Actualités :: XAVIER SONDO, SECRETAIRE PERMANENT DE LA BOUTIQUE DES DROITS DU (...)
XAVIER SONDO

Le Mouvement burkinabè des droits de l’Homme et des peuples (MBDHP), section du Boulkiemdé, mène depuis le début de l’année, des médiations pour aider à débloquer certaines situations relatives aux violations des droits de l’Homme. Pour en savoir davantage sur ces activités, nous avons rencontré le Secrétaire permanent (SP) de la boutique des droits du MBDHP du Boulkiemdé, Xavier François Sondo. Outre les activités de la section, nous avons évoqué avec lui certains sujets d’actualité en particulier la pétition lancée en vue de la réouverture du dossier Norbert Zongo.

"Le Pays" : Comment se porte la boutique des droits du MBDHP section du Boulkiemdé ?

Xavier François Sondo : la boutique des droits du MBDHP du Boulkiemdé se porte bien. Au niveau des activités, il y a l’aspect sensibilisation et d’orientation que nous faisons régulièrement. Quand quelqu’un nous saisit par rapport à un problème donné, nous essayons de voir à quel niveau on peut le résoudre. Nous orientons donc l’intéressé en l’accompagnant à trouver une solution à son problème.

Pouvez-vous nous citer quelques exemples ?

Par exemple, nous avons été saisis par rapport à un conflit qui s’est produit dans la zone de Thyou entre éleveurs et agriculteurs où il y a eu mort d’homme. Dès que nous avons été saisis, nous avons accompagné les parents de la victime chez le procureur qui nous a assurés que le coupable était déjà déféré à la Maison d’arrêt et de correction de Koudougou et que le dossier suivait son cours. Nous avons été également saisis par un agriculteur qui réside dans la zone de Léo. Ce dernier avait été menacé de mort par des éleveurs de la même zone. Nous l’avons, à son temps, orienté chez le procureur qui lui avait demandé de poser une plainte afin qu’on puisse ouvrir une enquête à ce sujet.

Quelles sont les difficultés que rencontre la boutique ?

Au niveau de Koudougou, il n’y a pas de difficultés majeures. C’est au niveau des départements que nous avons des difficultés. Cela est dû essentiellement au manque de moyens. Nous avons effectué des sorties dans les communes de Ramongo et de Sourgou. Nous nous sommes rendu compte qu’il y a beaucoup de choses à faire dans ces localités parce qu’il y a des aspects liés à la décentralisation, au mariage forcé, etc. que les paysans ne maîtrisent pas de même que certains conseillers municipaux et membres de CVD. Notre passage dans ces deux communes a permis d’éclairer nombre de personnes sur certaines pratiques comme le mariage forcé, le rejet des filles victimes de grossesses indésirées par certaines familles, etc.

L’année 2008 qui tire vers sa fin a été marquée par des grèves. Est-ce que ces luttes syndicales ont apporté des acquis ?

Il y a eu effectivement beaucoup de mouvements de protestation. Mais personnellement, je constate que l’Etat n’a pas voulu satisfaire les revendications des travailleurs si bien que les acquis sont maigres. On a l’impression que l’Etat fait la sourde oreille. Cela est très dangereux parce que quand les gens auront le dos au mur, on ne sait pas quelle pourrait être leur réaction.

Plus l’Etat reste silencieux face aux revendications des travailleurs, plus ces derniers se sentent méprisés. Ce qui peut conduire à une explosion. Si je prends le cas du carburant par exemple, le ministre du Commerce disait que pour que le prix du carburant baisse, il faut que le prix du baril descende jusqu’à 80 dollars. Aujourd’hui, le baril est à 70 dollars et il n’y a toujours pas de baisse du prix du carburant. Il faut que le pouvoir comprenne que si les gens restent silencieux, ce n’est pas parce qu’ils sont bêtes. Ils attendent et quand ils auront le dos au mur les lendemains seront difficiles.

Les travailleurs de l’ONATEL viennent d’observer une grève de 48 heures qui a été prorogée au point de paralyser l’activité de cette société. Quelle lecture faites-vous d’une telle situation ?

Je pense que cette situation est liée au fait qu’on veut cacher quelque chose aux travailleurs. J’ai échangé avec les responsables syndicaux du SYNATEL du Boulkiemdé et il ressort qu’on veut leur présenter un bilan qui ne correspond pas à celui qui a été réalisé l’année dernière. Cela pose problème parce que les travailleurs connaissent le bilan de 2007. Le comportement des nouveaux responsables de cette société y est aussi pour quelque chose. Et comme nos autorités ne réagissent pas face à certaines pratiques de certains responsables des sociétés, les travailleurs se sentent frustrés, outrés et c’est ce qui entraîne une situation pareille. C’est vrai qu’il faut chercher le profit mais il ne faut pas non plus oublier les travailleurs qui se battent pour apporter des devises considérables à la société.

Une pétition pour la réouverture du dossier Norbert Zongo vient d’être lancée. Que pensez-vous d’une telle initiative ?

C’est une initiative qu’il faut saluer à sa juste valeur. C’est dommage que l’affaire Norbert Zongo atteigne 10 ans sans qu’on nous dise qui est le véritable assassin ou les commanditaires de ce crime odieux. Au niveau de Koudougou, nous attendons vivement les fiches pour rassembler le maximum de signatures pour cette pétition.

Pensez-vous que cette pétition permettra enfin la réouverture du dossier Norbert Zongo ?

Nous pensons que tôt ou tard la vérité va jaillir. C’est vrai qu’avec le pouvoir en place, ce ne sera pas une chose aisée mais comme le dossier sera confié à des instances internationales comme la Cour internationale de justice, la vérité éclatera un jour. Nous avons demandé dès le début que ce dossier soit imprescriptible parce que ce n’est pas un dossier qu’on doit clore aisément.

Mais au regard de la manière avec laquelle les juges se sont précipités pour clore ce dossier en prononçant un non- lieu, c’est comme s’il n’y avait pas eu d’assassinat. Alors que tous les indices relevés sur le véhicule de Norbert Zongo montrent clairement qu’il y a eu assassinat. Il faut qu’on se batte pour que 10 ans après, on ne nous dise pas que le dossier est clos. J’invite les personnes concernées à signer la pétition car c’est le moment. Aujourd’hui, c’est Norbert mais demain, ça peut-être quelqu’un d’autre si on croise les bras. Cette pétition est la bienvenue et on doit tout faire pour qu’il y ait la lumière sur l’affaire Norbert Zongo. C’est une question de vie, de liberté d’expression, de liberté de presse sans laquelle il ne peut y avoir de bonne gouvernance.

Le 13 décembre 2008 marque le 10e anniversaire de l’assassinat de Norbert Zongo et de ses compagnons. Qu’est-ce que le MBDHP prévoit comme action pour donner un cachet particulier à cette commémoration ?

Comme d’habitude, il y aura une marche suivie de meeting et une veillée de prière. Mais comme c’est le 10e anniversaire, le comité d’organisation aura certainement d’autres directives à nous donner pour que cette célébration ait un cachet particulier. Pour terminer, je félicite la presse notamment. celle privée pour ce qu’elle fait pour éclairer l’opinion publique notamment. J’invite les gens à changer le fusil d’épaule car il y a des choses que la presse dénonce et que les gens devaient combattre mais malheureusement ce n’est souvent pas le cas. On doit soutenir la presse par des actions pour contribuer à l’éveil des consciences et au respect des droits.

Propos recueillis par Dabadi ZOUMBARA

Le Pays

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