Actualités :: 3è Semaine Sociale du Burkina : Combattre la corruption pour un monde (...)

Au cours de l’ouverture officielle de la 3è édition des Semaines Sociales du Burkina (SSB) qui a eu le 17 novembre, les différents intervenants ont lancé un appel à la synergie d’action pour combattre le fléau de la corruption. En effet, ce mal interpelle non seulement l’Eglise Catholique et partant les religions, mais aussi l’Etat et les autres composantes de la société. La corruption ayant des visages multiples et multiformes la conjugaison des efforts est justement nécessaire.

C’est sur le thème « Corruption et lutte contre la pauvreté au Burkina Faso : Quelle contribution de l’Eglise catholique ? » que les participants à la cette troisième édition des Semaines Sociales du Burkina (SSB) réfléchissent jusqu’au 21 novembre prochain. Ce thème qui est au cœur des enjeux de développement du Burkina Faso est la résultante des différentes propositions issues de la deuxième édition des Semaines Sociales tenue du 06 au 09 novembre 2006. Au cours de la cérémonie d’ouverture, les participants ont été exhortés à participer activement aux discussions afin que les différents aspects de la lutte contre la corruption soient abordés sans complaisance et que des stratégies efficaces et hardies puissent être dégagées pour y faire face.

Les Semaines Sociales n’ont pas pour vocation de tout résoudre d’un coup de baguette magique mais de donner au moins de précieuses orientations. C’est en cela qu’elles sont définies par Mgr Thomas KABORE, Evêque de Kaya et Président de la Commission Episcopale « Justice et Paix » comme « des rencontres de réflexion et d’échanges dont l’objectif est d’offrir l’opportunité aux communautés chrétiennes et aux hommes de bonne volonté, de partager leurs expériences sociales sur un thème majeur et contemporain de société, dans le but de se laisser guider et éclairer par l’Evangile et la Doctrine Sociale de l’Eglise(D.S.E.). Elles sont par excellence un lieu de formation et de renforcement de la Foi et des capacités des chrétiens pour leur permettre de jouer leur rôle de sel, de levain et de lumière dans la société ».

La forte interpellation du Pape

C’est aussi cet appel que le Souverain Pontife le Pape Benoît XVI, dont le message a été livré à l’assistance par le représentant du Nonce Apostolique du Burkina Faso, Mgr Vito RALO, adresse aux participants de la présente session des Semaines sociales. Pour le Pape, la lutte contre la corruption et la pauvreté est rendue d’autant plus nécessaire que l’humanité est frappée de pleins fouets par une triple crise : crise économique, crise énergétique, crise alimentaire.

Dans un tel contexte, la corruption peut atteindre des proportions incontrôlées s’il n y a guère de garde fous. C’est donc pour cette raison que le Pape insiste sur l’éducation aux valeurs humaines et morales. « Nous devons, à ses yeux, tout mettre en œuvre pour lutter contre toute forme de pauvreté et de corruption en vue de l’édification d’une société plus juste et plus solidaire ».Dans cette dynamique, le Conseil Pontifical « Justice et Paix » et la Conférence Episcopale Régionale de l’Afrique de l’Ouest (CERAO) ont déjà organisé des rencontres sur le thème de la corruption et ont invité les Eglises locales à en faire autant. L’Eglise insiste sur la lutte contre la corruption parce qu’elle traduit l’effondrement des valeurs morales et éthiques de la société, qu’elle est contraire à sa Doctrine Sociale et surtout parce qu’elle annihile tout effort de développement économique et social.

Les plus hautes autorités du pays ont manifesté leur intérêt au thème de la 3è édition des Semaines Sociales ; d’où le fait qu’elles soient placées sous le haut patronage du Premier Ministre, Tertius ZONGO. Pour le ministre de la Fonction Publique et de la Réforme de l’Etat, Soungalo OUATTARA, co-parrain de cette session, et porte-voix du chef du Gouvernement, en décidant de réfléchir sur le thème de la corruption, l’Eglise apporte un soutien substantiel à la lutte qui est enclenchée par l’Etat. Il souhaite que cette démarche fasse tâche d’huile car la lutte contre la corruption doit être collective. A son avis, « Si chaque citoyen ne prend pas conscience qu’il est dans son propre intérêt de lutter contre la corruption, toutes les initiatives que développe le gouvernement pour mettre fin à ce fléau seront vaines ».

L’Eglise solidaire des pauvres

La troisième session des semaines Sociales intervient en plein mois de la Solidarité (novembre) au Burkina Faso. Cette coïncidence n’est pas fortuite. Bien au contraire ! Il s’agit pour l’Eglise de saisir l’occasion des Semaines Sociales pour interpeller toute la société à plus d’égards pour les pauvres, les faibles, les marginalisé. A cet effet, la Commission « Justice et Paix » travaille en étroite collaboration avec le Ministère de l’Action Sociale et de la Solidarité Nationale(MASSN).Une caisse de solidarité se trouve au Centre National Cardinal Paul Zoungrana pour recueillir les dons en nature ou en espèces. Cette même caisse sera présente demain 19 novembre au CENASA pour le concert dit « Nuit des Chorales » qui y aura lieu à partir de 20h.

Pour le Secrétaire National de la Commission « Justice et Paix », François de Sales BADO, toute contribution est un acte concret de réduction de la pauvreté. Tout en remerciant les différents partenaires qui accompagnent la CJP pour cette 3è édition des Semaines Sociales, il a livré un message de Michel CAMDESSUS(ancien DG du FMI), le second parrain, aux participants. Celui-ci n’a pu effectuer le déplacement à cause de la grève des pilotes d’Air France. Mais il traduit tout son attachement au thème et exhorte les différents participants à faire de la lutte contre la corruption, une préoccupation permanente. Michel CAMDESSUS promet également d’œuvrer au renforcement du partenariat entre les Semaines Sociales de France et celles du Burkina.

Lutter contre la corruption, un acte de foi

A l’issue de la cérémonie d’ouverture, une eucharistie a été célébrée sur place. L’Evangile du jour avait trait à l’histoire de l’aveugle de Jéricho guéri par le Christ, du fait de sa grande foi. « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » Lui demanda Jésus. « Seigneur, que je voie ! » répondit-il. Et Jésus lui dit : « Vois. Ta foi t’a sauvé. » Dans son homélie, Mgr Kusiélé Pierre DABIRE, Evêque de Diébougou a insisté sur la nécessité d’adopter une attitude d’humilité pour demander la foi au Seigneur afin de pouvoir lutter efficacement contre la corruption. Sans la foi, précise-t-il, toute initiative en la matière est vouée à l’échec.

Dans la soirée, les participants ont eu droit à deux communications. La conférence introductive portait sur le thème « Politique de développement et lutte contre la corruption : problème africain ou problème mondial ? ». Cette communication de Michel CAMDESSUS a été livrée par François de Sales BADO. Partant du fait que la corruption est un phénomène mondial, accentué par une mondialisation néo libérale faisant l’éloge du capitalisme, et dans laquelle l’Afrique est embarquée de gré ou de force, Michel CAMDESSUS arrive à la conclusion qu’il faille refonder la mondialisation. Et pour ce travail titanesque, constate-t-il, « il n y a rien de plus solide que la Doctrine Sociale de l’Eglise ».Michel CAMDESSUS invite également les Africains à ne pas perdre les valeurs de leurs pères : sens communautaire, intégrité, joie,… qui, conjugués à l’enseignement de l’Eglise sont de puissants repères « pour progresser vers une civilisation de l’amour ».

La seconde communication : « Etat des lieux de la pauvreté au Burkina Faso : politique et stratégies de réduction de la pauvreté » a été présentée par le ministre Soungalo OUATTARA. Pour lui, la lutte contre la pauvreté est indissociable de la lutte contre la corruption, la première étant généralement l’une des causes de la deuxième. Toutes ces luttes s’insèrent dans la volonté générale d’œuvrer à la bonne gouvernance dont quelques composantes sont la liberté d’opinion, d’expression, l’indépendance de la justice, la participation des citoyens à la prise de décisions, la transparence, etc. Le ministre a également fait cas du dispositif institutionnel et réglementaire du Burkina Faso en matière de lutte contre la corruption.

Il a le sentiment que les mesures prises commencent à produire leurs effets au regard des résultats du dernier rapport de Transparency International où le Burkina Faso améliore son classement parmi les pays les moins corrompus en passant de la 105ème à la 80ème place sur 180 pays. Mais le ministre estime que les efforts doivent se poursuivre afin de redonner au Burkina Faso son lustre d’antan.

Dans ce sens, il indique que le gouvernement fait de la promotion de la bonne gouvernance un des axes majeurs de ses orientations stratégiques. Les différentes communications ont été suivies de vifs échanges sur le ciblage de la corruption, la volonté réelle de l’Etat de la combattre, les détournements de fonds et l’impunité, le rôle des traditions africaines dans la lutte contre la corruption, la responsabilité de l’élite dans une société qui a tendance à aller à vau-l’eau …

Arsène Flavien BATIONO (batioonoflavien@yahoo.fr)
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