Actualités :: Burkina/Paix et cohésion sociale dans la région du Nord : L’OIM veut impliquer (...)

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a organisé le jeudi 23 mai 2024 à Ouahigouya, une journée de mobilisation et de dialogue communautaire pour la promotion de la paix et la cohésion sociale dans la région du Nord. Cette activité, organisée en collaboration avec la direction régionale de la culture du Nord et la coordination régionale des femmes du Nord, a connu la présence de la représentante de l’OIM au Burkina Faso et du représentant du gouverneur de la région du Nord.

Le Burkina Faso fait face depuis 2015 à une crise sécuritaire sans précédent entraînant notamment un effritement du tissu social et un déplacement massif des populations. La région du Nord, à l’instar des autres régions du pays, est confrontée à cette double crise sécuritaire et humanitaire. En effet, selon les chiffres du CONSASUR en date du 31 mars 2023, le nombre de déplacés internes enregistrées dans la région du Nord s’élève à 218 695. Ces personnes sont surexposées aux questions de vulnérabilités économiques, sociales et climatiques. A cela, s’ajoute une forte pression sur les ressources et les services sociaux de base existants. Cette situation fragilise davantage la situation du vivre ensemble.

C’est dans l’optique donc de contribuer à résoudre ces difficultés que l’Organisation internationale pour les migrations, en collaboration avec la direction régionale de la culture du Nord et la Coordination régionale des femmes du Nord, a organisé cette journée de mobilisation communautaire et de brassage culturel pour la promotion de la paix et de la cohésion sociale dans la région du Nord.

Les autorités coutumières et traditionnelles ont marqué leur présence à cette journée de mobilisation

L’objectif de cette activité est de renforcer davantage la mobilisation et le dialogue communautaire, l’engagement citoyen des populations et de promouvoir la cohésion sociale inter et intracommunautaire dans la région du Nord. Il s’agit principalement de mettre en exergue le rôle des femmes et des leaders coutumiers dans les initiatives de paix. En effet, selon l’OIM, les chefs coutumiers et traditionnels, au regard de leur proximité avec les populations et en tant que force de rassemblement et de mobilisation du fait de leur légitimité et leur pouvoir de cohésion sociale, constituent un maillon fort dans le dispositif interne de prévention, de gestion et de résolution des conflits.

Cette activité entre également dans le cadre du « Projet de renforcement de l’autonomisation et la résilience des femmes pour promouvoir la paix et la cohésion sociale dans les régions du Nord et du Sahel du Burkina Faso » financé par la coopération suédoise.

Les femmes se sont également mobilisées pour cet évènement

Des animations musicales, des pièces de théâtre sur la cohabitation pacifique, le vivre ensemble, le rôle de la femme dans la société, les conflits fonciers, ont marqué la cérémonie d’ouverture de cette journée. Cette journée a été également marquée par une session de dialogue entre les chefs coutumiers et traditionnels, les leaders communautaires, les organisations de jeunes et de femmes et les services techniques. Des communications sur la contribution des femmes dans la promotion et le renforcement de la cohésion sociale, la contribution des chefs coutumiers, traditionnels et religieux dans la promotion et le renforcement de la cohésion sociale ont aussi été développées au cours de cette journée.

Vue générale des participants

Pour Aïssatou Guissé Kaspar, cheffe de mission, représentante de l’OIM au Burkina Faso, cette journée revêt une importance particulière, car elle met en lumière le rôle vital que les communautés, à travers les autorités et leaders traditionnels ainsi que les femmes, jouent dans les efforts de consolidation de la paix et du vivre ensemble. Selon elle, la situation sécuritaire et humanitaire touche particulièrement les femmes du Burkina Faso en général et celles de la région du Nord qui, malgré tout, ont démontré « une résilience extraordinaire, tout en étant souvent en première ligne pour protéger leurs familles, leurs communautés et leur environnement ».

Aïssatou Guissé Kaspar, cheffe de mission, représentante de l’OIM au Burkina Faso

Face à une telle situation, Aïssatou Guissé Kaspar a indiqué qu’il est impératif d’œuvrer à la promotion de la paix et de la cohésion sociale en mettant les femmes au cœur des stratégies d’intervention. « En effet, leurs contributions s’avèrent cruciales aujourd’hui pour résoudre les conflits, promouvoir la réconciliation et favoriser le développement durable. Elles ont toujours été des actrices essentielles de la paix et de la stabilité et nous devons continuer à les soutenir dans leurs efforts. Aujourd’hui, nous nous engageons aux côtés des autorités nationales pour renforcer l’autonomisation des femmes, améliorer leur accès à l’éducation, à la santé, à l’eau potable ainsi qu’à d’autres services essentiels. Nous devons veiller également à ce qu’elles participent activement aux processus de prise de décision, à tous les niveaux, et qu’elles soient fortement représentées dans toutes les instances de gouvernance et sur les enjeux et initiatives de consolidation de la paix et du développement », a soutenu la représentante de l’OIM au Burkina Faso.

Daouda Sangaré, haut-commissaire de la province du Passoré, représentant le gouverneur de la région du Nord à cette activité

Daouda Sangaré, haut-commissaire de la province du Passoré a représenté le gouverneur de la région du Nord à cette journée. Il a salué cette initiative de l’OIM d’impliquer les femmes et les leaders coutumiers dans la promotion de la cohésion sociale et de la paix. Pour lui, de telles initiatives sont à encourager parce qu’aujourd’hui, « le tissu social s’est effrité ». « C’est pour cette raison que les autorités administratives accompagnent cette journée. Les chefs traditionnels, les leaders religieux, les organisations féminines et de jeunes sont vraiment des leviers importants sur lesquels, nous pouvons nous appuyer pour la promotion de la paix et de la cohésion sociale », a déclaré Daouda Sangaré, représentant le gouverneur de la région du Nord.

Djénéba Sodré/Sangarba, coordonnatrice régionale des femmes du Nord

Cette journée a été organisée en collaboration avec la Coordination régionale des femmes du Nord. Pour sa coordonnatrice Djénéba Sodré/Sangarba, les femmes doivent s’impliquer davantage dans les initiatives de paix. « Nous venons avec les autorités coutumières et les autres autorités de la région, pour témoigner de notre disponibilité en tant que femmes, pour jouer notre rôle pour le retour de la paix et également pour maintenir les liens de cohésion sociale et de paix qui existent entre les différentes communautés. Cette opportunité nous permet également de nous motiver davantage et de nous engager auprès de l’OIM et des autorités locales pour le retour de la paix, pour un vivre ensemble. A l’endroit des femmes de la région du Nord, c’est de les inviter à maintenir leur rôle de mères, d’éducatrices et de mobilisation sociale. Au-delà de ça, elles doivent maintenir leur rôle de coudre tout ce qui est déchiré dans les familles et dans les communautés », a confié Djénéba Sodré/Sangarba, coordonnatrice régionale des femmes du Nord.

Mamadou ZONGO
Lefaso.net

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