Actualités :: Stanislas Spero Adotévi : Un ouvreur de chemin

Dans cette tribune, le journaliste Jean Paul Sagadou et le chercheur Alain Joseph Sissao livrent leurs témoignages sur la vie et l’œuvre du Pr Stanislas Spero Adotévi, décédé le 7 février 2024 à 90 ans. Un hommage enraciné dans une expérience humaine et qui donne à voir un homme qui aimait l’Afrique, ses hommes et sa culture, un véritable panafricaniste qui rêvait d’une unité culturelle et économique de l’Afrique.

1. Notre rencontre avec le Pr Stanislas Spero ADOTÉVI
Nous voulons d’abord enraciner cet hommage dans une expérience humaine : celle de notre rencontre avec le Professeur Stanislas Spero Adotévi, chacun de son côté, à des périodes différentes et dans des circonstances bien précises.

Dr Alain Joseph SISSAO : Ma rencontre avec le Pr Adotévi s’est faite lors d’un voyage que nous avions effectué ensemble, dans le cadre d’un grand colloque sur les rapports entre l’Europe et l’Afrique, à Séville, en Espagne. Cette rencontre fut le début d’une amitié humaine et scientifique forte. En rentrant de Séville, j’avais été confronté à un problème de taxe sur mon billet d’avion. Le Pr Adotévi s’était alors engagé, spontanément à résoudre, à ses frais, ce souci totalement inattendu pour moi. Et voilà que se manifestait, à mes yeux, le visage d’un intellectuel profondément humain.

Comme dirait le philosophe Emmanuel Mounier, les idées ne sont rien sans les hommes qui les portent. Porteur de grandes idées, le professeur Adotévi savait aussi montrer de la sympathie et de la bienveillance aux personnes qui étaient autour de lui. À notre retour à Ouagadougou, j’ai voulu rembourser au professeur Adotévi l’argent qu’il avait dépensé pour m’aider à résoudre mon problème de billet d’avion, mais il refusa et préféra que nous nous offrions un repas, dans un restaurant de la place ; ce qui était une belle manière pour moi de continuer le dialogue avec lui sur la place de l’Afrique dans le monde.

À partir de ce moment, j’ai commencé à rendre régulièrement visite au professeur Adotévi. Et chaque rencontre était riche d’échanges. Dès la première visite, il m’avait fait visiter sa riche et monumentale bibliothèque où, dès l’entrée, on percevait, trônant sur le mur, une photo de lui, avec Nelson Mandela, l’icône de la lutte contre l’apartheid. Avec beaucoup d’humilité, le professeur Adotévi me confiait, souvent, des tâches de relecture de certains de ses manuscrits. Tous les deux, nous passions souvent de longues soirées à discuter sur des sujets liés à l’avenir de l’Afrique, aux valeurs de la civilisation africaine, à la place de l’intellectuel dans la société, à la politique africaine, etc.

Ces échanges nous ont beaucoup rapprochés en même temps qu’ils ont renforcé nos liens. Je ne manquais pas l’occasion de lui parler de mes projets professionnels et, à son tour, il ne manquait pas de m’encourager. C’est ainsi qu’en 2007, lorsque je décidai, avec l’appui de l’Institut des Sciences des Sociétés (INSS) d’organiser un colloque sur le thème : « Culture et identité aujourd’hui : la culture et la danse Yarma au Burkina Faso. Bilan et perspectives », il n’hésita pas un instant à me soutenir, scientifiquement.

Il a ainsi animé la conférence inaugurale sur la thématique de « L’autre comme socle d’une esthétique et d’une éthique de l’identité » où il laissait apparaitre que « L’autre, l’étranger, le différent, le singulier, s’impose à nous (…) comme l’échéance de nos aventures vers l’universalité ». Il avait bien perçu la nécessité du dialogue des cultures, des religions car « la probabilité d’une paix durable entre les groupes ethniques, les États et les nations est faible. L’expérience humaine montre que la fin d’une guerre froide est faible. L’expérience humaine montre que la fin d’une guerre, froide ou chaude, crée des conditions favorables à la naissance d’une autre guerre » .

Ces prédictions, qui sonnent plus que vrai, avec la montée du terrorisme et de la guerre des religions, montrent que « le monde sera façonné dans une large mesure par les interactions de sept ou huit civilisations majeures, à savoir : les civilisations occidentale, confucéenne, japonaise, islamique, hindouiste, slave orthodoxe, latino-américaine et peut-être africaine ». Au fond, comme il le disait si bien, l’étranger c’est l’invité (Amédjoro Chez les Ewés du Togo, Bero chez les peuls du Burkina Faso et chez les Moose du Burkina Faso : Saana c’est-à-dire celui qu’on reçoit » .

Jean-Paul Sagadou : ma rencontre avec le professeur Adotévi s’est passée en deux étapes : d’abord à travers les livres, en 2010 et puis, l’année qui suivait, en 2011, j’avais décidé d’aller lui rendre visite à son domicile de Ouagadougou. Explicitons ces deux « rencontres ». En fin 2010, je commençais à préparer la 3ème édition des Voyages d’intégration africaine (V.I.A) qui devait se dérouler au Mali, en août 2011, sous le thème : « Intégration et renaissance africaine ». J’étais donc en quête de pensées pouvant nourrir ma propre pensée autour de la notion de renaissance africaine.

C’est alors que je suis tombé, dans mes lectures, sur un texte du professeur Adotévi intitulé : « L’avenir du futur africain ». C’était sa contribution à l’ouvrage collectif initié par son ami sénégalais, Gassama Makhily, dans le cadre de la célébration du 50ème anniversaire des indépendances africaines. Dans ce texte, Adotévi parlait de la « nécessité de compter sur ses propres forces », de travailler à « être les acteurs de nos mouvements, le moteur de notre démarche et la boussole de notre horizon » ; il écrivait aussi que l’Afrique ne peut avoir de place dans le monde actuel que « si elle se donne les moyens d’une autre vision d’elle-même, les moyens d’une réforme de la pensée qui ne constitue pas un luxe intellectuel mais une réponse à un besoin vital : celui de l’urgence d’une renaissance ».

Tout cela sonnait fort et juste à mes oreilles, car, fondamentalement, cela correspondait à ce que j’avais entrepris de communiquer à la jeunesse africaine, dans le cadre des Voyages d’intégration africaine. Je décidai alors de ne pas m’en tenir à ses écrits. Je cherchai donc à le rencontrer. Ce qui fut fait. Entre 2011 et 2021, de nombreuses occasions me seront données de le rencontrer, en diverses circonstances et dans divers lieux. Chaque instant, avec lui, aura été intensément été vécu, humainement, intellectuellement, voire spirituellement. Nous discutions de théologie, de philosophie, de panafricanisme, d’intégration africaine, etc. Il voyait dans les Voyages d’intégration africaine, l’exemple même de ce qu’il fallait entreprendre pour faire avancer la cause de l’intégration africaine, celle qui se fait par les peuples. Il disait des V.I.A que c’était « l’intégration par les pieds ».

En 2017, il avait reçu chez lui quelques jeunes du Sénégal, du Mali, du Niger et du Burkina, qui partaient avec moi au Ghana, pour la 7ème édition des V.I.A dont le thème était : « La jeunesse africaine et afro-descendante face au panafricanisme : Nkrumah et la reconstruction de l’Afrique au XXIème siècle ». Quel bonheur pour nous, d’avoir pu, en ce moment-là, échanger, avec l’auteur de « Nkrumah ou le rêve éveillé », avant d’entreprendre notre voyage vers Accra !

Avouons-le, la figure d’Adotévi m’aura énormément marquée. Il incarnait, à mes yeux, les valeurs de l’ubuntu, celles de la bienveillance, de l’attention, de la sympathie, de l’honnêteté, de l’audace, de la droiture, de l’humanité, de l’engagement, de la responsabilité, etc… Il était bien conscient qu’il était un « passant » sur cette terre, et pour nous autres qui sommes encore sur cette terre, il fut un « passeur ».

Il m’a donné de rencontrer certains de ses amis comme les écrivains Makhily Gassama et Cheikh Hamidou Kane, à Dakar. Sa passion pour les livres a davantage stimulé la mienne. Lors d’un de mes séjours en France, il m’avait demandé de lui ramener les « Mémoires d’Outre-tombe » de Châteaubriand. Je pense que les mots qui figurent dans l’Avant-propos de ce livre auraient pu être écrits aussi, ces derniers temps, avant sa mort, par le professeur Adotévi : « Comme il m’est impossible de prévoir le moment de ma fin, comme à mon âge les jours accordés à l’homme ne sont que des jours de grâce (…), il est bien temps que je quitte un monde qui me quitte et que je ne regrette pas ».

2. Trajectoire intellectuelle et professionnelle d’un grand panafricain

Né au Togo en 1934, le professeur Stanislas Spero Adotévi était un homme ancré dans sa culture Fon du Bénin. Il a été à l’École normale supérieure (rue d’Ulm), élève du philosophe français Louis Althusser qui lui a appris, entre autres, la nécessité de compter sur ses propres forces. Ses études en anthropologie l’ont conduit à soutenir une thèse de doctorat sur l’impact de la colonisation et des conséquences des pratiques ethnocidaires du système colonial sur le développement des pays en voie de développement et plus spécifiquement l’Afrique. Dans les années 1970, à Paris, Stanislas Spero Adotévi a été professeur de philosophie à l’Université Paris VII, où il a participé activement aux recherches de l’anthropologue français Robert Jaulin.

Adotévi a occupé de hautes fonctions dans son pays d’origine, le Bénin : professeur de philosophie au Lycée Béhanzin de Porto-Novo (Dahomey), président de l’Université conjointe Bénin-Togo, secrétaire général du gouvernement, ministre de l’Information, ministre de la Culture, directeur de l’IRAD (Institut de recherche africain pour le développement) et directeur de la Conservation de la Nature. Par la suite, il sera élu secrétaire général des Musées Africains. Puis, de 1975 à 1979, il sera le Directeur régional du CRDI (Centre de recherche pour le développement international) avec résidence à Dakar. Après cela, dans le même pays, de 1979 à 1981, il sera doyen de l’Université des Mutants à Gorée, un centre international de rencontre et de dialogue, créé par le président Senghor.

C’est à partir de 1981 que Stanislas Adotévi se retrouve à la tête de de la représentation de l’UNICEF en Haute-Volta (actuel Burkina Faso). Là, une grande amitié naître entre lui et Thomas Sankara. Comment pouvait-il en être autrement pour cet intellectuel qui voulait une « indépendance musclée », qui proclamait la « nécessité de devoir passer à la révolution », et qui estimait que « la culture noire ne confirmera ses vraies caractéristiques qu’en relation avec le combat qui délogera de nos esprits la parole étrangère » ?

Comment pouvait-il ne pas être proche de Thomas Sankara ou plutôt, comment Thomas Sankara pouvait-il ne pas être proche d’un philosophe qui pensait que « L’Afrique ne retrouvera le sens de la musique et de la danse qu’après s’être libéré totalement de la domination de ses maîtres » ? Adotévi pensait en effet que « l’indépendance est affaire de résultats novateurs et révolutionnaires et non de bégaiements éplorés ». Il pensait que pour les peuples « catalogués, humiliés, insultés, écrasés », il n’y avait pas de « salut » qui ne passe par la révolution. C’est à se demander si le père de la révolution burkinabè ne s’est pas abreuvé aux sources de la pensée révolutionnaire du philosophe béninois ! Bref, les deux hommes furent proches l’un de l’autre et les témoins pour raconter les allées et venues du Président Sankara au domicile du professeur Adotévi ne manquent pas.

En tout cas, il est important d’indiquer que les travaux et les multiples engagements du professeur Adotévi font de lui, l’un des plus grands intellectuels africains de notre temps. Sa pensée et les différents lieux où il a vécu font de lui un exemple de panafricanisme pour les jeunes d’aujourd’hui. Cela dit, son panafricanisme n’avait rien à voir avec celui qui se déploie, aujourd’hui, sur les réseaux sociaux.

Il refusait qu’on confine l’Afrique dans sa « singularité » et qu’on enferme l’Africain dans sa « substance ». Ce n’était pas un prophète du passé. Ce qui l’intéressait au plus haut point, c’était le futur de l’Afrique, et il nous revient de travailler à révéler les futurs en germe dans le présent. Adotévi appelait à embrasser toutes les différences humaines pour un « vivre ensemble » nouveau, sur fond d’un « entrelacement des cultures ».

Dans son texte « L’Avenir du futur africain », il s’évertue à faire une autopsie du futur de l’Afrique en montrant et en insufflant l’espoir des lendemains qui peuvent chanter, si l’Africain accepte de prendre véritablement son destin en main. Il y croyait fermement, et son message sonnait déjà comme une voix d’outre-tombe, lorsqu’il écrit : « J’écris ces lignes en pensant à ceux qui vont venir après nous. À nos enfants et petits-enfants, eux qui auront à porter tout le poids du XXIème siècle. Qu’ils sachent qu’au plus profond de l’abîme il y a quelque part des lueurs qui annoncent un ciel étoilé. Pour eux comme pour nous, l’important est de travailler à fonder une déontologie du futur dont il faut patiemment construire les articulations » .

Dans l’article, il pointe le doigt sur les causes de la déstabilisation des économies africaines notamment la dévaluation du FCFA, des programmes d’ajustements structurels PPTE, des programmes de la Banque Mondiale qui montrent le mythe des pays africains, la capacité de dire non. Il faut, pour maîtriser le futur africain, comme le stipule Alioune Sall, la capacité de faire une bonne lecture des réalités et les capacités d’exploration des futurs possibles. Justement, Adotévi a exploré les thèses de Hutington réfutées par Jean-Claude Guillebeaud.

Il a aussi exploré les tragédies du monde, comme la destruction du World Trade Center, qu’il compare au Sac de Rome par les barbares Wisigoths le 24 août 410, les bouleversements religieux. Le futur africain doit être arrimé à un acte de volonté plus qu’un acte technique pour envisager le miracle africain. Le Professeur était régulièrement sollicité pour donner des conférences en Europe, en Afrique et dans le monde pour parler de la culture africaine, le devenir de l’Afrique et l’espérance du continent.

3. Face à la Négritude : le déploiement d’une intelligence critique

Le rapport du professeur Adotévi à la Négritude se manifeste à travers son ouvrage de rupture : « Négritude et Négrologues ». Paru en 1972, ce livre a été plusieurs fois réédité, la dernière fois en 2017, par les Éditions Delga et Materia Scripta. Pour certains, ce livre apparaît comme un pamphlet contre la Négritude ; pour d’autres, il se présente comme un prolongement de la pensée africaine, notamment ce que les anglophones comme Soyinka appellent l’african personnality. Jacques Chevrier, dans son célèbre ouvrage Littérature nègre , parle de l’ouvrage du professeur Adotévi, comme d’un livre de la rupture qui fait le procès de la négritude pour permettre, à un moment donné de la marche de l’histoire de la société africaine, de trouver d’autres voies, pour avancer vers sa libération.

Loin de s’opposer aux pères fondateurs de la négritude, il faut considérer ce livre comme un approfondissement de la libération des chaînes pour aller au-delà de l’émotion nègre afin d’aborder une véritable transformation de l’homme noir et pour affirmer son être au monde. En fait, fondamentalement, Négritude et Négrologues reflète les préoccupations et le discours des années 70, époque de recherches intenses et de bouillonnement où tous les concepts étaient passés en revue, comme justement le concept de négritude. Aux yeux du philosophe béninois, la négritude est une puissante prise de conscience, un concept fécond et promoteur d’éléments libératoires dans la lutte pour la reconnaissance des Noirs, mais son utilisation a été émasculée et noyée dans une vision dévoyée au service des fins néocoloniales.

Écho donc d’une période, l’ouvrage n’en conserve pas moins et à l’évidence, une modernité, puisque porteur de la revendication des peuples noirs et africains et d’une critique du capitalisme qui, plus tard sous sa forme fanatisée et déréglée, s’appellera mondialisation. La jeunesse africaine gagnera à relire cet ouvrage, toujours actuel. Dominique Pagani, préfaçant l’édition de 2017, considérait que Négritude et Négrologues est un « ouvrage providentiel », dans la mesure où il « réinsuffle par son universalisme une fraternité salvatrice ». Dans tous les cas, la négritude du 21ème siècle, comme celle d’hier, n’est et ne peut être que lutte contre la désespérance, car pour s’en sortir, l’Afrique doit maintenir un état de veille constant, s’assurer qu’il n’y a pas de désespérance ni de fatalité irrémédiable.

4. Passion et rêve pour l’Afrique

La Passion du professeur Adotévi pour l’Afrique est intacte. Il aimait l’Afrique, il aimait ses hommes et il aimait sa culture. Véritable panafricaniste, à la suite de Nkrumah, Patrice Lumumba, Ki-Zerbo, Adotévi rêvait d’une unité culturelle et économique de l’Afrique. N’avait-il pas justement écrit en 1973 un livre intitulé « NKrumah ou le rêve éveillé » ?

De Nkrumah, Adotévi aura écrit des choses stimulantes. Il pensait, entre autre, que la vie de l’auteur de Africa Unite s’est déroulée « sous le signe de la très grande responsabilité et il croyait trop au bonheur de son peuple pour ne pas être optimiste. » et que par ailleurs, « Le rêve éveillé de Nkrumah, poursuivi les yeux ouverts pendant 63 ans, n’est que le rêve d’une Afrique libérée des phantasmes du passé et du présent ; forte, à la mesure d’elle-même, se donnant à elle-même sa propre loi ; encore rien, mais riche de tous les possibles ; qui peut et doit se faire. Nkrumah veut aller très loin. Il veut affirmer le pouvoir que détient l’homme africain, l’homme noir, par son intelligence et sa souffrance, de maîtriser le jeu aveugle des forces de domination coloniale ».

Aux yeux d’Adotévi, Nkrumah n’a pas été seulement un dirigeant lucide et désespéré, mais aussi un combattant intrépide et quotidien de l’indépendance. Pour lui, Nkrumah apparaît aujourd’hui comme une effigie douloureuse, mais vivante, une effigie de l’Afrique traquée par la décolonisation.

Nous voulons le signaler fortement ici : la thèse que soutient Adotévi, c’est que si l’Afrique échoue fréquemment à bâtir un espace économique et politique qui dépasse les micro-États indépendants, c’est d’abord et essentiellement parce que les fondations sur lesquelles elle essaie de poser l’édifice ne sont pas les bonnes. Pour lui, ce n’est qu’enraciné dans sa culture et son histoire que l’Africain peut se réinventer une patrie qui le libère des frontières nationales qui l’enchaînent, en créant des institutions vivantes et viables, outils indispensables de la maîtrise de son histoire.

Il percevait la non-correspondance entre l’État-nation post-colonial et les aires fluides d’intégration socio-politiques et culturelles des peuples africains de l’ère précoloniale, et il considérait que les États postcoloniaux, en optant pour la construction d’États-nations disposant de frontières géographiques précises, ont choisi une conception profondément étrangère à la tradition historique et culturelle africaines. Pour avancer dans notre compréhension de l’unité de l’Afrique, nous avons intérêt à relire Adotévi. Son ancrage dans sa culture et sa parfaite ouverture d’esprit, sa capacité d’adaptation, son sens de l’altérité, son élan vers les autres, font de lui, assurément, un des grands hommes de notre temps.

L’Afrique a perdu ainsi un grand baobab. Nous perdons aussi un ouvreur de chemin, un bêcheur, un maître, un ami, un père. En ces moments difficiles des adieux, nous tenions, tous les deux, depuis Ouagadougou et depuis Abidjan, à témoigner, par ces mots notre profond attachement à l’homme, à l’humain, au penseur, au passeur et au chercheur d’Afrique.

Toutes nos condoléances à sa famille éplorée, son épouse, ses enfants et alliés ainsi que tous ceux qui le portent dans l’espérance d’une vie bien remplie.

Jean Paul SAGADOU, Initiateur des Voyages d’intégration africaine (V.I.A), Journaliste à Bayard Afrique (Abidjan)

Alain Joseph SISSAO, Directeur de Recherche, Institut des Sciences des Sociétés (INSS) Centre National de la Recherche Scientifique et Technologique (CNRST), Ouagadougou

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