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Fasobaromètre du 22 juillet 2015

23 juillet 2015, 08:12, par sidpawalimdé

A propos du discours sur la situation nationale ,Me SANKARA a dit du Président Michel KAFANDO : « Je crois que ce qu’il faut d’abord saluer et féliciter, c’est le langage de vérité direct que le chef de l’Etat a eu vis-à-vis de l’armée. C’est ce côté qui a d’abord plu aux Burkinabè ; de savoir qu’enfin, un chef d’Etat peut cracher ses quatre vérités sur l’armée dont la mission ce n’est pas de courir derrière des postes politiques » .
Pour tous qui connaissent le Président KAFANDO son courage est légendaire :
1. Tous ceux de la génération du Président, tous ceux qui sont de la doctrine sociale des religions monothéistes, et tous ceux qui sont pour la laïcité de l’Etat et la neutralité de l’administration publique notamment de son armée, lui reconnaisse ce courage. En ce qui concerne l’armée, le combat se mène sous le vocable de la démilitarisation de la vie civile et politique. Déjà en 1975, MiCHEL KAFANDO était de ceux là ont dénoncé la tentative de caporalisation du pouvoir politique par les militaires. En effet la transition suite au coup d’Etat du 8 février 1974 mettant fin à un régime dont le chef était lui-même en tant militaire le plus gardé, le Général LAMIZANA avait fait une déclaration solennelle de créer un Mouvement National pour le Renouveau (MouNaR)qui serait un cadre unique à expression plurielle. Ce combat là a abouti à la grève historique des 17 et 18 décembre 1975. Le MouNaR est ainsi mort né, mais n’a pas tué la volonté de la politisation militariste de la hiérarchie militaire, en tant tremplin pour le succès social. Aussi, on trouva une Carte d’un parti politique pour mon Général qui se présenta aux élections présidentielles de Mai 1978 sous ce label. Accusé d’incapacité du Général de satisfaire aux revendications sociales, les Colonels font la relève, en tout cas c’est le sous terme passation de service entre frères d’armes (entre militaires) de hiérarchie fraternelle (du général au colonel) et frère de sang (de san àsan ou de sale mossi (contraction :Samoga) à sale mossi. l’un dans l’autre, nous sommes dans le sillage militaire.
2. Survint la génération des militaires révolutionnaires, qui patriotes qui communistes à partir du Conseil de Salut du Peuple (CSP), regroupant des militaires de la classe moyenne d’une part et les hommes de rang à eux soumis d’autre part. que se rappelle que pour les sociologues, c’est classe moyenne qui est la reconnue capable et coupable des transformations sociétales ou révolutionnaires. Cette classe moyenne militaire adoptera la stratégie l’isolement d’abord puis la décapitation de la hiérarchie militaire d’une part, et une ouverture illusoire à des groupes civils d’autre part. nous disons ouverture illusoire parce que la réalité des débats se menait au niveau militaire, la résolution des contradictions aussi , comme l’atteste la mort de Thomas SANKARA sous le CNR et celle de LINGANI et HENRI ZONGO sous le Front Populaire d’une part, les interviews lors du 20è anniversaires du pouvoir de Blaise COMPAORE d’autre part. La militarisation du pouvoir prendra corps à partir par d’un certain slogan qui fera ravage : « un militaire sans formation politique est un assassin en puissance ». Ainsi depuis le CSP, naquirent deux camps au niveau de l’armée : Celui des militaires patriotes pour un retour à une vie constitutionnelle normale animé par le Président Jean Baptiste OUEDRAOGO, et l’opposé celui des militaires politiques engagés de la classe moyenne pour qui li n’y a de normalité vers laquelle tendre. Chaque camp avait ses soutiens dans la société civile. Ici aussi, le Président Michel KAFANDO s’était illustré dans la marche de soutien pour un retour à une vie constitutionnelle normale à coté d’autres tels Jean Pierre OUEDRAOGO no1 (paix à son âme) fondateur de la Direction de la Météorologie Nationale aujourd’hui Direction Générale de la Météorologie. Recherché par le camp gagnant et négateur des droits de l’homme, le président de la Transition alors Michel KAFANDO a mis en application cette philosophie François LOMPO du CNRST sur les adaptations aux changements climatiques : « FUIR S’EST ADAPTE ». En moré on dit : GNORE LA GUELLA autrement dit « ESPERE QUI VIVRA ». Ceci nous rappelle que la fuite ou l’émigration ou l’exil est un des droits fondamentaux de l’homme. A oui, que le Michel KAFANDO d’alors avait vu clair en ces temps de régime exceptionnel où les droits humains sont menacés. Toutes ces pertes en vie humaines confirmeront sa vision. La plus part de ces morts sont imputables ou supposées telles du volet militaire de la génération révolutionnaire notamment ceux formatés par un certain Centre National d’Entrainement Commando dont le Régiment de la Sécurité Présidentiel est le seul employeur et pourvoyeur de présidents ces trois dernières décennies. Si l’on suit la logique de ce régiment, même la mort est militarisée. En tout cas c’est la compréhension que nous faisons du classement de la mort du Président Conseil National de la Révolution (CNR) Thomas Sankara en problème purement militaire d’une part et du contenu de son certificat de décès : « mort de mort naturelle » d’autre part . Ceci pour nous dire que tous ceux des familles guerrières( GUEGUERE , TABSOBA ,KOUTABA, LEBZABRE )aux royaumes mossé qui meurent au front militaire, un militaire qui meurt par bale est mort de mort naturelle. Encore que Thomas SANKARA, dont le pistolet doré était son look, soit mort pour son engagement dans un combat de gladiateurs fraternels et dans un camp militaire, loin des regards de la société civile.
3. Michel courageux ? Nul doute, car sans ce courage, il n’aurait pas accepté diriger cette transition dont la figuration ressemble à du déjà vécu. L’attelage KAFANDO-ZIDA est identique à celui Jean Baptiste - Thomas SANKARA :
a. Le Président KAFANDO est un civil formaté aux valeurs démocratiques et n’a que ses paroles pour convaincre et vaincre, il a avec lui un militaire formaté aux ordres à exécuter sans plaintes ni murmures que plus d’un pense être en mission de réussir ou de mourir. Nous nous souvenons comme si c’était hier le récit des journaux sur le « ramener le » qui avait fait prendre les jambes au cou d’un gendarme, enquêteur dans le coup d’Etat manqué des OUALI-NAON ». En effet ce récit a relaté qu’en cours de route, les agents qui le ramenaient le gendarme se sont arrêtés pour un ravitaillement. C’est alors que notre gendarme, doutant d’une bonne appréciation de travail, s’est souvenu que « ramener le » , employé dans au Conseil de l’Entente, première base de la sécurité présidentielle avait une signification plurielle. Aussi, notre cher gendarme n’a trouvé mieux de sauter du véhicule pour une course-poursuite. Est-ce la peur de mourir qui justifie cette exclamation divine de ZIDA rapportée par Jeune Afrique ? "Montons, emparons-nous du pays, nous y serons vainqueurs ». Rien n’est moins sûr puisque qu’après le rappel à l’ordre en Décembre 2014, ZIDA a du réfugier chez le Mooro Naaba en Février 2015 quand il a été interpelé avant de faire appel aux Organisations de la Société Civile le 7 Juillet dernier. L’un dans l’autre l’histoire nous le dira.
b. Le Président Jean Baptisme, seringue en main face à un faucon comme THOMA SANKARA à arme au point. Le faucon a eu la bataille pas la guerre. la guerre étant la démilitarisation de la politique pour que tout puisse se jouer sur le terrain de la démocratie à partir de la culture de l’alternance constitutionnalisée (qui marque la victoire des pacifistes) ou le suffrage universel.
c. Comme l’on peut le remarquer le combat actuellement de Mba Michel se mène sur deux fronts : militaire et politique.
i. Sur le front militaire il s’agit de convaincre des militaires d’accepter être sous ordres d’un pouvoir civil. Ce qui n’est pas évident pour ces éléments du RSP convaincus de l’alternance de trois de leurs éléments au sommet de l’Etat en trois décennies, de la capacité d’usurpation de compétences d’autres corps de métiers et de nuisance. Tout est bon pour ce RSP pour la défense de leurs intérêts égoïstes dont ces subprimes de corruption qui les différencient des autres. les prises d’otages d’institutions y compris le président du Faso ( Avril 2011) illustrent bien nos propos. Cela n’est pas rien car toute idée d’une reforme pouvant les faires perdent leurs avantages de « merci Papa » et du « nez à nez » les rend enragés et ils se comportent en corps étrangers ou terrain conquis ici au Faso. Mais avec sa sagesse qui rime ici avec expérience de diplomate, le Président Michel KAFANDO a laissé le temps au temps qui a fait son œuvre. La stratégie du siège eu raison de l’irrédentisme du RSP :
1. siège par les larmes et pleures des veuves et orphelins des suppliciés du RSP depuis un certain 15 octobre 1987 qui réclament justice et réparation pour un mieux être social,
2. siège par les cris et slogans « trop c’est trop » des défenseurs des droits humains,
3. siège de ces radiés des forces de défenses et de sécurité de 2011 pour mimétisme de mutinerie du RSP,
4. siège des arguments et tirs groupés démocrates politiques et des juridiquesscientifiques tant sur le plan national qu’international pour que rien ne soi comme avant.
5.Siège moral des gardiens de valeurs traditionnelles et relieuses au motif de violation répétée de celles-ci. De par les récriminations de l’opinion , le RSP est entre le camp BOIRO de la Guinée de Sékou TOURE et Sodome ou Gomorrhe. Aussi comme ABRAHAM ,l’ancêtre de tous les croyants monothéistes, nos pères spirituels intercèdent auprès de Dieu tout puissant pour le salut du BURKINA même si le RSP doit être détruit,
6. Siège des médias qui ont popularisé toutes les récriminations à telles enseignes que les éléments du RSP ont honte de leurs actes et nombre regrettent être de ce corps
Finalement, malgré son expertise clamée à tout vent, le RSP, qui a cru être maitre absolu du FASO, s’est mis sur la même orbite du rejet au lieu du regret comme son fondateur Blaise COMPAORE. Merci donc au RSP car son irrédentisme, encouragé par quelques éléments dont l’ardeur n’a d’égale que la méconnaissance de leur rôle, a accéléré le rejet de la greffe militaro-politique.
ii.Sur le politique, il s’agit de rappeler les acteurs de la transition qui veulent encore entendre et surtout comprendre, du respect de la parole donnée et des engagements. C’est un des volets qui a perdu Blaise COMPAORE qui a cru se jouer impunément de l’intelligence des partenaires sociaux dont les sages du pays qu’il a mis a profit.
En conclusion nous retiendrons ce proverbe moaaga qui dit « quand la bouche clame à haute voie, c’est la nuque est bien gardée. Aussi si Mba Michel a eu le courage de clamer aussi et fort que la transition est menacée par des forces du mal, c’est parce que la majorité de ceux qui veulent que « plus rien ne soit comme avant » sont pour la démilitarisation de la vie civile et politique. Ce mal n’est autre que l’irrédentisme des militaires. C’est en cela qu’il faut encourager les militaires en activités qui ont pris des dispositions juridiques pour la manifestation de l’engagement idéologique aux prochaines élections. Qu’ils soient décorés pour service rendu à la démocratie.

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