Actualités :: Centre pénitentiaire agricole de Baporo : Quand des détenus nourrissent (...)

Dans le cadre de l’initiative présidentielle pour l’agriculture, une trentaine de journalistes et de communicateurs ont été en immersion au Centre pénitentiaire agricole de Baporo (CPAB), dans le département de Zawara (province de Sanguié, région du Centre-ouest). C’était le mardi 05 décembre 2023. La présidence du Faso a voulu à travers ce voyage, montrer les potentialités de cette prison à ciel ouvert.

La prison est située à l’intérieur de la forêt classée de Baporo. Les hôtes (journalistes et communicateurs) ont été chaleureusement accueillis par le personnel administratif et les pensionnaires. Après avoir donné l’eau de bienvenue, place au débriefing. Le directeur de la communication de la présidence du Faso, Gilbert P. Ouédraogo, a d’entrée de jeu donné les raisons d’une telle immersion. Il a expliqué que de manière générale, l’on considère le milieu carcéral comme hostile. Et pourtant, dans cette prison, des prouesses se font. C’est pourquoi il était nécessaire d’organiser ce voyage afin que les journalistes et communicateurs constatent de visu les activités qui y sont menées.

C’est sous un soleil de plomb que les visiteurs ont arpenté ce vaste domaine. Ils ont entamé un véritable marathon. Les infrastructures, les champs et les lieux d’élevage ont été "passés au peigne fin".

Les journalistes et communicateurs ont parcouru plusieurs kilomètres à pied

Dans ce CPAB, logent 44 pensionnaires qui mènent comme activités l’agriculture et l’élevage. Les journalistes et communicateurs ont pu constater le début des travaux pour les cultures de contre-saison. On y cultive des aubergines, de la tomate, de l’oignon et des bananes. Sur ce site, environ dix hectares de terres vont être aménagés pour cette campagne agricole, en plus de ceux déjà disponibles. Les premiers responsables du centre ont confié que cet aménagement a été rendu possible grâce à l’appui de la présidence du Faso, à travers le bureau des grands projets. Il a été également mis à la disposition des pensionnaires, un forage.

Les pensionnaires ont commencé à travailler la terre pour cette saison sèche

Déjà, durant la dernière saison d’hivernage, plus de 40 hectares pour des récoltes estimées à plus de 20 tonnes de sorgho, de maïs et de niébé ont été exploités. Cette réussite a été rendue possible grâce à la présidence du Faso qui a fourni un accompagnement conséquent. L’élevage de bœufs, de volailles, de porcs, etc., a apporté également des résultats probants.

La culture de la tomate a été une réussite, selon le personnel

Cette volonté manifeste des autorités de rendre le CPAB plus productif découle d’une problématique. Au Burkina Faso, dans le budget de 2020, l’État a investi plus de 400 millions de FCFA pour l’alimentation des détenus. A travers l’exemple de ce centre, la présidence du Faso souhaite que les détenus participent à leur alimentation et que le surplus soit utilisé pour favoriser l’auto-suffisance alimentaire des populations en général.

Une vue des bananiers

Soulignons que les bénéfices récoltés dans la production agricole et d’élevage sont repartis comme suit : une première partie au Trésor public, une autre aux pensionnaires et à la gestion du centre. En plus de former les prisonniers sur les activités génératrices de revenus, le CPAB continue le suivi post-carcéral une fois que les pensionnaires sont libres. Ils sont accompagnés lorsqu’ils décident s’installer à leur propre compte. Cela évite des récidives.

« Nous préparons les détenus à avoir un métier une fois à l’extérieur. Depuis 1986 jusqu’à nos jours, les politiques n’étaient pas intéressées à la remise sur pied du centre. Ce n’est qu’à l’arrivée du capitaine Ibrahim Traoré, à travers le bureau des grands projets, que le centre a été dans le viseur des politiques », a affirmé le directeur général de l’administration pénitentiaire, Sabila Sawadogo.

« Pour la saison pluvieuse, nous avons eu un appui en intrants, en engrais, des semences de la part du bureau des grands projets de la présidence », Sabila Sawadogo

Ce qu’il faut savoir sur le CPAB

Le Centre pénitentiaire agricole de Baporo est né en 1984 de la volonté du père de la révolution, le capitaine Thomas Sankara. Les activités réelles ont démarré en 1986. A l’époque, la capacité d’accueil était de 80 pensionnaires. Le centre est situé dans le village de Baporo, dans la commune rurale de Zawara, sur la RN1, à l’entrée de la ville de Boromo, en bordure du fleuve Mouhoun. Il y a une bonne pluviométrie dans cette zone du Burkina Faso.

Sous la coupe des chefs des services de la sécurité et de la production pénitentiaire, les détenus sont divisés en deux groupes qui sont : « l’armée verte » (les anciens détenus du centre et ceux qui ont une bonne conduite) et « l’armée rouge » (les nouveaux détenus du centre et dont on observe le comportement). Il faut souligner que les prisonniers sont alphabétisés par le personnel.

L’élevage a été un succès, selon les premiers responsables du centre

Les conditions à remplir par les détenus pour bénéficier des mesures de placement ou de semi-liberté au profit des établissements publics ou des personnes privées tels que ce centre sont entre autres : si le condamné donne des preuves suffisantes de bonne conduite et présente des gages sérieux de réadaption sociale. Il doit avoir purgé la moitié de la peine d’emprisonnement ferme pour le condamné primaire ; avoir purgé les trois quarts de la peine d’emprisonnement ferme pour le condamné récidiviste ; avoir purgé les deux tiers de la peine restante après l’expiration de la période de sûreté pour le condamné coupable d’infractions liées aux actes de grand banditisme ou assimilées.

70 hectares sont exploitables pour le moment dans le ce centre

Issa (nom d’emprunt) est l’un des détenus du centre. « On commence à travailler à 6h. Après la pause de 14h, on recommence le travail et on descend à 18h. Je travaille ici depuis six mois. Je vais être libéré en 2024. Avant, j’étais à Manga. J’ai demandé à être ici et ils ont accepté. Je me sens bien ici », a-t-il confié. A ce jour, il n’y a aucune femme (pensionnaire) dans cette prison.

Issa s’est dit satisfait de la formation agricole donnée par le centre

Les doléances

Le directeur général de l’administration pénitentiaire, Sabila Sawadogo, a profité de cette visite pour formuler des doléances auprès des autorités. Il a rappelé que le centre a une faible capacité d’accueil. Cela met à mal sa productivité. Pourtant, de nombreux prisonniers de Boromo sont disposés à venir au CPAB.

A partir de leurs loges, les prisonniers exemplaires sont libres de leurs mouvements et peuvent sortir du centre

Aussi, plusieurs infrastructures datent des années 1980 et sont en état de dégradation. Les terres cultivables sont de 100 hectares. Elles ne sont pas toutes exploitées. Il a demandé d’étendre la superficie aménagée à plus de 300 hectares. Cela va permettre de fournir de la nourriture à toutes les prisons du pays. En outre, il a souhaité que des dortoirs soient construits avec une capacité d’accueil de 200 détenus. Du matériel et un véhicule pouvant transporter les détenus de leurs prisons au centre sont aussi sur la liste des doléances. Sabila Sawadogo a précisé que sous l’impulsion du capitaine Ibrahim Traoré, il a été demandé d’énumérer les besoins du centre. Une étude a été initiée pour estimer le montant à mobiliser.

Gilbert P. Ouédraogo a fait la promesse que les doléances vont être transmises à qui de droit. « Le chef de l’État croit en la capacité des Burkinabè à se prendre eux-mêmes en charge. Sur le plan de l’auto-suffisance alimentaire, il estime que nous avons du potentiel que nous pouvons exploiter. Ce centre est un modèle que nous avons voulu montrer aux médias », a-t-il déclaré.

Gilbert P. Ouédraogo a félicité le personnel du centre

Pour Adja Diallo, journaliste à Burkina Info, la visite a été riche en apprentissage. « Nous avons été émerveillés par le travail qui se fait ici. C’est ma première fois de venir ici et je ne le regrette pas. Cela nous rappelle l’ingéniosité du président Thomas Sankara qui voulait faire de l’auto-suffisance alimentaire une réalité. Nous avons également vu des détenus résilients prêts à sortir le pays du gouffre. Mais, nous avons constaté les difficultés qui émaillent le bon fonctionnement des activités du centre notamment la vétusté des infrastructures. Il faut donc que l’autorité y prête une oreille attentive pour soulager un tant soit peu ces détenus qui travaillent jour et nuit pour satisfaire les besoins en nourriture. Nous comptons, à travers notre traitement, mettre en lumière la bravoure de ces détenus et de leurs premiers responsables afin que d’autres puissent leur emboîter le pas pour que le Burkina soit la destination à ne pas manquer », a-t-elle signifié.

« J’ai découvert les merveilles qui s’y font et la genèse du centre » Adja Diallo

Notons que la question écologique est prise en compte dans cette prison à ciel ouvert (plantation d’arbres). Un appel a été lancé à d’éventuels partenaires afin qu’ils contribuent à augmenter les capacités du centre. La visite s’est achevée par le partage d’un repas.

SB
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