Actualités :: Fermeture programmée des maisons closes

Echanges directs entre Simon Compaoré et les gestionnaires. Le maire de la ville de Ouagadougou M. Simon Compaoré et les cinq maires d’arrondissements ont rencontré le mercredi 19 mars à la maison des jeunes et de la culture de Ouagadougou (MJCO) les tenanciers et autres gestionnaires des maisons closes de la ville de Ouagadougou. Il s’agissait pour les autorités municipales de re-expliquer la mesure de fermeture de ces lieux dans les différents arrondissements de Ouagadougou.

Dans la ville de Ouagadougou, on dénombre 99 chambres de passe reparties comme suit : 27 à Baskuy, 24 à Boulmiougou, 23 à Bogodogo et à Nongr-massom et 10 à Sig-noghin. La prolifération de ces lieux favorise la prostitution et engendre pas mal de désagréments aux populations. Le conseil municipal de la ville de Ouagadougou a annoncé le 25 janvier son engagement à s’attaquer au phénomène qui a d’énormes conséquences. Ainsi instruction avait été donnée aux différents maires d’arrondissements de rencontrer les tenanciers et gestionnaires de ces lieux pour leur expliquer la décision du conseil. Ce qui fut fait. Le but de la rencontre ce mercredi 19 mars était de re-expliquer les mesures prises par les autorités municipales à propos des chambres de passe. Pour le maire de la ville de Ouagadougou trois raisons expliquent la présente décision portant sur la fermeture des maisons closes. La première est que ces lieux de dépravation sont dans des parcelles à usage d’habitation. Ce qui constitue au terme des dispositions en la matière un détournement de destination. Ce phénomène favorise la prostitution ainsi que la propagation du VIH/sida. Et cela incommode les habitants des quartiers concernés. L’insalubrité et bien d’autres désagréments notamment les jets des préservatifs usés en pleine zone d’habitation. Ce qui constitue un danger pour les enfants. Pour la présente lutte, la démarche prise par le conseil permet aux propriétaires de ces lieux de les reconvertir à d’autres activités dans un délai raisonnable.

Au nom de la pauvreté ou du gain facile ?

Organisés dans un regroupement informel qu’ils ont mis en place en 2004, les gestionnaires et tenanciers des chambres de passe par la voix de leur secrétaire général Sébastien Nanéma ont indiqué qu’ils ont mis ce regroupement en place pour réglementer la profession. A cet effet, ce regroupement informel s’était fixé un certain nombre de règles notamment l’interdiction des lieux aux filles mineurs. Le paiement d’impôts, la désinfection des lieux, le nettoyage des locaux, l’interdiction de prostitués devant ces lieux, la sensibilisation des filles et des clients…Ils disent avoir mis par ailleurs une commission en place qui devrait veiller au respect des règles fixées par ce regroupement. Au-delà de cela, la raison avancée par certains propriétaires pour exercer cette activité est la pauvreté. Et la fermeture de ces lieux comme le disent les gestionnaires entraînerait le chômage plusieurs personnes. La pauvreté doit-elle être un argument pour exercer des activités qui engendreraient d’autres difficultés ? Cet argument ne tient pas la route. Et comme l’a dit le maire de la ville de Ouagadougou, la lutte contre la pauvreté est quelque de chose de noble et cela doit se faire dans un cadre légal. L’esprit du gain facile est le seul mobile de cette activité. Imaginons par exemple le cas de quelqu’un qui a 10 chambres et qui engrange au moins 10 mille FCFA par chambre et par nuit. Un calcul rapide lui donne 100 mille francs CFA la nuit. Et dans le mois ça lui fera donc une somme d’un million de FCFA. En tous les cas, les autorités municipales restent sur cette position de fermeture. Et se disent prêtes à accompagner les gestionnaires dans leurs nouvelles activités notamment en accordant la publicité. Pour le cas des éventuels chômeurs dont ils ont fait cas, le conseil municipal se dit également prêt à mettre des brigades dans les différents arrondissements pour les occuper. Un délai de 15 jours leur a été donner pour réfléchir sur les différentes propositions.

Roger W. NANA - L’Hebdo

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