Actualités :: Formation des ambulanciers et brancardiers : Il était temps d’y (...)

Le ministère de la Santé a initié une formation de 48 heures à l’intention des Ambulanciers et brancardiers des districts sanitaires de notre pays ; l’objectif de la session, qui s’est ouverte le mardi 24 juillet, est de permettre à ces personnes qui ont la charge de convoyer les malades dans les formations sanitaires d’avoir les rudiments de base d’un secouriste.

S’il y a un métier qui nécessite des connaissances supplémentaires, c’est bien celui de l’ambulancier. Il ne suffit pas d’avoir un permis de conduire pour y prétendre. Cette profession va au-delà du simple pilote d’un véhicule.

Car, comme l’a souligné le DAF par intérim du ministère de la Santé Benjamin Bamogo, transporter des personnes bien portantes ou du matériel n’est pas la même chose que transporter des malades.

Il faut adjoindre à ces connaissances en conduite de véhicule prioritaire et à grande vitesse, des notions de sauvetage, de mise en position latérale de sécurité... Malheureusement, bon nombre de ces pilotes spéciaux ne maîtrisent au meilleur des cas que le volant. Etant donné que tout le pays n’est pas couvert par la brigade des sapeurs-pompiers, les ambulanciers jouent les premiers rôles de secouristes.

Conscient de cette situation, le ministère de la Santé, dans l’exécution du plan d’action de sa Direction des affaires financières, a convoqué une soixantaine de chauffeurs d’ambulances et de brancardiers à un atelier de formation. Prévue pour durer 2 jours, la formation est assurée par Moussa Ouédraogo, médecin urgentiste.

Dans le contenu de la formation, les stagiaires, à travers des illustrations et des cours pratiques, vont apprendre les notions de secourisme de base que sont le sauvetage, le dégagement des victimes, la position latérale de sécurité (PLS). Ils vont en outre acquérir des éléments nouveaux sur le brancardage, la position du patient lors des transports, le transport et ses conséquences, les manœuvres pratiques de sauvetage, de brancardage...

Le formateur Moussa Ouédraogo a tenu à préciser que ce que les chauffeurs et les brancardiers apprendront lors de cette formation ne fera pas d’eux des secouristes, car il faudrait à cet effet 6 mois de stage, mais au moins, ils seront plus outillés et beaucoup plus à l’aise dans l’exécution de leur fonction.

D’ailleurs, une étude réalisée en août 2007 a révélé que dans les accidents des véhicules à 4 roues du ministère de la Santé, 39,13% étaient des ambulances qui effectuaient des missions d’évacuation. C’est la raison pour laquelle, estime le DAF intérimaire dudit ministère, un ambulancier bien formé peut contribuer à une meilleure prise en charge des soins d’urgence dans les formations sanitaires.

Du côté des apprenants, on accueille le stage avec beaucoup de joie. "Ce recyclage est le bienvenu", a fait remarquer Mathias Ki du District sanitaire de Dédougou. "Nous n’avons pas toujours de bons véhicules et puis les gants sont vétustes et les brancards désuets ; mais si nous avons les connaissances nécessaires, nous pouvons nous rendre plus utiles".

Deux jours, c’est bien peu, bien maigre, mais c’est un pas de gagné. Et pendant que nous y sommes, aussi bien formés qu’ils soient, il faudra que ces agents de l’ombre disposent de moyens logistiques adéquats (gants, brancards solides, véhicules en bon état) : pour être plus efficaces. Mais il faudra aussi sensibiliser les usagers de la route à la nécessité de céder le passage quand ils entendent les sirènes sonner sur un véhicule.

Kader Traoré

L’Observateur

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