Actualités :: Dr Wamarou TRAORE, Chef de département secteur santé CNLS : “Le taux de (...)
Dr Wamarou TRAORE

A l’occasion de la fête nationale le 11 décembre 2006, de nombreuses personnes ont bénéficié de décorations. Au nombre de ces personnes figure cet homme dévoué pour le combat contre le VIH/Sida, le docteur Wamarou TRAORE. En tant que chef de département service santé au CNLS, Dr TRAORE nous fait l’état des lieux sur le Sida dans notre pays. Lisez plutôt.

Présentez-vous à nos lecteurs.

Je suis le docteur Wamarou TRAORE, je suis le chef de département secteur santé au secrétariat permanent du Conseil national de lutte contre le Sida (SP/CNLS).

Quels sont vos sentiments après avoir été fait chevalier de l’Ordre national ?

Cette distinction de chevalier de l’Ordre national est à mon sens une marque de reconnaissance des efforts que nous avons consentis tant au niveau de la prestation dans le domaine du VIH/SIDA qu’au niveau de toutes nos prestations en tant que fonctionnaire. La preuve nous avons été interrogé sur tout ce que nous avons mené à l’hôpital, dans la commission de la médecine du sport, dans nos travaux de recherche etc...

Il faut dire aussi que cette décoration est le couronnement des efforts que nous avons eu à mener. Mais il faut reconnaître que ce ne sont pas les efforts d’un seul individu mais de l’ensemble des collègues des différentes équipes. Mais c’est aussi une récompense pour tous les membres de la famille, parce que quand vous voyez que l’on doit sortir le matin et ne revenir que la nuit, cela demande vraiment beaucoup d’efforts. C’est donc un réconfort moral pour toute cette famille de voir leurs efforts récompensés. La satisfaction et la fierté doivent donc être partagées par toutes ces personnes.

Etre élevé au rang de chevalier de l’Ordre national est un grand honneur, dans tous les cas quelle que soit la décoration, c’est un avantage de l’avoir vivant par rapport aux autres qui ont vu leurs efforts reconnus après leur départ.
C’est vrai que ce genre de décoration fait plaisir aux parents mais c’est plus réconfortant de l’avoir vivant.

C’est donc une occasion que vous me donnez pour remercier les plus hautes autorités, en premier lieu le président du Faso, toutes les autorités du ministère de la Santé, tous les responsables de la lutte contre le VIH/Sida. Je ne veux surtout pas oublier les autorités comme celles du monde des handicapés, la Croix-Rouge et toutes les personnes qui ont contribué à l’obtention de cette distinction.

Etant acteur de la lutte contre le VIH/SIDA, quel est l’état des lieux aujourd’hui au Burkina ?

Nous avons atteint au Burkina ce qu’on appelle la stabilisation de la maladie. Il est vrai que l’infection à VIH est présente dans tous les quatre coins du Burkina et peut contaminer aussi bien les femmes, les hommes les jeunes et les vieux. Mais il faut dire que l’ampleur des années 80-90 est sensiblement réduite. En effet en 97 on avait une prévalence de 7% mais aujourd’hui nous sommes à 2%. Quel que soit le scepticisme des uns et des autres, il ressort de tous les rapports, que la prévalence au Burkina reste dans cet ordre de grandeur.

Mais il est évident qu’il existe encore des préoccupations chez certaines populations appelées groupes cibles. C’est le cas des "travailleuses du sexe", ou certains milieux de jeunes.
Nous continuons la lutte dans ces milieux pour que les gens aient de bons comportements de sorte à ne pas "relancer" l’épidémie. Après donc ces actions de veille quant à la surveillance de la maladie, il y a aussi toute une organisation pour la prise en charge des personnes infectées.

Ainsi les dépistés peuvent être pris en charge. Cette prise en charge peut-être médicale, sociale, psychologique et même quelquefois économique.
Ces différentes prises en charge permettent à ces personnes de s’assumer et de vivre dignement dans la société. Maintenant nous espérons que dans le cadre de l’accès universel, pouvoir potentialiser ces efforts par l’appui de nos partenaires. Si tous les gens s’y mettent, nous devons pouvoir avoir un impact très, très sensible sur le Sida d’ici 2010.

A partir de cette date les gens ne verront plus de problèmes à connaître leur sérologie parce que tout sera mis en place pour les prendre en charge.
Donc nous avons tout planifié et tout sera mis en œuvre pour parvenir à cet état. Peut-être que nous ne serons pas là pour la finalisation mais quelle que soit la personne, il ne fera que terminer le travail.

Les ARV (antirétroviraux) constituent l’espoir aujourd’hui pour les personnes vivant avec le VIH/SIDA. Quelle est la politique du CNLS dans ce domaine ?

La politique dans le domaine des ARV est simple. Lorsqu’une personne est dépistée selon un schéma tracé, la personne qui a fait le diagnostic conseille au malade de se référer à une structure de prise en charge. Mais cette prise en charge ne rime pas automatiquement avec les ARV. La personne infectée va d’abord avoir des entretiens afin qu’elle accepte son statut. Elle va ensuite subir d’autres examens pour connaître l’état d’avancement de la maladie et c’est en ce moment que le médecin peut décider de la placer sous ARV.

Les ARV qui sont une combinaison de trois molécules vont être prescrits au malade qui va, selon une périodicité, revenir pour des contrôles avec le médecin. Ce dernier va, selon le cas, réajuster le traitement et en général il est conseillé au malade d’adhérer à une association. Au sein donc de l’association, le malade bénéficie du soutien des autres avec des témoignages ; les actions menée en communauté contribuent à une acceptation de son statut.

Pendant ce temps, on fait les consultations d’observance, c’est-à-dire savoir si le malade prend ses médicaments selon les prescriptions pour éviter les rechutes ou les échecs. Dans le pire des cas, si l’état des patiens qui font des traitements ambulatoires s’aggrave, ils peuvent être admis à l’hôpital. Ils sont alors mieux suivis et, dans beaucoup de cas ça marche très bien et ils ressortent. Mais il faut reconnaître que dans certains cas il y a des décès.

Le Sida est considéré aujourd’hui comme étant un enjeu économique majeur, vous ne pensez pas que tout ce "lobbying" autour du Sida peut influencer les recherches ?

Je ne pense pas qu’il existe des gens qui sont des PDG du Sida (rires). De façon générale la lutte contre la pauvretée a été instituée parce que nous sommes considérés comme vivant dans un pays pauvre. Ce que les gens dans les associations au Burkina c’est parfois moins ce que font les gens dans les pays développés, mais on ne taxe pas ces attitudes de lobbying. Le problème c’est que les gens voient derrière les ateliers et autres formations des moyens de se faire de l’argent.

Mais on oublie que ces formations permettent aux bénéficiaires de savoir un peu plus sur le sujet. Dans d’autres domaines aussi il y a des politiques menées à grands frais mais les gens ne voient pas ces aspects. C’est le Sida qui est toujours en ligne de mire. C’est vrai aussi que certaines associations ont montré effectivement qu’elles cherchaient à engranger des sous.

Cela avait conduit parfois au retrait de financements, au retrait aussi de certains matériels alloués. Il existe donc en effet des personnes qui cherchent le profit personnel mais ce n’est pas tout le monde.

Les statistiques dans le monde font état d’environ de 40 millions de personnes infectées durant les 20 années, dans ce cas comment se présente l’avenir ?

J’avais dit que c’est la stabilisation partout dans le monde. Il y a deux ou trois ans nous étions autour de 40 millions ce qui veut dire qu’il y a une certaine stabilisation de la maladie.

D’ailleurs au départ on est allé à 42 millions avant de revenir au stade actuel. Le problème c’est que certains ne s’étaient pas engagés dans le combat. Il y a les pays asiatiques qui étaient réticents mais aujourd’hui ils montrent qu’il y avait une situation cachée dans ces pays, ce sont les données de ces pays qui viennent aujourd’hui faire gonfler le nombre, sinon d’une manière générale c’est la stabilité partout.

Pour l’avenir donc il y a beaucoup d’espoir ; d’une part avec la stabilisation on se rend compte que les actions menées portent des fruits. Aussi avec l’avancée des recherches, nous sommes confiants quant à inverser la tendance un jour.

Le Burkina Faso a bénéficié d’un centre biométrie, offert par les Camilliens. Quel pourrait être l’apport d’un tel centre dans la recherche d’un vaccin ?

Déjà, Saint Camille s’est beaucoup investi dans la recherche ; c’est donc tout à son honneur. Ce centre vient donc soutenir les efforts de recherches déjà existants.

Dans les cas de recherche, Saint Camille a choisi une voie de recherche dans le cadre de la vaccination qui est le vaccin thérapeutique. C’est une option et d’ailleurs il est dans ce pool de recherches avec un certain nombre d’Etats comme le Cameroun, la Côte d’Ivoire, et on espère que ces recherches vont aboutir un jour. Nous encourageons les Camilliens et nous attendons avec espoir que leurs recherches aboutiront à de meilleurs résultats.

Par S. Daouda et Issoufou MAIGA

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