Actualités :: Incendie au parc urbain Bangr Weogo : Une dizaine d’hectares ravagés par le feu

Un incendie s’est déclaré dans la nuit du 16 au 17 mars 2008 au parc urbain Bangr Weogo. Une dizaine d’hectares, selon un technicien des eaux et forêts, est partie en fumée contre aucune perte en vie humaine déplorée. Quelques animaux en ont tout de même pâti.

Le parc urbain Bangr Weogo, situé en plein cœur de Ouagadougou, a vécu une de ses tristes nuits du 16 au 17 mars 2008. Un incendie déclenché aux environs de 17 h 30 a ravagé une dizaine d’hectares au côté sud-ouest de cette forêt. Sept hectares, selon les sapeurs-pompiers, deux à trois, selon l’administration du parc.

L’origine du feu, selon le commandant de brigade des eaux et forêts du Centre, Pascal Rouamba, serait . En d’autres termes, il a été déclenché par l’action de l’homme. Suite à une mauvaise manipulation soit d’un mégot de cigarette ou de tout autre feu. Durant toute la nuit, jusqu’au petit matin, les soldats du feu ont bataillé dur pour venir à bout des flammes.
22 h 12 mn. Les camions des sapeurs-pompiers font des navettes pour l’approvisionnement en eau. A l’intérieur de la forêt, au côté sud-ouest, juste derrière le laboratoire national des eaux, des hommes s’activent. Çà et là, des arbres calcinés. Pour parvenir au lieu des flammes, il faut braver la fumée et la chaleur.

Faire une gymnastique pour franchir un ravin de plus d’un mètre sur trois. Les ronces égratignent. Les épines piquent. A l’aide de lampes-torches, on se repère. Les chefs d’équipes donnent des ordres. Certains éléments se mettent en rang avec le tuyau d’arrosoir connecté à la citerne du camion posté à une centaine de mètres. Ils arrosent à coups de grands jets d’eau les arbres en flammes. D’autres utilisent des seaux d’eau pour éteindre les arbres en feu. Il fait chaud. La fumée étouffe. Pendant ce temps, sur la rue Mamadou Sanfo (le pont allant à l’hôtel Silmandé), des sapeurs-pompiers à l’intérieur du parc, luttent avec les flammes à l’aide de deux citernes d’eau. Il est 22 h 45.

Dans cette nuit noire, à tout moment, un arbre peut céder sous les flammes. Un élément des sapeurs-pompiers oriente les porteurs de tuyaux : , crie-t-il. Ils arrosent. Surpris par la vitesse du jet d’eau sur l’arbre, nous recevons des gouttes d’eau. Un voisin lance . Au même moment, un foyer se développe sur notre gauche. Une fumée monstre enveloppe la forêt. L’un des chefs crie .

Un autre répond . Un troisième clame, l’eau est finie, c’est grave !!! . Les riverains et les agents des Eaux et forêts ainsi que le personnel du parc se débrouillent avec les seaux d’eau. Il est 23 h. Au cœur de la forêt, ça bouge dans tous les sens. Chacun essait d’éteindre ce qu’il peut.

Préserver le poumon de Ouagadougou

Le temps que le fourgon des sapeurs-pompiers ne revienne avec l’or bleu, l’on s’active pour colmater les brèches. Tout y passe. Machettes pour couper les troncs des kapokiers qui brulent de l’intérieur. Les groupes électrogènes en panne de « jus » lâchent. On les fait sortir. Il faut sauver le poumon de Ouagadougou. 23 h 20, alors que les jeunes éléments s’y attendaient le moins, le tuyau d’eau fut raccordé au fourgon, la pression les alerte. L’eau jaillit. Un élément oriente « changez de jet … » Il s’exécute et arrose les flammes. La propulsion d’eau peut atteindre 10 m. Souvent, il faut atteindre le feu au faîte des arbres qui calcinent par le tronc. A 50 m de notre position, des éléments des sapeurs-pompiers crient : . Une dizaine de jeunes soulèvent le tuyau et le mettent sur les épaules. Ils tirent jusqu’à l’endroit indiqué et arrosent. Ensuite, il change de lieu pour faire face à d’autres flammes. Ceux qui ont les seaux, ne restent pas les bras croisés, ils s’approvisionnent au tuyau et s’occupent de petits foyers qu’ils éteignent à la main. Pour M. Rouamba, rencontré sur les lieux, il est rare que la forêt brûle. Le directeur des Etudes et de la prévention de la BNSP, Ernest Kisbédo est de cet avis : Au-dessus de nos têtes volent des étincelles comme des feux d’artifices. Les lianes sont en flammes et le feu se propage. Au sol, des bûches prennent le relais. Mais la détermination des hommes fait la différence. Le travail n’est pas facile pour les hommes du commandant Domangui Karambiri, le directeur des opérations de cette nuit. L’inaccessibilité de la zone aux engins, la sécheresse, l’obscurité ralentissent les efforts des soldats du feu. Cependant, après 10 h de lutte acharnée contre les flammes, le feu fut maitrisé à 5 heures du matin.

Au cours de la journée, certains éléments des sapeurs-pompiers aidés en cela par les agents des Eaux et forêts, des civils et du personnel du parc avec à leur tête, le directeur Moustapha Sarr qui était au four et au moulin, durant toute la nuit, éteignaient les derniers foyers. A notre dernier passage, hier aux environs de midi, le directeur a expliqué que l’origine du feu n’a pas encore été détectée. Mais, reconnait-il, il peut être déclenché par n’importe qui et par n’importe quel feu. Selon lui, le feu a été identifié vers 17 h 30. M. Kisbédo de la BNSP dit avoir reçu le premier appel à 17 h 42 et dix minutes après, les sapeurs-pompiers étaient sur les lieux. Selon M. Sarr, on ne déplore aucune perte en vie humaine mais des dégâts écologiques et fauniques : . Entre autres, les rats, les tortues, les serpents, les varans, etc. Le pire semble passé mais la prudence est de mise car durant toute la semaine, les sapeurs-pompiers et le personnel seront aux aguets pour freiner tout incendie afin d’éviter aux poumons de 265 hectares de forêt de Ouagadougou de subir un Rood Woko bis.

Daouda Emile OUEDRAOGO
daouda.ouedraogo@sidwaya.bf


Les péripéties de la lutte contre les flammes

Trois engins d’incendie, une citerne et une cinquantaine d’hommes à l’ouvrage
Pour venir à bout de ce , la BNSP a utilisé, selon Ernest Kisbédo, trois engins d’incendie, une citerne et une cinquantaine d’hommes composés des éléments des sapeurs-pompiers, des eaux et forêts, du personnel et des riverains du parc. Il a fallu ainsi 10 heures pour anéantir le feu. De 17 h à 5 h du matin. Les fourgons utilisés pouvaient transporter jusqu’à 3500 mètres cubes d’eau et la pression du jet avoisinait les 7 bars. Si le fourgon fait 10 tours pour s’approvisionner, faites le calcul !!!

Les flammes au-dessus de la tête, le feu sous la cendre, les épines au corps

Pour atteindre les flammes, ce fut un parcours du combattant. Sur les lieux à 22 h, et dans le feu de l’action, il fallait affronter les épines dans les jambes, avoir un œil sur les kapokiers qui brulent par le tronc et le sommet de l’arbre qui balance des étincelles. Sans oublier qu’à n’importe quel moment, on pouvait marcher sur des feux couvant sous la cendre. C’était une lutte pour sauver le poumon de Ouagadougou. C’est pourquoi, l’on était souvent obligé de ranger crayon et papier, de retrousser les manches et prendre le seau d’eau pour donner un coup de main.

Le maire Simon appelé à la rescousse

Au vu des difficultés rencontrées par les véhicules des sapeurs-pompiers pour avoir accès au lieu de l’incendie, le Directeur du parc, Moustapha Sarr a appelé le maire Simon Compaoré dans la journée du 17 mars afin qu’il les aide avec un caterpillar pouvant tracer une piste d’entrée pour les véhicules. Cela sera fait si ce ne l’est déjà à l’heure où nous traçons ces lignes. M. Sarr a tenu a remercié ainsi toutes les autorités politiques et administratives et le journaliste qui les ont soutenu au cours de la nuit pour venir à bout des flammes. Occasion pour M. Sarr d’appeler à la dotation du parc de moyens conséquents de lutte contre les incendies : C’est peu pour 265 hectares. Il n’a pas oublié d’appeler au civisme des usagers du parc urbain quant à sa pollution et autres pratiques qui peuvent lui porter
préjudice.

C’était en « tapettes »

Franchir Bangr Weogo en sandales, au milieu des flammes, il fallait oser le faire. Quand le chef de brigade des Eaux et forêts du Centre, M. Pascal Rouamba m’a demandé le lendemain si mes chaussures avaient supporté le coup de la nuit, je lui ai répondu . Quelle ne fut sa surprise !!! Cela est vrai mais…enfin !!!

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