Actualités :: Burkina/Litige foncier : Des habitants de Yagma sollicitent l’intervention (...)

« Nous, forces vives de la zone litigieuse de Yagma (quartier situé au secteur 37 de l’arrondissement n°9 de Ouagadougou), sollicitons l’intervention des plus hautes autorités concernant le passif foncier de la localité », a interpellé leur porte-parole Madi Sankara. Au cours de cette assemblée générale organisée ce dimanche 25 février 2024, à Ouagadougou, ces habitants disent avoir été laissés pour compte lors du lotissement de Yagma effectué en 2009.

Réunis à l’ombre d’un arbre, des habitants de Yagma interpellent les autorités sur un problème qui leur tient à cœur. Celui du lotissement de la localité en 2009, qui s’est achevé en 2012, sans qu’aucun d’entre eux n’aient pu bénéficier d’un lopin de terre. Ils disent pourtant avoir été recensés en 2008, au même titre que les attributaires de parcelles dans cette zone. Sur décision du conseil des ministres, le lotissement à l’époque a été interrompu pour cause de malversation foncière, ont précisé les contestateurs.

« Jusqu’à présent, nos préoccupations n’ont toujours pas eu de solutions malgré nos multiples démarches auprès des autorités compétentes. Nous tenons à signaler que nous sommes des personnes vulnérables vivant dans la précarité. De plus, il y a parmi nous, dans la zone litigieuse, des FDS et VDP qui sont présentement au front pour défendre notre patrie pendant que leurs familles sont menacées de déguerpissement par des opérateurs économiques », a confié Madi Sankara, porte-parole de l’assemblée générale.

« La Société de construction et de gestion immobilière du Burkina (SOCOGIB) a dit avoir donné 5 000 parcelles à la mairie de l’arrondissement n°9. C’est ce que nous réclamons », Boureima Ouédraogo, chargé à l’organisation de l’assemblée générale

Considérés comme étrangers par les autochtones

Bien qu’étant résident de Yagma depuis 2003, Madi Sankara affirme être traité « d’étranger » de même que ses camarades, par les autochtones de la localité. « Ce que nous ne comprenons pas, c’est que généralement lors des lotissements, on attribue les parcelles à l’ensemble des habitants de la zone au même titre que les propriétaires terriens, avant de penser aux sociétés immobilières. Ce qui n’a pas été le cas à notre niveau », regrette-t-il.

Selon le porte-parole de l’assemblée générale, le président de la délégation spéciale (PDS) de l’arrondissement n°9, leur a fait savoir qu’il ne savait rien au sujet des documents provenant de ceux qui leur demandent de quitter les lieux. Mais le PDS, leur a laissé récemment croire, poursuit-il, qu’il avait aussi compétence en matière de problème foncier dans la zone de Yagma. M. Sankara déclare ne pas finalement comprendre pourquoi le PDS dit ne pas pouvoir donner aujourd’hui de suite favorable à leur lutte, si ce n’est que les plus hautes autorités.

« Plusieurs personnes sont venus nous annoncer avec documents à l’appui, que nous sommes installés sur leurs parcelles », Madi Sankara, porte-parole de l’assemblée générale

Victimes de menaces multiformes

Pour Madi Sankara, « cette injustice est une autre forme de terrorisme en ville ». « Attendant impatiemment que l’État lève la suspension, en vue de dénouer la situation au bonheur de toute la population de Yagma, grande a été notre surprise de constater que des particuliers, surtout des opérateurs économiques, s’accaparent des parcelles libres restantes, susceptibles d’être attribuées aux pauvres résidents que nous sommes », a-t-il déploré.

Il révèle que ses camarades et lui sont actuellement victimes de menaces multiformes, notamment des menaces verbales, des convocations à la gendarmerie ou au commissariat, des actes de déguerpissement délivrés par des huissiers et même des procès en justice. « Par conséquent, après Dieu Tout-Puissant, nous comptons sur l’intervention des plus hautes autorités ayant un sens élevé de la justice, de la bienveillance et de l’intégrité. Cela, pour non seulement nous éviter des violences physiques, mais aussi permettre à chacun d’entre nous d’avoir sa seule parcelle d’habitation », a-t-il souhaité.

Les non-attributaires de parcelles à Yagma demandent que la cité destinée à la SOCOGIB soit annulée pour qu’ils puissent à leur tour, bénéficier des terrains qui devraient leur revenir.

Pour rappel, les litiges fonciers sont assez récurrents au même titre que les litiges de royauté dans les différentes régions du Burkina Faso. Une meilleure gestion de ce secteur très délicat qui a fait déjà plusieurs morts est nécessaire.

Lire aussi : École primaire de Yilou : Des habitants de la localité dénoncent le morcèlement du domaine scolaire

Hamed Nanéma
Lefaso.net

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