Actualités :: Délitement des valeurs morales : L’Etat doit reprendre les choses en (...)

Où allons-nous ? Nous n’avons jamais vu cela, disent des Burkinabè d’un certain âge. Ils diagnostiquent et prescrivent pêle-mêle la nécessité d’un sursaut moral ; notre pays a besoin d’un vigoureux redressement moral ; il faut aux Burkinabè, un complet et profond réarmement moral. Il est plus que temps de sonner le réveil moral.

Pour cela, l’État doit prendre en mains certaines choses dont l’éducation dans les écoles. Ces propos reviennent dans toutes les conversations et dans tous débats. Ils se font plus insistants quand il est question des jeunes, des élèves particulièrement. Ils traduisent le délitement des valeurs morales cardinales qui fondaient la société burkinabè dans toutes ses composantes et dans ses mille et une diversités. En un mot comme en mille, ils traduisent le désarroi d’hommes et de femmes qui ont perdu leurs repères. Tous leurs repères au point de se demander s’ils sont de leur temps et s’ils appartiennent à cette société dans laquelle ils ne sont plus eux-mêmes et où ils ne se reconnaissent plus.

Mais à qui la faute ? La famille, le premier maillon de la société ? L’école dont la mission première est de modeler le citoyen exemplaire, c’est-à-dire un homme et une femme honnêtes, patriotes, sincères, dignes, ? La société ou l’environnement général dans laquelle on évolue ? Les trois à la fois, avec une plus grande responsabilité pour l’école. Parler de la responsabilité de l’école, c’est impliquer l’État qui en détermine le contenu de l’enseignement qu’elle est chargée de dispenser à l’élève. Car l’élève a cette double spécificité d’appartenir à la fois à la famille et à l’école. Leurs influences s’exercent réciproquement l’une sur l’autre. A l’école, l’enfant reproduit les schémas familiaux : " Papa (ou maman) a dit que..." En revanche, en famille, l’élève répète ce qu’il a appris : " Notre maître (ou notre professeur) a dit que..."

Mais disons-le sans ambages : la santé morale de la société revient à l’État. C’est à l’État, à travers ses responsables à tous les niveaux, de donner l’exemple ; ces responsables doivent être des modèles qui inspirent et encouragent sa jeunesse, ces élèves, ces enfants...car les enfants font ce qu’ils voient faire. Quelle relève prépare-t-on en ce moment au Burkina, un pays qui connaît une véritable crise des valeurs ; dans ce Burkina où la morale a fini d’agoniser depuis belle lurette ; ce Burkina où l’être suprême est l’argent au nom duquel jurent hommes et femmes, jeunes et moins jeunes ? Que sont devenues des valeurs comme la considération due à l’âge, le droit d’aînesse, le respect que confèrent le savoir, le grade, la sagesse ? Sans argent et tout ce qu’il permet de faire, ces valeurs sont aujourd’hui des coquilles vides au Burkina. C’est pourquoi, il n’est pas rare d’entendre un élève du primaire ou du secondaire s’adresser à son maître ou à son professeur en ces termes : "Mon père (ou ma mère) peut te payer". Dans une première conclusion, on dira que l’extrême monétarisation de la société explique en partie la déchéance morale dans laquelle elle se trouve. Dans les familles, en ville comme en campagne, l’autorité n’appartient plus aux plus âgés, mais aux plus riches, matériellement.

Il est de la plus grande importance, nous dirons même que c’est une question de survie de la société burkinabè, d’aller s’abreuver et se laver à la fontaine morale et en cela, l’État doit donner l’exemple. Il faut se réjouir que l’État ait donné le signal en réinstituant l’instruction civique et morale dans les écoles. Car, l’État devrait être le phare qui guide les uns et les autres vers cette fontaine. Mais cela ne saurait suffire. L’élève est à cheval entre la famille et l’école. Malheureusement, il se trouve que des parents confient l’éducation de leurs enfants à la télévision et au personnel domestique. Il va sans dire qu’une telle éducation a déjà fini de montrer ses limites avec ce que cela comporte de pernicieux sur la jeunesse.

Il y a longtemps que l’État n’a plus fait de la santé morale du Burkina sa préoccupation. Sous la révolution démocratique et populaire, les Burkinabè avaient une certaine idée de ce qu’ils sont. Mais, c’était dans un contexte d’État d’exception. Après, on a assisté à un laisser-aller total. A la faveur de cette situation, des hommes et des femmes volent, détournent, pervertissent les lois. Aujourd’hui, tout le monde s’est aperçu de l’impasse dans laquelle le pays se trouve. On n’a plus de repères. Or, un pays sans repères moraux est un pays sans avenir. Chaque citoyen doit être fier de sa patrie, l’aimer et la défendre. Un pays où la morale est distendue, le respect de la hiérarchie inexistant et la discipline foulée aux pieds, est ouvert à toutes les aventures. La discipline ne fait pas seulement la force des armées, elle constitue également la force des nations. Il faut à chaque instant un peuple moralement fort pour conjurer tous les périls qui pourraient se profiler à l’horizon.

Le Fou

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