslas Ilboudo. Pour ce qui est des écrits de la presse sur les révélations faites par le sergent Babou Naon sur cette affaire, Abdoulaye Barry a affirmé qu’il a été entendu par le juge d’instruction les 19 et 26 décembre 2003 et ses déclarations sont très loin de ce qui a été relaté dans les journaux.

En réponse à une question relative à Reporter sans frontière (RSF) qui se dit disposé à venir à Ouagadougou pour montrer que Me Farama n’a pas été sa source d’information, Abdoulaye Barry a déclaré que des dispositions peuvent être prises pour entendre RSF. Mais conclut-il. "Ce qui nous intéresse c’est celui qui est dans la procédure et qui a divulgué l’information".

Enok KINDO
Privat Marie Désiré OUEDRAOGO
Sidwaya

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