Actualités :: Burkina/Justice : Un jeune de 31 ans condamné à deux ans de prison ferme pour (...)

A l’audience de ce mercredi 24 janvier 2024, il y a une affaire portant sur des coups et blessures. Devant la barre du tribunal correctionnel, le prévenu, âgé de 31 ans, est poursuivi pour des faits de coups et blessures volontaires sur sa mère. Des faits jugés suffisamment graves par le tribunal qui, dans sa décision, le condamnera à la peine maximale prévue à cet effet qui est de deux ans de prison ferme et à une amende de 500.000 FCFA.

« J’ai coupé des condiments et je suis allé à la boutique pour payer du pain. Etant à la boutique, mon frère est venu me frapper, a pris le pain pour le remettre et récupérer l’argent. C’est pendant qu’on était en train de se chamailler que maman s’est mis entre nous pour séparer, et le couteau que j’utilisais l’a blessée sans que je ne m’en rende compte ». Voilà la version des faits relatés par le prévenu, dans une salle d’audience complètement glacée à l’idée que la victime était sa propre mère. Des faits que cette dernière ne niera d’ailleurs pas.

Comme témoin dans le cadre de cette affaire, comparaîtra le grand frère du prévenu. Tout en soulignant d’abord la fausseté des allégations faites par son petit frère à la barre, il précise que cette audience est l’expression d’un ras-le-bol car cela fait sept ans que son frère se livre à la consommation de stupéfiants et que cette atteinte à l’intégrité physique de sa mère n’était pas la première. A la question de savoir pourquoi la mère a reconnu que les faits relatés par le prévenu étaient vrais, l’aîné répondra en ces termes :

« je n’étais même pas là quand les faits se déroulaient. Je sais qu’il lui a demandé une première fois de l’argent et elle lui a donné 500 FCFA. Quelques temps après, il lui a encore demandé de l’argent et elle a refusé. Mais quand je suis arrivé, j’ai vu qu’il la menaçait avec un couteau et il l’avait déjà blessée. Je l’ai donc plaqué contre le mur pour protéger maman. Je précise que ce n’est pas maintenant qu’il a commencé à s’en prendre à maman, seulement, elle-même le protège trop », a-t-il expliqué.

A la question de savoir combien voudrait la partie civile, c’est à dire la mère du prévenu, au cas où son fils viendrait à être condamné, elle répondra en ces termes : « c’est le fait de me blesser avec le couteau seulement qui ne m’a pas plus. Sinon c’est mon enfant. Si je lui demande de me donner de l’argent, où est ce qu’il va l’avoir pour me le donner ? »

Pour le procureur, ce type d’affaires est assez complexe car il est difficile de requérir une peine à la hauteur des infractions commises dans ce cas de figure, tant les liens familiaux sont sensibles. Toutefois, pour le cas présent, il dit tenir mordicus à ce que la loi s’applique dans toute sa rigueur. « Vous avez blessé votre mère. Et même si on pense que c’est accidentel, ce n’est pas la première fois que vous vous en prenez à elle. Vous l’avez même déjà giflée. Elle a quel âge pour que vous la giflez ? Il ne viendra à l’esprit de personne ici de gifler une vieille, encore moins, sa mère.

C’est la consommation de stupéfiants qui vous a emmené ici. Vous êtes le benjamin de la famille. D’ordinaire, c’est le benjamin que tout le monde chouchoute. C’est lui que tout le monde aime et on vole à son secours au moindre souci. Mais là, on se rend compte que celui qu’on doit protéger est celui qui agresse, encore plus, sa propre mère. C’est quoi le problème avec vous ?

Ou bien on a envoyé votre nom au village... Pour ce genre de cas, la loi prévoit uniquement une peine de deux mois à deux ans. Pour un fils de 31 ans, il ne trouve pas d’ennemi dehors, mais c’est sa propre mère qui l’a lavé, habillé, nourri jusqu’à ce qu’il grandisse qui la tape ou blesse. M. le président, lorsque ce type de dossier arrive à votre barre, c’est que l’affaire a été traitée en vain. Tous les membres de la famille sont intervenus mais sans succès.

C’est pourquoi, le ministère public requiert qu’il lui soit appliqué, au regard de la laideur des faits, la peine maximale qui est de deux ans d’emprisonnement ainsi que la somme de 250 000 FCFA, le tout ferme. Nous faisons cette réquisition pour deux raisons : d’abord, parce que c’est pour l’instant le seul moyen qui garantit la sécurité de la mère. Ensuite, parce qu’on aurait pu le poursuivre pour la consommation de stupéfiants, vu que lui-même le reconnaît. Mais on estime qu’en lui donnant deux ans fermes, ce sera peut-être un plus pour l’aider à se détacher de la drogue », se convainc-t-il.

Le tribunal dans sa décision condamnera le prévenu à une peine d’emprisonnement ferme de deux ans et à une amende de 500.000 FCFA assortie de sursis.

Erwan Compaoré
Lefaso.net

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