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Les héros de l’insurrection populaire : Touorizou Hervé Somé

18 janvier 2015, 09:44, par Bala Wenceslas SANOU

A la suite du Professeurs THS, rendons hommage à nos frères et sœurs tombés sur le champ de bataille !

Restons fermes et déterminés. Ne nous décourageons surtout pas ; il nous faut garder en tête le sang de nos frères et sœurs morts sur le champ de bataille. Nous devons vraiment réaliser que la vie sociale, économique et politique du Burkina a été totalement chamboulée par le système compaoré/cdpiste+adf/rda (et autres alliés opportunistes) : 27 ans de destruction des mœurs et valeurs de référence. Ainsi le gain honnête a été remplacé par la normalisation de la tricherie, le mérite par le clientélisme, la vérité par le mensonge, la justice par l’impunité des régnants. Les mentalités ont intégré que le bien qui n’est pas matériel et financier n’est pas valable (n’est pas vraiment un bien qui fait du bien). Le citoyen ne croit plus tellement en l’autre ni en lui-même comme acteur de changement. On attend les changements des autres (mais sans s’y engager soi-même de façon durable). Dès qu’on fait un petit pas on veut tout de suite bénéficier des effets de ce pas. Que de confusions d’étapes ; que de manque de persévérance !

Voilà un tout petit peu présenté le chamboulement auquel nous devons accepter faire face pour réussir la transition que nous avons déclenchée. Face à la destruction des valeurs de référence qui ne faisait que durer nous avons osé enfin dire non en chassant juste la tête de proue de ce système ignoble. N’oublions pas que les racines du mal sont présentes en nos mentalités formatées pour la prédation facile des ressources publiques comme ont su le faire les prédateurs compaoré/cdpiste+adf/rda chassés après 27 ans (NB : dans ce combat, ne rejetons pas systématiquement tous ceux/toutes celles des partis du CDP/ADF/RDA mais seulement ceux/celles qui se sont politiquement pendus à la corde de la cupidité et de la boulimie du pouvoir ; chassons seulement les prédateurs et prédatrices de nos ressources publiques ; mais offrons à ceux et celles de ces partis qui étaient naïvement bernés l’occasion de participer avec nous à reconstruire ce pays qu’ils/elles ont durablement détruit).

Cette brève présentation de la férule CompaoréDPiste pourra paraître trop sévère. Vous entendrez dire : « est-ce que rien de bon n’a été fait pendant les 27 ans de (l’oligarchie) Compaoré ? Regardez les routes, les échangeurs, et autres réalisations qui ont été faites ! Soyons honnêtes et reconnaissons que Blaise a beaucoup fait pour ce pays. » De tels propos (que je ne puis qualifier d’analyses) confirment la déstructuration des mentalités réorientées sur le visible, le matériel au détriment du non visible qui est justement le fondement du mensonge et de la félonie du Système Compaoré et alliés. La vérité des mensonges cachés se trouve dans le rapport entre les coûts réels des réalisations et les coûts facturés ; et je fais grâce de l’honnêteté qui a toujours prévalu dans les passations de plusieurs marchés publics. Il a existé un monopole de fait dans ce pays. Le mensonge CompaoréDPiste a fonctionné sur la présentation d’une façade propre, avec une arrière-cour faite de corruption, détournement et d’impunité tout cela agrémenté par l’arrogance des régnants d’alors. La famille régnante avait fait main basse sur tout (sauf ma conscience et celles de tant de Burkinabè qui ont dit non en fin octobre) : l’armée, la justice, l’économie, la politique, le social ; certains y ont même payé au niveau de leur vie de couple (il semble que leur homme –fort avait aussi droit de sexe-fort même sur des femmes de ses alliés- c’est leur oignon – hé Ouaga la rumeur ! En tout cas, moi Bala je n’étais avec aucune hyène à l’enterrement de sa mère).

Acceptons une vérité si nous voulons vraiment quitter le mensonge et les commérages de nos quotidiens : la reconquête de notre dignité citoyenne est une longue marche d’abord en soi et vers soi-même ; ensuite alors l’on pourra marcher vers les autres et avec les autres pour reconstruire une conscience nationale citoyenne en retrouvant la confiance en nous-mêmes comme porteurs individuels et collectifs du changement de notre pays. Tant que nous n’accepterons pas le sacrifice pour que d’autres après nous en bénéficient et perpétuent la culture du sacrifice pour les autres nous ferons pire que Blaise Compaoré. La marche sera vraiment longue si nous voulons réussir. Pensons au long combat de Nelson Mandela, Steve Bicko et autres : 27 ans pour vaincre l’apartheid : no easy walk to freedom (le temps qu’a pris le système CompaoréDPiste pour nous faire émergence sous terre). Si nous sommes pressés de bénéficier des dividendes du changement alors nous n’avons rien compris, et ne gagnerons strictement rien que de la frustration. Nous écrivons l’histoire collective de notre pays avec des plumes individuelles ; les traces de ces plumes restent indélébiles et infalsifiables.

Pensons-y ! Pensons aux grands hommes dont nous aimons évoquer les mémoires (Nelson Mandela, Thomas Sankara, Norbert Zongo, et autres) ; leur vie s’est résumée en ceci : la pratique de la culture du sacrifice pour les autres pour l’amour de ces autres, de la vérité et la justice.

Pensons-y frères et sœurs prédateurs des temps nouveaux !

Que voulons-nous que l’histoire indélébile et infalsifiable de notre pays et de l’humanité retienne de notre existence ?

Bala Wenceslas SANOU
78 82 89 41 / 65 71 21 70
sanoubala@yahoo.fr

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