Actualités :: Sortir du régime militaire, gagner la Paix et engager la Refondation du (...)

Comme chacun le sait, c’est en principe l’échéance du 1er juillet 2024 qui est convenue pour le terme de la transition en cours, que le MPSR 2 a tenu faire acter par les assises des 14 et 15 octobre 2022 et qui ont ainsi consacré son président, chef de la transition et chef de l’Etat.

Nous sommes donc à moins de 3 mois de cette échéance.

Sans nul doute, le régime militaire en vigueur au Burkina Faso depuis janvier 2022, nous a permis de remporter des victoires tactiques importantes et indéniables ; hélas cependant, l’insurrection djihadiste ne faiblit pas. La reconquête du territoire qui était l’objectif prioritaire ne sera sans doute pas au rendez-vous le 1er juillet 2024. Pire, tout cela nous conduit à un enlisement dans la guerre, avec une accentuation inouïe de la violence contre les civils, une désagrégation continue de la cohésion tant au niveau civil que militaire et une désinstitutionalisation évidente de la vie publique.

L’HEURE EST DONC GRAVE !

Fort de notre expérience politique et militaire depuis 2015, il semble que nous ne puissions plus faire l’impasse de la construction d’un processus politique national viable et crédible pour une Transition Politique qui nous mette en situation de défaire politiquement et militairement l’insurrection djihadiste. Faute d’un tel processus nous serons dans la logique d’un régime militaire durable avec à terme un risque réel d’effondrement du pays à tout moment.
Aussi, toute mauvaise foi qui se prévaudrait du subterfuge politique des articles 23 et 25 ou autre de la charte de la transition en vigueur, ne nous tirera pas d’affaire sauf à nous préparer une tragédie comme dit l’autre, et dont il nous faut absolument faire l’économie.

Alors, comment un tel processus politique national salvateur, pourrait-il être possible dans notre situation actuelle ?

Pour ma part, il nous faut sortir du régime militaire et renoncer à l’électoralisme afin d’ouvrir la voie à une démocratie originale et endogène dans notre pays.
Il nous faut donc avant tout pour l’heure, surmonter une certaine passivité politique afin de trouver les ressorts pour prendre langue de manière pacifique et constructive avec le MPSR 2.

Je voudrais suggérer que trois (3) collectifs soient mis en avant dans la construction d’une telle perspective plus que nécessaire.
• Il s’agit du collectif des autorités traditionnelles et religieuses qui ont négocié la reddition du lieutenant-colonel Damiba afin d’ouvrir la voie à la gouvernance du MPSR 2 qui venait de perpétrer son coup d’Etat ; cela, chacun en convient, nous a évité une lutte fratricide entre différentes composantes de nos FDS aux conséquences qui auraient sans doute été terribles.

• Il s’agit de l’Unité d’action syndicale (UAS) dont la bienveillance jusque-là à l’égard des régimes militaires depuis janvier 2022 nous a acquis une certaine trêve sociale qui nous a été bien utile dans la lutte contre les groupes armés djihadistes.
• Il s’agit du collectif des anciens chefs d’Etat vivant au Burkina ; comme nul autre sans doute, ils savent que notre pays est à la croisée des chemins, et qu’ils ne peuvent rester passifs et laisser notre pays sombrer sans rien faire.
Ces trois collectifs me semblent disposer de la crédibilité et de l’autorité morale pour réussir ensemble, dans la concertation, une telle tâche sans doute délicate mais absolument incontournable.

Leur rôle historique doit donc être convoqué afin de nous éviter de cheminer vers une nouvelle tragédie. Ce n’est pas leur demander de faire de la politique politicienne, c’est leur demander de se hisser au-dessus de la mêlée afin d’éviter à notre pays de sombrer.

Nous devons alors tous, chacun à son niveau, de la manière qu’il lui sera possible, œuvrer à convaincre ces collectifs de prendre en main les modalités de construction d’un mouvement populaire et pacifique favorable à la convocation d’un Dialogue National Souverain. Un dialogue en rupture avec la manipulation politicienne des assises nationales que notre pays a expérimentées, à l’occasion des deux coups d’Etat militaires récents.

Dans cette perspective, il m’a semblé utile et nécessaire, en ce qui me concerne, de lancer cette Pétition d’appel à l’intention de ces 3 collectifs à prendre leur responsabilité devant l’histoire, avec l’ambition de recueillir au moins 200.000 signatures d’ici le premier Juillet 2024. Soit en tous les cas, plus que tous les ‘‘recto-verso’’ en terme de mobilisation que le pays a connu à ses moments critiques.

Cela attesterait sans doute d’une mobilisation populaire et pacifique sans précédent qui s’ajoutera à l’action de chacun, et qui devrait convaincre ces collectifs et leur insuffler courage à prendre langue et à engager un dialogue constructif avec le MPSR 2 pour la tenue d’un Dialogue National Souverain auquel le chef de l’Etat donnerait pour mandat de :

• Désengager les forces armées de la vie politique et leur réorganisation
• Arrêter les modalités d’une Transition civile à concerter avec la CEDEAO et l’Union africaine.
• Arrêter une stratégie de sortie de la crise sécuritaire et de Refondation.
On peut alors imaginer un avenir désirable, souhaitable et réalisable qui se dessinerait au travers d’un tel dialogue avec la mise en place d’un gouvernement de Transition qui pendrait à bras le corps les deux chantiers politiques d’innovation et de changement qui seront décisifs pour défaire politiquement et militairement l’insurrection djihadiste à savoir :

• Un changement de stratégie politique et militaire de lutte contre les djihadistes.
Ce changement se traduirait par la mise en place, l’articulation et la mise en synergie d’une composante conventionnelle et d’une composante populaire de la stratégie militaire avec pour axes d’effort conjoint la reconquête du territoire, le retour des PDI et une offre de dialogue communautaire à la base avec les combattants djihadistes dans les différents terroirs villageois.

En ce qui concerne l’offre de dialogue communautaire, son portage, ses acteurs, ses thématiques, ses modalités, ses conditions et les modalités de mise en œuvre de ses décisions devront mettre en confiance de larges pans des combattants djihadistes, ce qui provoquera, à n’en pas douter, un affaiblissement stratégique et politique considérable du JNIM et de l’EIS au Burkina Faso.

• Redonner droit à l’espace public et au débat public dans la lutte anti-djihadiste.
Il s’agira d’engager une dynamique d’ensemble crédible de libération de la parole et des initiatives, qui devrait permettre d’améliorer de manière significative la gouvernance, le renforcement de l’Etat de droit, une lutte efficace contre l’impunité et la stigmatisation, la multiplication d’initiatives crédibles et diverses en faveur du dialogue, de la paix et de la cohésion nationale.
Comme le disait si bien Joseph KI-ZERBO, Nan an lara an sara !

Bon courage à nous !
Pour signer et partager la Pétition : https://chng.it/LcrLgFTq9y
DIALLO Mamadou.74 50 18 59/ addiam@yahoo.fr

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